CHAPITRE I : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
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I.5 Terminologie du processus d’invasion
Les termes et concepts essentiels à la compréhension de l'écologie ont souvent été critiqués pour
leur caractère tautologique, ambigu ou non opérationnel (MCINTOSH, 1986; PETERS et
PETERS, 1991). Les exemples classiques de la terminologie écologique problématique sont des
concepts tels que l'écosystème, diversité-stabilité, et la niche écologique (MCINTOSH, 1986;
PETERS et PETERS, 1991; GRIMM et WISSEL, 1997). Alors que l'utilisation généralisée de
mots ordinaires dans la littérature écologique anglaise a permis la diffusion rapide d'idées
nouvelles, elle a également entravé le progrès de la théorie scientifique objective (Peters 1991).
L'écologie des invasions biologiques a bénéficié d'une ascension rapide dans le domaine public,
en partie grâce à l'utilisation intensive d'adjectifs tels que "invasive", "alien", "nocif" et "exotique"
(BINGGELI, 1994; CHEW et LAUBICHLER, 2003). Cependant, les associations subconscientes
avec des termes préconçus, en particulier les termes émotifs, peuvent également conduire à des
interprétations divergentes et une confusion des concepts et de la théorie (RICHARDSON et al.,
2000; SIMBERLOFF, 2003). Ces différences peuvent devenir problématiques si elles
obscurcissent la conceptualisation des processus qu'elles sont censées décrire (MCINTOSH,
1986). Dans le cadre de cette étude, nous avons retenu la terminologie utilisée par ZENETOS et
al. (2005). Ce système est basé sur une définition unique, générale et basique, qui est l’espèce nonindigène (non-native, exotique…etc.) pour laquelle son statut d’acclimatation est défini. Cette
terminologie est expliquée par RICHARDSON et al. (2011) :
Espèces exotiques (synonymes : adventice, exotique, alien, introduite, non indigène, non native)
- Celles dont la présence dans une région est attribuable à des actions humaines qui leur ont permis
de surmonter des barrières biogéographiques fondamentales (c'est-à-dire une dispersion hors de
son aire de répartition naturelle, par l’action de l'homme ou par les mécanismes propres à l’espèce,
à condition que son aire de répartition d’origine présente une discontinuité spatiale avec la nouvelle
région où elle s’est introduite). Certaines espèces exotiques (une petite proportion) forment des
populations qui se remplacent elles-mêmes dans la nouvelle région. Parmi celles-ci, un sousensemble a la capacité de se propager sur des distances importantes à partir des sites d'introduction.
En fonction de leur statut dans le continuum naturalisation-invasion, les espèces exotiques peuvent
être objectivement classées comme étant occasionnelles, naturalisées ou envahissantes
(RICHARDSON et al., 2000; PYŠEK et al., 2004). Il est à noter que la désignation d'une espèce
comme exotique doit inclure une déclaration sur la région concernée ; selon l'échelle d'observation,
une espèce peut être exotique dans un pays mais native d'un continent (LAMBDON et al., 2008).
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