CHAPITRE I : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
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prévention et de contrôle sont encore plus rares. La recherche scientifique commence tout juste à
peine à entrevoir l'étendue de certains de ces impacts en Méditerranée et, pour la plupart de ces
introductions, les effets sont totalement inconnus (OTERO et al., 2013). En Algérie, il n’existe pas
d’études d’évaluation de l’impact économique d’une espèce invasive, qu’elle soit marine,
aquatique, ou terrestre.
PIMENTEL et al. (2001) et PIMENTEL et al. (2005) indiquent qu'un total de 138 espèces de
poissons non indigènes ont été introduites aux États-Unis, entraînant des pertes économiques
d'environ 1 à 5,7 milliards de dollars par an. Un certain nombre d'études spécifiques à certaines
espèces ont également été réalisées. La lamproie marine Petromyzon marinus a causé de grandes
pertes aux pêcheries commerciales et récréatives des Grands Lacs en tant que parasite des poissons
indigènes (CHRISTIE et GODDARD, 2003).
D’autres espèces envahissantes ont un impact positif, comme le bryozoaire Bugula neritina qui a
une valeur pharmaceutique comme la Bryostatine, une substance anticancéreuse (MARSA, 2002).
Cette utilisation pharmaceutique est un avantage qui doit être évalué par rapport aux coûts
économiques.
I.4.4 Impact sur la santé
Comme pour tous les autres impact, l’impact sur la santé humaine n’est nullement négligeable. En
effet, parmi tant d’exemples, nous citerons celui de l'oursin à longues épines Diadema setosum,
originaire de l'océan Pacifique tropical (y compris la mer Rouge) et assez commun dans le nord
du golfe de Suez (LESSIOS et al., 2001). Le premier enregistrement de D. setosum en mer
Méditerranée a été fait au large de la péninsule de Kas, en Turquie (YOKES et GALIL, 2006). Il
s'est depuis répandu le long de la côte méditerranéenne de la Turquie d'Antakya à Gokovaay au
sud-est de la mer Égée (TURAN et al., 2011) et aux îles grecques adjacentes de Rhodes et
Kastelorizo (TSIAMIS et al., 2015), et vers le sud jusqu'à la côte libanaise (NADER et INDARY,
2011).
Diadema setosum inflige des blessures douloureuses aux nageurs, plongeurs et pêcheurs
imprudents. Les épines fragiles peuvent infliger des blessures pénétrantes profondes et se brisent
facilement pour s'incruster dans les tissus (GALIL, 2018). Leur venin est léger et peut provoquer
une inflammation, un gonflement et une douleur aiguë, qui diminue progressivement après
quelques heures. Il n'y a généralement pas de handicap résiduel et les blessures sont rarement
portées à l'attention des médecins. Toutefois, dans une minorité de cas, elles peuvent provoquer
des lésions tissulaires graves et irréversibles (MAZZA et TRICARICO, 2018).
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