ZONE D’ETUDE
49
le tourisme et les loisirs ainsi que les autres utilisations de la mer, une altération de la qualité
des eaux du point de vue de leur utilisation, et une réduction de la valeur d’agrément du milie u
marin.
On distingue la pollution générée par les substances chimiques et celle produite par les déchets
aquatiques. Les déchets aquatiques comprennent tout solide ménager, industriel, naturel qui se
retrouve dans l’environnement maritime et côtier. Ils peuvent être de nature très variée : déchets
flottants en surface ou dans la colonne d’eau, déchets déposés dans les fonds, déchets échoué s
sur les plages et sur le littoral.
80% de la pollution marine est d'origine terrestre. Les polluants sont transportés par le
ruissellement des eaux suivant la dynamique des bassins versants mais aussi par l'air du fait du
régime des vents, les surfaces marines recevant de nombreux dépôts atmosphériques. Or des
phénomènes de saturation génèrent des désordres écologiques grandissant au point de menacer
toutes les autres activités.
Les masses maritimes ont souvent été considérées comme des espaces de dilution des pollutio ns
terrestres humaines. Nombre de villes côtières ne disposent toujours pas de système de
retraitement des eaux usées, se contentant de construire des conduites de déjections qui
s'enfoncent toujours plus loin pour disperser les eaux noires et grises au gré des courants. De
même, encore aujourd’hui, lors de catastrophes technologiques majeures, comme celle de
Fukushima en 2011, les autorités misent sur la capacité de dilution plutôt que de prendre en
charge le stockage et le retraitement des eaux contaminées.
La pollution des mers et des océans est un cas emblématique de la théorie de la tragédie des
biens communs. En effet, tous les habitants côtiers ont intérêt à bénéficier des opportunités de
dilution plutôt que de développer des protocoles coûteux de limitation, de stockage ou de
retraitement des déchets à terre. Or, la littoralisation* de la croissance démographique et de la
croissance économique, doublée du régime des vents et du drainage par les bassins versants,
amène à une saturation des espaces marins et à la multiplication des points noirs de
concentration de cette pollution. La dynamique de diffusion n’étant pas uniforme, il apparaît
des espaces de concentration de la pollution parfois très éloignés des lieux d’origine des
polluants. De même, les populations les plus affectées par la pollution peuvent être des
populations produisant très peu de déchets.
Les pollutions liées aux activités maritimes (Fouzia H, Larbi B. R., Amina A, Nacera C & El
Islam B. N 2019) sont souvent les plus médiatiques, à l’image des marées noires. La pollutio n
chimique a des effets tout aussi dévastateurs en détruisant l’intégralité d’un écosystème et en
créant une zone morte. Chaque année, 150 zones marines de 1 à 70 000 km² sont déclarées
zones mortes du fait de leur désoxygénations. Elles sont massivement situées au large des côtes
industrielles mais elles ne sont pas fixes. Elles apparaissent et se déplacent au gré des courants
et des saisons. Plusieurs zones marines sont menacées par de réguliers épisodes d’hypoxie ou
d’anoxie, soit la diminution de la concentration en oxygène qui passe alors sous le seuil de
survie des espèces animales. Ce phénomène concerne tout particulièrement les zones côtières
d’upwellings, soit l’arrivée de courants riches en nutriments apportés par les eaux qui remontent
des profondeurs océaniques, mais pauvres en oxygène. Ces nutriments favorisent la croissance
Précédent

Simulation de la qualité de l’eau de la zone côtière oranaise par modélisation numérique et combinaison de données multi-sources satellitales - 49/445

Suivant