Introduction générale
2
Le littoral est défini comme étant l'interface entre la terre, la mer et l'atmosphère ; il est
soumis aux différents processus physiques qui animent ces trois milieux. Ces processus font du
littoral l'un des systèmes physiques les plus dynamiques de la planète (Crapoulet, 2015). En
raison de la nature non cohésive de leurs matériaux et de l'action des forçages
hydrodynamiques, les côtes sableuses peuvent présenter des structures s'étendant sur une large
gamme d'échelles spatiales, allant de simples rides décimétriques (Gallagher et al., 1998) à des
flèches sableuses qui peuvent atteindre plusieurs centaines de kilomètres de long (M. J. Stive
et al., 2002).
Les zones côtières ont toujours attiré les hommes en raison de la grande variété de leurs
paysages et de leur biologie, ainsi que des nombreuses activités humaines (tourisme, industrie,
commerce, transport et agriculture) (Mezouar et al., 2009).
Bien que les côtes basses ne représentent que 2,3 % de la superficie des pays côtiers,
l'urbanisation ne cesse de croître (plus de 60 % de la population mondiale vit à moins de 60 km
des côtes). Selon différents scénarios de croissance de la population mondiale à l'horizon 2060,
le nombre de personnes vivant dans ces zones côtières basses densément peuplées pourrait
atteindre entre 1 milliard et 1,4 milliard, avec des densités respectives de 405 habitants/km
2 et
534 habitants/km
2 . Cette forte croissance démographique des zones côtières ne sera pas la
même sur tous les continents. En effet, et bien qu'ayant déjà les densités les plus élevées, les
côtes asiatiques et africaines seront les plus touchées par cette expansion démographique
(Crapoulet, 2015). D'ici la fin du siècle, les deux tiers de la population des pays en
développement vivront dans les zones côtières (KouroshNiya et al., 2013). Dans les pays en
développement comme l'algérie, le littoral algérois, le plus peuplé du pays, a connu une intense
croissance urbaine, des infrastructures et des activités humaines (tourisme, agriculture, pêche)
(“EgisEau/ Iau-Idf/ BRGM .;2013), rendant l'environnement côtier de plus en plus vulnérable
aux risques tels que l'érosion, les inondations, les submersions marines, réduction de la surface
des plages et des dommages à divers équipements urbains.
L'évolution du trait de côte est un phénomène naturel généré par la conjonction d'un
certain nombre de processus dynamiques (marins, continentaux et biologiques) et dépendant
des caractéristiques géomorphologiques des systèmes côtiers (les plages sont plus sensibles à
l'érosion, la vitesse de recul des plages dépend de la nature du substrat littoral) et des facteurs
hydrodynamiques (vent, vague et houle, courant, marée...) (Reeve et al., 2019; Zhang and Hou,
2020). Mais ces phénomènes naturels sont exacerbés par les actions humaines qui perturbent
l'équilibre dynamique des environnements côtiers (Hellequin et al., 2013). Néanmoins, la
pression anthropique causée par la construction d'infrastructures le long des côtes est un facteur
important à prendre en compte dans les processus d'érosion. Paradoxalement, certaines de ces
infrastructures sont construites pour protéger les plages, mais leur application tend parfois à
intensifier le problème ou à le déplacer à un autre endroit, en général lorsque les processus
côtiers n'ont pas été bien étudiés ou lorsque les infrastructures ne sont pas bien gérées (Gallien
et al., 2015; Rangel-Buitrago et al., 2015).
Des études antérieures ont montré que les changements climatiques des vagues liés aux
changements climatiques à grande échelle sont associés à des changements à l'échelle de temps
Précédent

Modelisation de la cinématique du trait de côte,dynamique sédimentaire et évaluation des zones à risque de la côte algéroise - 14/189

Suivant