1
І-INTRODUCTION
La mer Méditerranée est une mer oligotrophe mais qui est caractérisée par une diversité biologique
très développée : grâce à son histoire géologique et sa communication avec l’océan Atlantique
(Boudouresque., 2004). Afin d’étudier l’état des écosystèmes méditerranéens et de déterminer
l’influence des pressions anthropiques en mer Méditerranée, les scientifiques utilisent des
indicateurs biologiques de qualité du milieu. La morphologie de Posidonia oceanica est utilisée
comme une empreinte pour évaluer les variations des nutriments et les conditions
environnementales dans le milieu (Gobert et al., 2016).
1- Posidonia oceanica (L.) Delile
P. oceanica (L.) Delile est une magnoliophyte marine endémique, dominante en Méditerranée.
Avec un large profil bathymétrique allant de 0 à 40 m, elle occupe une superficie comprise entre
25 000 et 50 000 km
2 (Pasqualini et al., 1998). La répartition de l’herbier est pratiquement continue
sur tout le pourtour du littoral méditerranéen, sauf pour les régions des embouchures des grands
fleuves (Nil et Rhône) (Boudouresque et al., 2006a; Gobert et al., 2006). Le faisceau de P.
oceanica est formé de feuilles (partie épigée), avec une moyenne de 6 à 7 feuilles ainsi que des
rhizomes et de racines (partie endogée) (Jeudy de Grissac et Boudouresque., 1985). Il y a deux
formes de rhizomes: l’un qui assure la croissance verticale (orthotrope : pour l’accès à la lumière) et
l’autre qui assure la croissance horizontale (plagiotrope : croissance pour l’espace) (Gobert et al.,
2006). Les feuilles de P. oceanica atteignent leur longueur maximale en été avec une longueur
minimale en hiver (Caye et Rossignol., 1983).
Cet habitat constitue un pôle de biodiversité (Boudouresque et Meinesz., 1982) et l’écosystème de
P. oceanica est le plus riche et productif en Méditerranée (Pergent et al., 1994). Cet herbier abrite
de nombreux poissons et organismes et il est considéré comme une zone de frayères et de nurseries
pour de nombreuses espèces. Il libère une quantité importante d’oxygène dans le milieu et produit
et exporte de la biomasse soit dans les écosystèmes limitotrophes, soit en profondeur. En plus, P.
oceanica participant à empêcher le transport de sédiment dû aux courants et les piéger dans les
fonds marins pour former la matte qui est utilisée comme un indicateur de trace de l’herbier
lorsqu’il a disparu (Boudouresque et Meinesz., 1982). Cet habitat agit en tant que barrière par
leurs banquettes pour protéger les côtes en limitant l’érosion (Boudouresque et al., 2006a). Elle
semble intéressante pour la surveillance de la qualité de l'eau comme un bioindicateur (la pollution
de l’eau, taux de sédimentation) (Pergent et al., 1995). En raison de sa production de matière
végétale, l’herbier à P. oceanica est à la base de réseau alimentaire et il est capable de fournir
plusieurs services écosystémiques (Nordlund et al., 2016). Enfin, le maintien et la protection de
l’écosystème de P. oceanica peuvent garder l’essor touristique et la gestion des ressources vivantes
comme un intérêt économique (Boudouresque et al., 2006a).
Précédent

Etude écophysiologique de Posidonia oceanica (L.) Delile: mise en relation entre les contenus élémentaires en carbone et en azote et leurs rapports isotopiques, la photosynthèse et la biométrie - 7/36

Suivant