Chapitre V : Cinématique du trait de côte
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Le trait de côte est une limite de nature dynamique entre la terre et la mer, les plages
représentent un environnement éphémère avec un écosystème fragile et complexe qui est en
mobilité continue (Natesan et al., 2015). Le suivi de son évolution nécessite donc une analyse
diachronique (Etienne, 2014).
L’étude de la cinématique du trait de côte est une partie importante dans cette recherche,
car le déplacement continu du trait de côte est considéré comme étant un facteur indicateur qui
permet de confirmer les études faites, par l'observation du déplacement des volumes
sédimentaires, mais aussi de mettre en évidence la concordance avec l’évolution des forçages
naturels et leur effet direct sur la côte. La position du trait de côte n’est autre que le résultat de la
conjonction de nombreux facteurs naturels, particulièrement la variation du niveau de la mer, le
vent, la houle, les courants et l’importance des apports sédimentaires (Chaibi et al., 2013;
Natesan et al., 2015) et aussi de facteurs anthropiques (Blaise, 2017) ; le changement de position
du trait de côte causé par ces facteurs est qualifié d’érosion ou accrétion côtière.
V.1 Travaux effectués sur le littoral algérien
Comme dans la majeure partie des côtes mondiales, les côtes algériennes font face aux
problèmes de déséquilibre de la dynamique côtière, l’étude de la cinématique du trait de côte en
Algérie est récente, elle a tout d’abord commencé dans le cadre du programme d’aménagement
côtier de la zone algéroise lancé en 2002, le rapport d’activité de protection du rivage de Cap
Djinet au mont Chenoua établie en mars 2005 résume l’évolution du trait de côte de 1959 à
1999. En 2006, Boutiba a développé ; dans le cadre de son travail de thèse de doctorat ; une
partie traitant de la cinématique du trait de côte sur le linéaire côtier jijilien, l'étude a été faite sur
une longue période allant de 1863 jusqu’à l’an 2000 ou les données considérées sont des cartes
topographiques et des photos aériennes. Une autre étude sur la cinématique de la côte de la
wilaya d’Alger a encore été effectuée dans le cadre du projet AMIS (2008) où la période d’étude
s’est étendu jusqu’en 2003, ce travail a donné suite a une publication de (Boutiba et al., 2009)
ces résultats ont aussi été inclus dans le rapport d’étude de vulnérabilité et l’adaptation de la
wilaya d’Alger aux changements climatiques et aux risques naturels ; un autre travail a été
effectué en 2009 sur la plage de Boumerdès ainsi que celle de Sidi Fredj pour des données allant
de 1972 à 2003 dans le cadre de la thèse de (Mezouar, 2009). En 2011 (Boutiba and Bouakline,
2011) produit un travail sur le suivi du trait de côte sur des données issues des photographies
aériennes, des images du satellite Quicbird ainsi que des levées terrains avec DGPS dans la zone
ouest de la wilaya d’Alger avec collaboration de l’A.P.P.L., les travaux récents traitant de la
cinématique du trait de côte concernent la baie de Bejaia (Ayadi et al., 2016) et la côte Jijilienne
(Kermani et al., 2016) et plus récemment les travaux de (Otmani, 2020; Otmani et al., 2020) dont
l’étude a concerné le littoral de la wilaya d’Alger en utilisant la photographie aérienne et levée
DGPS, ainsi que les travaux de (Bougherira et al., 2020) qui se sont focalisés sur l’évolution du
littoral sableux du Cap Falcon à Oran. Quant aux derniers travaux effectués traitant cette
problématique sont les travaux de (Sallaye, 2021), dont la baie de Zemmouri a fait l’objet, et les
travaux de (Bengoufa, 2021; Bengoufa et al., 2021) qui consistent en l’analyse de la cinématique
du trait de côte Mostaganemois extrait par exploitation des images satellitaires via le Machine
Learning.
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