4 ème partie
Réponse morphologique, Cinématique du trait de côte et Seuillage des tempêtes
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En outre, les changements climatiques, affectent directement l'océan global et contribuent
principalement à la génération de vagues plus virulentes et de périodes de tempêtes plus
importantes (IPCC, 2022) qui vont générer des impacts très conséquents sur les côtes. Selon le
dernier rapport de (IPCC, 2023), une élévation probable du niveau moyen de la mer à l'échelle
locale (la baie d’Alger) d'ici à 2100 se situe entre 0,39 et 0,43 m dans le scénario de très faibles
émissions de GES (SSP1-1.9) et entre 0,78 et 0,81 m dans le scénario de très fortes émissions
de GES (SSP5-8.5).
A l'échelle annuelle, nous observons au cours des dernières années la même tendance à
l'augmentation du nombre de tempêtes et de l'intensité des tempêtes sévères (Tableau III.1) déjà
relevée par (Amarouche et al., 2020). Ce forçage naturel vient s'ajouter aux facteurs
anthropiques qui menacent les plages.
Le type de la marge algérienne quant à lui joue un grand rôle dans l'évolution des plages
sableuses dans la mesure où la présence du plateau continental bien développé intervient
vraisemblablement dans le piégeage des sédiments provenant du continent, et l'atténuation de
l'énergie provenant des fleuves. Et vu que le plateau algérien est relativement étroit, nous
pouvons désormais justifier l'étroitesse des plages de la baie d'Alger qui ne dépasse guère les
70 m de largeur dans les meilleures conditions. A cela s'ajoute la morphologie du talus
continental au large de l'Algérie qui est abrupte et dominée par la présence de nombreux
canyons sous-marins de taille variable (Fernane et al., 2022) lesquels constituent les voies
privilégiées de transport des sédiments du plateau continental vers le bassin profond à travers
les glissements de terrain sous-marins et les courants de turbidité (Babonneau et al., 2002;
McHugh et al., 2002; Nittrouer and Wright, 1994; Normark and Carlson, 2003).
Au terme de cette section, la contribution des ères géologiques, notamment l'alternance entre
périodes glaciaires/post-glaciaires à l'évolution globale des côtes sableuses a été inspectée du
fait que depuis environ 2,6 millions d'années, la terre connaît une alternance régulière de
périodes glaciaires et interglaciaires rythmées principalement par des paramètres astronomiques
(variation de l'excentricité de l'ellipse de l'orbite terrestre, obliquité de l'axe des pôles et
précession des équinoxes), on parle de cycles quaternaires. Actuellement, nous sommes dans
une période interglaciaire, appelée Holocène, particulièrement favorable au développement de
nos civilisations, et qui a débuté depuis 11 700 ans environ, alors qu'une période glaciaire dure
environ 80 000 ans, les périodes interglaciaires sont plus courtes (quelques milliers d'années à
20 000 ans). Cela signifie que la terre devrait connaître dans quelques millénaires une nouvelle
période glaciaire (Notre-planète, 2001).
Il est précieux de mettre en évidence qu'au cours de l'histoire de la Terre, le niveau de la mer
a fluctué à différentes échelles de temps, en raison de l'alternance entre la période glaciaire (qui
favorise la glaciation) et la période interglaciaire (qui favorise la déglaciation), ce qui nous
explique que le niveau de la mer était environ 120 m plus bas qu'aujourd'hui, au moment du
dernier maximum glaciaire il y a 20 000 ans (Lombard, 2005). De ce fait, une partie de la
situation actuelle des côtes, caractérisée par le manque de sédiments et le recul du trait de côte,
peut être justifiée.
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Evolution morpho-dynamique de la baie d’Alger: observation et modélisation hydrodynamique et sédimentaire - 171/232

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