Chapitre 1 TELEDETECTION & CARTOGRAPHIE DU TRAIT DE CÔTE
Le calcul des statistiques relatives à l’évolution du trait de côte a été effectué avec
l’application DSAS 4.3 qui fournit une méthode normalisée qu’on peut répéter pour le
calcul de l’évolution statistique tout en analysant les changements passés, présents et
futurs du littoral [7]. Le calcul du taux d’évolution du trait de côte nécessite au préalable
la mise en place d’au moins deux traits de côte numérisés à différentes dates. Le principe
général de l’outil DSAS est de mesurer les écarts entre les traits de côte d’une même
série et de calculer les statistiques des taux d’évolution (en m/an) sur chaque transect.
Pour cela, l’exploitation de l’outil demande au préalable une mise en forme rigoureuse
des données dans une géodatabase personnalisée. Il s’agit notamment de créer deux
entités : une première entité contenant une ou plusieurs lignes de référence nommées
baseline. Celle-ci se situe en retrait du trait de côte, et les transects générés lui sont
perpendiculaires. On a une seconde entité constituée de traits de côte déjà numérisés
sur ArcMap nommée shorelines. Ces deux entités sont incluses dans la zone tampon
(buffer shoreline) qui permet de stabiliser l’espace linéaire dans lequel les traits de côte
ont été numérisés. Lorsque tous les paramètres d’entrée sont correctement renseignés,
le DSAS génère automatiquement les transects selon le pas de mesure choisi. Il est
nécessaire d’estimer l’incertitude liée à la méthode ainsi que le choix des indices relatifs
à l’évolution du trait de côte ([66] ; [51]). Les plages étudiées évoluent de façon très
différente les unes par rapport aux autres. Leur orientation, leur morphologie et leurs
caractéristiques granulométriques respectives impliquent une réponse différente des
agents de la morphogenèse. Leur évolution naturelle va dépendre de deux facteurs
importants dont les effets peuvent s’ajouter ou se soustraire [68]. (i) les oscillations
relatives du niveau marin au niveau du rivage en favorisant les phénomènes d’érosion
côtière et (ii) les paramètres hydrodynamiques, notamment l’énergie déployée par le
vent, au niveau de la flèche littorale et par les houles dont la turbulence intense due au
déferlement érode les côtes sableuses et alimente la dérive littorale. De ce fait, l’ensemble
du système sableux change de configuration et de morphologie en donnant des zones
d’accrétion et des zones d’érosion.
L’évolution du littoral centre algérien est également liée à des facteurs anthropiques,
notamment l’intensification des aménagements, des activités industrielles et l’urbanisation croissante. Ces activités socio-économiques ont conduit à la mise en place, ces
dernières années, d’un certain nombre d’infrastructures et de travaux de construction et
de nombreux ouvrages le long du littoral conduisant ainsi à des modifications dans la
distribution des sédiments et à une dégradation de l’environnement naturel de ces zones
[69]. Dans la zone d’étude, certaines actions anthropiques peuvent avoir un lien direct
avec ce déséquilibre et de là entraîner le recul du trait de côte.
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