Archaeology – A Passion of George Sand
147
Il se mit à parler archéologie pour changer de conversation. Il expliqua à madame de
Sévigny une inscription latine dont un fragment à peine lisible apparaissait sur une
pierre encastrée dans la muraille, et qui prouvait que la chapelle de Sainte-Denise
avait été bâtie sur les ruines d’une chapelle dédiée à Dionys ou Dionysos, le dieu
antique apporté dans les Gaules par la conquête romaine.
Hortense s’étonna de lui voir déchiffrer cette inscription tracée en abrégé, et
restituer non seulement les lettres retranchées, mais les mots entièrement détruits.
- Où donc avez-vous appris tout ce que vous savez? lui dit-elle.
- Oh! Ceci n’est rien, répliqua le chevalier en riant de lui-même avec bonhomie; j’en
sais bien d’autres! Je suis une espèce de savant, moi, sans en avoir la mine! C’est un
ridicule de plus que j’abandonne à la moquerie. Imaginez-vous que, vivant aux
champs, où j’eusse dû, tout naturellement, m’occuper de botanique ou
d’entomologie, d’une branche quelconque de l’histoire naturelle qui m’eût servi en
agriculture, et dont les matériaux se trouvaient à foison sous ma main, je m’en suis
allé donner tête baissée dans des études qui ne pouvaient profiter en aucune façon
aux autres ni à moi-même dans la situation où je me trouvais.
28
These archaeologically rich spaces serve as the backdrop to
the protagonists’ revelation of their love for one another. In this passage, which leads up to the revelation scene, Sand insists on the
Chevalier’s epigraphical talents, though these are not viewed as any
real kind of distinction on the basis that archaeology is not a “useful”
science. In any case, the Chevalier does not see himself as an archaeologist, but rather as a numismatist. Yet here, once again, the Chevalier shows great humility, particularly in his reflections on the conflict
between his own intellectual ambitions and his material needs. “C’est
amusant, mais ça prend bien du temps qui serait mieux employé, diton, à faire fortune. Que voulez-vous! Quand on ne sait pas s’enrichir!
Vous voyez, c’est la science du passé, la science de la mort, que j’ai
prise pour antithèse de la culture de mon coin de terre, où mieux
vaudrait appliquer la science de la vie!” (pp. 194-95). His apparently
pointless pastime will, however, prove to be the key to the novel, effectively the deus ex machina which will permit him to escape from
poverty and find a better life. The Chevalier de Germandre successfully passes the trial of the Sphinx and, thanks to his skill as a “numismate exercé” (p. 290), he manages to open the famous casket.
Archaeology is thus no longer seen as a “science de la mort”, but
rather as a science securely anchored in present-day life. Throughout
___________________________
28 George Sand, La Famille de Germandre (Paris: Michel Lévy, 1861), pp. 189-90.
Subsequent references to this edition are given after quotations in the text.
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Il se mit à parler archéologie pour changer de conversation. Il expliqua à madame de
Sévigny une inscription latine dont un fragment à peine lisible apparaissait sur une
pierre encastrée dans la muraille, et qui prouvait que la chapelle de Sainte-Denise
avait été bâtie sur les ruines d’une chapelle dédiée à Dionys ou Dionysos, le dieu
antique apporté dans les Gaules par la conquête romaine.
Hortense s’étonna de lui voir déchiffrer cette inscription tracée en abrégé, et
restituer non seulement les lettres retranchées, mais les mots entièrement détruits.
- Où donc avez-vous appris tout ce que vous savez? lui dit-elle.
- Oh! Ceci n’est rien, répliqua le chevalier en riant de lui-même avec bonhomie; j’en
sais bien d’autres! Je suis une espèce de savant, moi, sans en avoir la mine! C’est un
ridicule de plus que j’abandonne à la moquerie. Imaginez-vous que, vivant aux
champs, où j’eusse dû, tout naturellement, m’occuper de botanique ou
d’entomologie, d’une branche quelconque de l’histoire naturelle qui m’eût servi en
agriculture, et dont les matériaux se trouvaient à foison sous ma main, je m’en suis
allé donner tête baissée dans des études qui ne pouvaient profiter en aucune façon
aux autres ni à moi-même dans la situation où je me trouvais.
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These archaeologically rich spaces serve as the backdrop to
the protagonists’ revelation of their love for one another. In this passage, which leads up to the revelation scene, Sand insists on the
Chevalier’s epigraphical talents, though these are not viewed as any
real kind of distinction on the basis that archaeology is not a “useful”
science. In any case, the Chevalier does not see himself as an archaeologist, but rather as a numismatist. Yet here, once again, the Chevalier shows great humility, particularly in his reflections on the conflict
between his own intellectual ambitions and his material needs. “C’est
amusant, mais ça prend bien du temps qui serait mieux employé, diton, à faire fortune. Que voulez-vous! Quand on ne sait pas s’enrichir!
Vous voyez, c’est la science du passé, la science de la mort, que j’ai
prise pour antithèse de la culture de mon coin de terre, où mieux
vaudrait appliquer la science de la vie!” (pp. 194-95). His apparently
pointless pastime will, however, prove to be the key to the novel, effectively the deus ex machina which will permit him to escape from
poverty and find a better life. The Chevalier de Germandre successfully passes the trial of the Sphinx and, thanks to his skill as a “numismate exercé” (p. 290), he manages to open the famous casket.
Archaeology is thus no longer seen as a “science de la mort”, but
rather as a science securely anchored in present-day life. Throughout
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28 George Sand, La Famille de Germandre (Paris: Michel Lévy, 1861), pp. 189-90.
Subsequent references to this edition are given after quotations in the text.
