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Conclusions
avant pour la transition agroécologique de l’exploitation agricole n’intègrent pas encore la
dimension génétique. De ce fait, le choix des génotypes est généralement occulté ou réalisé par défaut. Les dispositifs expérimentaux de la recherche pourraient également mieux
s’attacher à caractériser les interactions biologiques, avec le développement par exemple
d’approches fonctionnelles à même de déterminer les traits majeurs de la réponse des
individus aux conditions de milieu (sols, climats, états hydriques, modes de conduite…).
Les dispositifs expérimentaux ne suffiront pas, car ils n’offrent pas assez de combinaisons pour tester tous les niveaux d’interactions identifiés ! Même si des initiatives
innovantes et très intégratrices existent, par exemple celle de créer des paysages agroécologiques expérimentaux, il subsistera toujours une variabilité, voire un écart, entre les
pratiques mises en œuvre au sein de dispositifs expérimentaux et celles des conditions
réelles des exploitations. De nouvelles stratégies doivent donc être imaginées, qui combinent les expérimentations menées par la recherche et la mobilisation d’autres sources
de données, par exemple celles de dispositifs tels que le réseau des fermes Dephy, en
les faisant éventuellement évoluer (nature des pratiques testées, nature des données
collectées…). Davantage de recherches devront être développées sur un mode participatif, afin de valoriser la connaissance développée au sein de réseaux d’acteurs, d’initiatives pilotées par la société, sur un mode dit « actor-driven » et « citizen-driven ». Des
réseaux de fermes et d’autres dispositifs coconstruits entre la recherche et les agriculteurs sont particulièrement utiles à l’étude de l’adaptation et de la transition des activités agricoles. Dans le cas de la sélection génétique évoqué ci-dessus, l’industrie de la
sélection et les agriculteurs doivent être associés pour travailler sur un système changeant (environnement et espèces d’intérêt).
Des « dispositifs d’innovation ouverte », ou living labs, dans lesquels citoyens, habitants,
usagers sont considérés comme des acteurs clés des processus de recherche et d’innovation, peuvent être adossés aux dispositifs de la recherche autour d’expérimentations
de systèmes agroécologiques, ou mis en place au sein de projets d’innovation territoriale. Ils sont de plus en plus mis en avant et développés pour : analyser les dynamiques
d’échanges de savoirs entre expérimentateurs, agriculteurs, acteurs des filières et des
territoires, à partir d’une diversité d’expériences singulières et locales ; utiliser l’analyse
multicritère pour mettre en évidence les points forts et faibles des différents systèmes
testés, en fonction des critères analysés (agronomiques, zootechniques, environnementaux, économiques, sociaux), à différents pas de temps (début et fin de transition, système en rythme de croisière), dans différents contextes (prix des intrants et des produits,
aléas économiques, climatiques…) ; coconstruire des indicateurs et des scénarios avec
les partenaires ; produire des connaissances, au-delà des dimensions de production, sur
ce qu’est l’agroécologie du point de vue de la gestion de l’incertitude, de l’anticipation,
du rapport au milieu, à la santé végétale ou animale, etc.
Ces dispositifs, qu’ils soient expérimentaux, d’innovation ouverte ou hybrides, conduisent
souvent à des données incomplètes ou obtenues sur des effectifs limités, ce qui nécessite l’adaptation des méthodes d’analyse des données. La réflexion doit se poursuivre
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