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L’AGROÉCOLOGIE : DES RECHERCHES POUR LA TRANSITION DES FILIÈRES ET DES TERRITOIRES
Le rapport « Agriculture et innovation 2025 » (Bournigal et al., 2015) se positionnait déjà
sur ces différents champs. Beaucoup de ces travaux pourraient s’engager dans les unités
expérimentales qui ont encore un faible niveau de numérisation et un déficit de situations de pilotage de processus en dynamique, en dehors des digesteurs et des chambres
de culture. On perçoit notamment la nécessité d’intégrer l’ensemble des mesures de la
performance pour en faire un modèle économique attractif, et cela ne va pas spontanément de soi. Couvrir cet attendu est sans doute la contribution que la recherche peut et
doit apporter au sein de ses possibles partenariats.
Par ailleurs, la distinction entre mesurer pour connaître et mesurer pour piloter concentre
quelques défis majeurs pour rendre les avancées effectives. Si on peut facilement identifier et rendre compte de l’activité biologique d’un sol dans une campagne de mesure
pour une expérimentation dédiée, il n’en va pas de même pour imaginer comment cette
connaissance peut être mobilisée dans une action de modulation des pratiques, dans
l’évaluation du risque de certaines impasses, dans la manipulation de facteurs correctifs pour accroître ou diminuer la dynamique observée : enfouissement d’un engrais vert,
mobilisation du priming effect pour lancer la minéralisation de la matière organique en
phase avec la capacité d’absorption par les plantes des nutriments libérés, action via des
facteurs physiques et éventuellement chimiques, modification des communautés microbiennes, de microfaune ou de macrofaune par ajout d’organismes à fort pouvoir modificateur direct (compétition) ou indirect (aération, pouvoir drainant augmenté, acidification
réduite, etc.). Un Carrefour de l’innovation agronomique a fait le point récemment sur
ces questions
63
. Ce qu’il faut déployer pour piloter le microbiote d’un sol s’applique sans
doute de manière similaire à la flore intestinale des ruminants. Ces besoins d’intégration
entre l’adéquation des leviers mobilisés et la réponse du vivant peuvent nécessiter d’y
consacrer une partie des efforts dans les arènes où la coconception est de mise. La possibilité d’orienter des systèmes agroécologiques généralement complexes tout en gardant la simplicité de leur pilotage sera à ce prix.
●
Références bibliographiques
Bellon-Maurel V., Huyghe C., 2017. Putting agricultural equipment and digital technologies at the cutting edge of agroecology. OCL, 24, D307.
Bournigal J.-M., 2014. Définir ensemble le futur du secteur des agroéquipements. Rapport de la mission agroéquipements, Irstea.
Bournigal J.-M, Houllier F., Lecouvey P., Pringuet P., 2015. Agriculture et Innovation 2025 : 30 projets
pour une agriculture compétitive et respectueuse de l’environnement. Rapport aux ministres en
charge de l’agriculture et en charge de la recherche.
Dobriyal P., Qureshi A., Badola R., Hussain S.A., 2012. A review of the methods available for estimating soil moisture and its implications for water resource management. J. Hydrol., 458, 110-117.
63. https://www6.inra.fr/ciag/Revue/Volumes-publies-en-2018/Volume-69-Novembre-2018.
L’AGROÉCOLOGIE : DES RECHERCHES POUR LA TRANSITION DES FILIÈRES ET DES TERRITOIRES
Le rapport « Agriculture et innovation 2025 » (Bournigal et al., 2015) se positionnait déjà
sur ces différents champs. Beaucoup de ces travaux pourraient s’engager dans les unités
expérimentales qui ont encore un faible niveau de numérisation et un déficit de situations de pilotage de processus en dynamique, en dehors des digesteurs et des chambres
de culture. On perçoit notamment la nécessité d’intégrer l’ensemble des mesures de la
performance pour en faire un modèle économique attractif, et cela ne va pas spontanément de soi. Couvrir cet attendu est sans doute la contribution que la recherche peut et
doit apporter au sein de ses possibles partenariats.
Par ailleurs, la distinction entre mesurer pour connaître et mesurer pour piloter concentre
quelques défis majeurs pour rendre les avancées effectives. Si on peut facilement identifier et rendre compte de l’activité biologique d’un sol dans une campagne de mesure
pour une expérimentation dédiée, il n’en va pas de même pour imaginer comment cette
connaissance peut être mobilisée dans une action de modulation des pratiques, dans
l’évaluation du risque de certaines impasses, dans la manipulation de facteurs correctifs pour accroître ou diminuer la dynamique observée : enfouissement d’un engrais vert,
mobilisation du priming effect pour lancer la minéralisation de la matière organique en
phase avec la capacité d’absorption par les plantes des nutriments libérés, action via des
facteurs physiques et éventuellement chimiques, modification des communautés microbiennes, de microfaune ou de macrofaune par ajout d’organismes à fort pouvoir modificateur direct (compétition) ou indirect (aération, pouvoir drainant augmenté, acidification
réduite, etc.). Un Carrefour de l’innovation agronomique a fait le point récemment sur
ces questions
63
. Ce qu’il faut déployer pour piloter le microbiote d’un sol s’applique sans
doute de manière similaire à la flore intestinale des ruminants. Ces besoins d’intégration
entre l’adéquation des leviers mobilisés et la réponse du vivant peuvent nécessiter d’y
consacrer une partie des efforts dans les arènes où la coconception est de mise. La possibilité d’orienter des systèmes agroécologiques généralement complexes tout en gardant la simplicité de leur pilotage sera à ce prix.
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Références bibliographiques
Bellon-Maurel V., Huyghe C., 2017. Putting agricultural equipment and digital technologies at the cutting edge of agroecology. OCL, 24, D307.
Bournigal J.-M., 2014. Définir ensemble le futur du secteur des agroéquipements. Rapport de la mission agroéquipements, Irstea.
Bournigal J.-M, Houllier F., Lecouvey P., Pringuet P., 2015. Agriculture et Innovation 2025 : 30 projets
pour une agriculture compétitive et respectueuse de l’environnement. Rapport aux ministres en
charge de l’agriculture et en charge de la recherche.
Dobriyal P., Qureshi A., Badola R., Hussain S.A., 2012. A review of the methods available for estimating soil moisture and its implications for water resource management. J. Hydrol., 458, 110-117.
63. https://www6.inra.fr/ciag/Revue/Volumes-publies-en-2018/Volume-69-Novembre-2018.
