51
3. Valoriser les processus écologiques et hydrobiogéochimiques
sur les liens entre paysage et biocontrôle a montré que si les habitats semi-naturels
peuvent favoriser le biocontrôle dans les parcelles agricoles, la gestion des espaces agricoles à l’échelle du paysage peut être déterminante, par exemple la proportion de paysage
gérée en agriculture biologique (Muneret et al., 2019). Le suivi de dispositifs de réseaux
de parcelles chez des agriculteurs indique que les effets du paysage sur le contrôle biologique sont souvent variables parce que généralement modulés par la gestion parcellaire, par exemple les pratiques locales (intensité, etc.) d’usage des pesticides (Ricci et 
al., 2019). Les suivis menés sur les observatoires des pratiques à long terme dans les
zones ateliers
37 ont permis de mieux appréhender les effets de l’histoire de la gestion
agricole des parcelles, de leurs bordures et des paysages sur les dynamiques écologiques.
Ces travaux ont été accompagnés de la mise en place de réseaux d’observations à long
terme sur des gradients paysagers et d’intensité de pratiques, notamment le Réseau
national Sebiopag multicultures
38 ou le site atelier Biodiversité et viticulture Bacchus
39
.
❚
❚ Paysage et service de « pollinisation »
La période récente a été marquée par des avancées sur la compréhension de l’écologie
de l’abeille domestique, l’importance de la distribution spatio-temporelle des ressources
florales pour les pollinisateurs, l’impact des pesticides, notamment les néonicotinoïdes,
sur les colonies d’abeilles domestiques et l’importance du service de pollinisation pour
les cultures oléagineuses à l’échelle des paysages agricoles. Ces avancées ont été permises par le dispositif Ecobee (Odoux et al., 2014). Le suivi des colonies et la veille palynologique de 50 ruches disposées dans des paysages contrastés ont ainsi permis de mettre
en évidence l’importance de la flore adventice, le coquelicot en particulier, pour la survie
des abeilles domestiques, ressource indispensable entre les périodes de floraison du
colza et du tournesol, et l’impact négatif des néonicotinoïdes sur la colonie. Plus récemment, des expérimentations menées le long de gradients paysagers ont montré que la
pollinisation par l’abeille domestique et par des pollinisateurs sauvages peut significativement augmenter les rendements de colza et de tournesol. Ces résultats ont été largement transférés aux agriculteurs et aux apiculteurs grâce notamment au partenariat
avec l’Itsap-Institut de l’abeille
40
, et plus largement aux conseillers techniques et enseignants avec le MOOC
41 « Abeilles et environnement » lancé en 2019.
❚
❚ Épidémiologie végétale et animale à l’échelle des paysages
Depuis une dizaine d’années, les questions de gestion des paysages agricoles pour limiter
le risque épidémiologique constituent un enjeu majeur. En épidémiologie végétale, il s’agit
37. Voir https://inee.cnrs.fr/fr/zones-ateliers.
38. Services écosystémiques assurés par la biodiversité dans les paysages agricoles. Voir http://sebiopag.
inra.fr/.
39. Voir http://siteatelier-bacchus.com/fr/.
40. Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation.
41. Massive open online course.
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