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2. La transition agroécologique de l’exploitation agricole
d’identifier les pratiques vertueuses à implémenter dans les fermes. L’hypothèse des éleveurs était que l’autonomie fourragère et énergétique des élevages permettrait de réduire
simultanément les charges et l’impact environnemental de l’exploitation. Les partenaires
devaient concevoir et mettre en œuvre une méthode de suivi et d’accompagnement des
changements dans les fermes. Les chercheurs d’INRAE, dont Camille Lacombe au cours
d’un travail de thèse, ont participé aux différentes étapes de ce projet.
L’élaboration de l’outil de diagnostic a demandé des allers et retours entre une conception en salle et sa mise à l’épreuve dans les fermes de l’AVEM. De nouveaux critères proposés par les éleveurs ont été intégrés afin de prendre en compte d’autres dimensions
que l’autonomie fourragère et l’autonomie énergétique pour évaluer les pratiques d’élevage. Ils ont souhaité élargir le diagnostic aux dimensions économiques et sociales. Le
sens même donné à l’action collective a été mis en discussion : des visions de l’agroécologie plus tournées vers l’emploi local et la vente directe ont été débattues, ce qui a aussi
favorisé une adhésion des éleveurs au projet de transition agroécologique. Les éleveurs
se sont aussi saisi des premiers diagnostics pour comparer et discuter leurs stratégies
et pratiques individuelles. Afin de consolider un usage de l’outil de diagnostic comme
support d’échanges entre éleveurs, des groupes de travail entre éleveurs voisins ont été
créés pour que ces derniers puissent travailler et échanger sur leurs projets individuels
de transition agroécologique. Au cours de ces journées, l’outil de diagnostic a été utilisé
comme support d’échanges entre éleveurs, support d’explicitation des stratégies individuelles, outil de suivi ou de simulation de pratiques.
L’outil initialement pensé pour prescrire de bonnes pratiques s’est ainsi transformé au
cours de l’action en outil heuristique, c’est-à-dire en une forme d’aide pour penser le
changement. N’étant plus producteur d’une norme sur laquelle s’aligner, il permet aux
éleveurs de penser la reconception de leur propre système. Il permet le choix d’un projet
collectif de transition agroécologique. Il aide les éleveurs à réfléchir sur leurs propres stratégies de changement de pratiques et plus globalement sur leur projet. L’outil devient
une forme de médiation entre projet collectif à l’échelle du territoire et projets individuels des éleveurs sur leur ferme.
●
Les questions de recherche
❚
❚ Comment analyser la transition agroécologique
d’une exploitation agricole ?
Pour évaluer les performances des systèmes agricoles, les sciences agronomiques ont
jusqu’à ce jour privilégié l’étude de systèmes stables, dans lesquels les pratiques mises
en œuvre sont peu ou pas modifiées au fil des ans. La problématique de la transition était
alors réduite à la conception de l’exploitation agricole souhaitée, et le chemin pour l’atteindre était considéré comme relevant des organismes et des agents du développement
2. La transition agroécologique de l’exploitation agricole
d’identifier les pratiques vertueuses à implémenter dans les fermes. L’hypothèse des éleveurs était que l’autonomie fourragère et énergétique des élevages permettrait de réduire
simultanément les charges et l’impact environnemental de l’exploitation. Les partenaires
devaient concevoir et mettre en œuvre une méthode de suivi et d’accompagnement des
changements dans les fermes. Les chercheurs d’INRAE, dont Camille Lacombe au cours
d’un travail de thèse, ont participé aux différentes étapes de ce projet.
L’élaboration de l’outil de diagnostic a demandé des allers et retours entre une conception en salle et sa mise à l’épreuve dans les fermes de l’AVEM. De nouveaux critères proposés par les éleveurs ont été intégrés afin de prendre en compte d’autres dimensions
que l’autonomie fourragère et l’autonomie énergétique pour évaluer les pratiques d’élevage. Ils ont souhaité élargir le diagnostic aux dimensions économiques et sociales. Le
sens même donné à l’action collective a été mis en discussion : des visions de l’agroécologie plus tournées vers l’emploi local et la vente directe ont été débattues, ce qui a aussi
favorisé une adhésion des éleveurs au projet de transition agroécologique. Les éleveurs
se sont aussi saisi des premiers diagnostics pour comparer et discuter leurs stratégies
et pratiques individuelles. Afin de consolider un usage de l’outil de diagnostic comme
support d’échanges entre éleveurs, des groupes de travail entre éleveurs voisins ont été
créés pour que ces derniers puissent travailler et échanger sur leurs projets individuels
de transition agroécologique. Au cours de ces journées, l’outil de diagnostic a été utilisé
comme support d’échanges entre éleveurs, support d’explicitation des stratégies individuelles, outil de suivi ou de simulation de pratiques.
L’outil initialement pensé pour prescrire de bonnes pratiques s’est ainsi transformé au
cours de l’action en outil heuristique, c’est-à-dire en une forme d’aide pour penser le
changement. N’étant plus producteur d’une norme sur laquelle s’aligner, il permet aux
éleveurs de penser la reconception de leur propre système. Il permet le choix d’un projet
collectif de transition agroécologique. Il aide les éleveurs à réfléchir sur leurs propres stratégies de changement de pratiques et plus globalement sur leur projet. L’outil devient
une forme de médiation entre projet collectif à l’échelle du territoire et projets individuels des éleveurs sur leur ferme.
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Les questions de recherche
❚
❚ Comment analyser la transition agroécologique
d’une exploitation agricole ?
Pour évaluer les performances des systèmes agricoles, les sciences agronomiques ont
jusqu’à ce jour privilégié l’étude de systèmes stables, dans lesquels les pratiques mises
en œuvre sont peu ou pas modifiées au fil des ans. La problématique de la transition était
alors réduite à la conception de l’exploitation agricole souhaitée, et le chemin pour l’atteindre était considéré comme relevant des organismes et des agents du développement
