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L’AGROÉCOLOGIE : RECHERCHES POUR LA TRANSITION DES FILIÈRES ET DES TERRITOIRES
s’intéresser aux propriétés fonctionnelles, celles qui rendent des fonctions et services
écosystémiques (fourniture de biomasse, régulation du cycle de l’eau, des sols, du climat,
aménités des paysages, etc.).
Ce nouveau paradigme fait appel à des notions issues de l’écologie, notamment de l’écologie fonctionnelle, qu’il s’agit d’adapter et de mettre à profit pour les agroécosystèmes :
• la stœchiométrie est définie comme la proportion d’éléments chimiques, le plus souvent
de carbone, d’azote et de phosphore, dans des organismes ayant des liens trophiques.
Appliquée à l’écologie, la stœchiométrie étudie la propagation de ces proportions du fait
d’une chaîne de réactions liées aux besoins des plantes, au fonctionnement des sols, voire
au transfert au niveau des bassins versants et des écosystèmes aquatiques. Des associations végétales et animales peuvent tirer profit au mieux de ces proportions, mettre en synergie des disponibilités et des besoins variés, introduire des ressources recyclées adaptées ;
• la plasticité phénotypique des espèces est une propriété qui leur permet de s’adapter
à des conditions de milieux variés. Plus une espèce sera « plastique » et plus elle pourra
s’adapter à des conditions variées et/ou fluctuantes. En termes de sélection génétique
pour des variétés ou des races à vocation agronomique, on pourra préférer des capacités de plasticité à des optimums conçus pour des conditions standards, ce qui peut se
traduire par des objectifs de sélection sur la base de variances phénotypiques ;
• les réseaux trophiques et mutualistes définissent les liens qu’entretiennent les espèces,
que ce soit des liens alimentaires (trophiques) ou de simples relations à bénéfices réciproques (mutualistes), comme le sont par exemple les symbioses.
La recherche en agroécologie est donc très orientée vers l’analyse du vivant, l’adaptabilité des variétés/races et des espèces, la nature et l’importance des interactions entre
individus, leurs effets d’association aux échelles supra-individuelles, pour in fine identifier les meilleurs arrangements, aider à leur pilotage et caractériser les fonctions et services écosystémiques qui en découlent. Si beaucoup de processus écologiques ont été
étudiés depuis quelques années dans les agroécosystèmes, intégrer ces processus dès
la phase de conception des agrosystèmes est un nouvel enjeu pour la recherche.
La seconde ambition de l’agroécologie est de passer d’un paradigme fondé sur des
normes et des référentiels, qui permet leur utilisation partout et en toutes circonstances (pour le conseil, la vente…), et qui était devenu l’objectif de l’accompagnement
de la production agricole ces dernières années, à un paradigme de diversification sociotechnique, spécifique d’une situation et aboutissant à des trajectoires sociotechniques,
des filières, avec des transitions, voire des ruptures. Deux notions sont mobilisées : le
partage d’expériences et l’apprentissage pas-à-pas, qui accompagnent les transitions et
l’adaptation des systèmes à leur contexte sociotechnique ; l’identification des possibles
et des risques. L’agroécologie sera davantage un chemin basé sur la mobilisation de processus et de principes qu’une norme ou un label.
Des indicateurs devront décrire ces chemins pour accompagner les consommateurs.
Ces systèmes seront caractérisés par des valeurs, en lien avec la notion de services
éco systémiques, des dimensions humaines, économiques et sociologiques assumées,
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