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Introduction
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❚ Une ambition : valoriser les processus biologiques
L’agroécologie est avant tout un nouveau paradigme qui vise à valoriser les processus
biologiques pour couvrir à la fois des attentes de production agricole et d’autres services écosystémiques des agrosystèmes : protéger les ressources, contribuer à atténuer
le changement climatique, préserver les habitats et les patrimoines culturels. Un corollaire est de considérer l’agroécologie comme une visée pour que, au travers des systèmes
agricoles et des pratiques déployées, les agrosystèmes intègrent les fonctionnalités écologiques qui garantissent leur propre pérennité, notamment en matière de reconstitution
de stocks de nutriments et de maintien du potentiel productif.
De ce premier paradigme découle un second : valoriser les processus biologiques, c’est
prendre en compte plus de diversité dans les agroécosystèmes, ce qui débouche sur une
plus grande diversité de produits agricoles, une plus grande hétérogénéité de chaque
produit qu’il faudra transformer et intégrer dans des produits alimentaires, voire des
régimes alimentaires nouveaux.
Cette définition permet de clarifier les attendus posés à la recherche. Ainsi, sous les
termes de smart agriculture, ou agriculture intelligente, ou de sustainable agriculture,
ou agriculture durable, se trouvent réunis des travaux plutôt d’ordre technologique sur
le meilleur usage possible des ressources : cela correspond à une agroécologie dite
« faible », dans la continuité des systèmes actuels, ne revendiquant pas de saut qualitatif quant à l’efficience de l’utilisation des intrants, ni d’appel explicite à des processus
biologiques en substitution de l’usage d’intrants (Duru et al., 2014). À cette agroécologie dite « faible » s’oppose une agroécologie dite « forte », définie par sa finalité de
cohérence et de durabilité et par la mobilisation de processus biologiques (Duru et al.,
2014). Cette agroécologie forte requiert une transformation en profondeur des systèmes
de production agricole. Elle constitue l’objectif d’INRAE, parce que cette ambition ne se
fera pas sans un engagement important de la recherche, parce que l’ensemble des productions agricoles, l’ensemble des disciplines académiques est concerné. Il ne faut pas
y voir une volonté d’opposer, mais une ambition, celle de repenser la mobilisation des
processus biologiques à tous les niveaux (espèce, race/variété, physiologie animale et
végétale/alimentation et fertilité, mode d’élevage et itinéraires de culture, devenir des
produits et coproduits, lien aux ressources, aux énergies, au sol et à l’eau, localisation…).
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❚ Vers la reconception des systèmes de culture
Principe de construction des systèmes agroécologiques, vouloir « valoriser les processus biologiques » nécessite le plus souvent la reconception des systèmes de culture, par exemple
l’assolement, les génotypes ou les pratiques agricoles utilisées, l’articulation entre production végétale et élevage, le lien aux modes de distribution et de consommation, l’organisation des paysages, etc. Le domaine de l’agroécologie n’est pas restreint à la seule production
végétale, mais, au contraire, considère les productions animales comme un pilier majeur des
processus biologiques, du fait de leurs complémentarités avec les productions végétales.
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