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L’AGROÉCOLOGIE : RECHERCHES POUR LA TRANSITION DES FILIÈRES ET DES TERRITOIRES
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Perspectives
Quelques thèmes de recherche essentiels n’ont pas été abordés dans cet ouvrage, liés
notamment aux conditions de changement d’échelle, de généralisation des systèmes
conduits en agroécologie.
• Si les transitions agroécologiques se mettent en place en France, en Europe, dans le
monde, quelles en seront les conséquences sur les rendements, la production mondiale,
la disponibilité alimentaire, en quantité et en qualité, notamment dans le contexte du
changement climatique ? Les systèmes en agroécologie seront plus résilients à la variabilité climatique. Si pour certains ils seront plus productifs, pourvus de ressources en
eau suffisantes, pour beaucoup d’autres des questions subsistent sur leur viabilité aux
échelles des grandes régions du monde.
• Le travail en agriculture sera modifié, allégé par les technologies dans certaines situations,
mais sans doute plus consommateur en temps dans beaucoup d’autres. Quelles seront les
conséquences économiques et sociales, y compris sur le bien-être des populations rurales ?
• Les transitions agroécologiques se traduiront-elles par des coûts de l’alimentation plus élevés ? Les consommateurs auront-ils tous les moyens d’accéder aux produits issus de l’agroécologie ? Comment favoriser l’accès à ces produits ? Les systèmes publics de restauration
collective accompagneront sans doute localement les évolutions, mais la généralisation de
l’usage de ces produits aux échelles nationale, européenne et mondiale devra faire l’objet
de travaux pour analyser les trajectoires, du local au global, des systèmes agricoles, des productions agricoles, des régimes alimentaires, des conséquences économiques et sociales.
• La transition agroécologique des exploitations, l’évolution des filières et les modifications quantitatives et qualitatives des productions agricoles vont-elles entraîner une
modification de la localisation des productions et conduire à des réorganisations du tissu
industriel agroalimentaire national ?
• L’agroécologie place l’écologie comme moteur fonctionnel et garant de la résilience
et de la durabilité de la transformation des systèmes de productions agricoles et alimentaires. Quelles seront les interactions avec les autres transitions attendues et leurs
conséquences (transition énergétique, neutralité carbone, contribution à l’atténuation
du changement climatique, préservation des ressources en eau, etc.) ? Y aura-t-il dans
certains territoires, dans certaines situations pédoclimatiques, des synergies ou au
contraire des antagonismes ?
• Beaucoup de trajectoires agroécologiques sont pensées localement au niveau du territoire, en réunissant les acteurs autour de la table, mais il faut aussi une réflexion globale
afin d’anticiper et de penser les conséquences à l’échelle de la planète. Quelles terres
dégradées pourrait-on reconquérir ? Quels espaces pourraient être multifonctionnels,
multiproductifs (productions végétales et/ou animales, bois…) ? La transition agroécologique peut-elle amener une vision nouvelle des espaces productifs, des productions
agricoles et agroalimentaires ?
Quoi qu’il en soit, il ne fait aucun doute que la recherche abordera, avec l’agroécologie,
des champs nouveaux et une façon nouvelle de penser ses activités.
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