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Le cycle de vie de C. sapidus est bien documenté et connu dans son aire
d’origine. Est-ce que son cycle est différent dans le bassin Méditerranéen ?
Quels sont les facteurs qui influenceraient les modifications observées ?
Est-ce que la salinité joue un rôle important dans les migrations des individus
entre les lagunes et la mer ?
III. Cycle de développement du Crabe bleu américain
Le développement et la reproduction du Crabe bleu sont bien documentés dans son aire
d’origine et ont fait l’objet de diverses études expérimentales. La connaissance du cycle de
développement (i.e. fécondité, saisonnalité de la reproduction, taille de la maturité sexuelle)
est d'une grande importance dans les actions de gestion à mettre en place visant la lutte contre
cette espèce (e.g. captures ciblées).
La maturité sexuelle du Crabe bleu arrive après de nombreuses mues post larvaires (entre 18
et 19 mues pour les mâles et 18 à 20 mues pour les femelles ; Van Engel, 1958 in Millikin &
Austin, 1984). Elle est atteinte un peu après un an de vie. La durée nécessaire, pour atteindre
cette maturité sexuelle, va varier en fonction de l’aire géographique, principalement la
latitude ; en effet plus l’eau est chaude plus le développement de l’espèce est rapide (Churchill,
1919 in Noël, 2017). À titre d’exemple, elle est atteinte entre 10 et 12 mois pour les individus
étudiés dans le golfe du Mexique et jusqu’à 20 mois pour les individus de la Baie de Chesapeake
; Van Engel, 1958 ; Lippson, 1973 in Millikin & Austin, 1984). Concernant la population de la
lagune de Canet (région Occitanie, France), la maturité sexuelle serait plus rapidement atteinte,
entre 8 et 10 mois.
La reproduction du Crabe bleu est influencée par plusieurs facteurs comme notamment la
salinité et la température des eaux fréquentées. Elle a lieu en eau saumâtre. Les mâles peuvent
s’accoupler plusieurs fois dans l’année, contrairement aux femelles qui pondent uniquement
après avoir effectué leur mue terminale (voir chapitre IV. Importance des connaissances liées
à la mue et la croissance de l’espèce). Les femelles migrent en amont des estuaires/lagunes où
sont situés les mâles (Williams, 2003). Le mâle transporte et semble protéger la femelle avant
sa mue terminale (ce comportement est appelé « promenade prénuptioale ») afin de pouvoir
s’accoupler et la féconder dès que celle-ci effectue la mue. En effet, la carapace de ces
dernières étant encore molle, ceci permet la fécondation qui ne peut avoir lieu que durant
cette période (Churchill, 1919). L’accouplement peut s’effectuer de jour comme de nuit et dure
entre 5 et 12 heures (Van Engel, 1958). La ponte commence en mai avec un pic de ponte (100%
des femelles péchées grainées) de juin à août (Havens & Mcconaugha, 1990). Cependant des
femelles ovigères ont été observées tout au long de l’année au Brésil avec un pic entre les mois
de décembre à mars (correspondant à la période estivale dans cette région du globe ; Severino-
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