La plongée
▼ Le poisson-pierre, le plus
venimeux de tous les poissons,
a une telle faculté
de mimétisme
qu ’il est pratiquement
invisible sur le fond.
Poissons-pierres, poissons-scorpions :
DES VENINS FOUDROYANTS
Les plus dangereux de tous les poissons, qui appartiennent à la famille des scorpénidés. n’attaquent
pas l'homme. Ils se contentent de se tenir aux aguets
sur le fond, parfaitement dissimulés grâce à leur
extraordinaire faculté de mimétisme. Et malheur au
plongeur qui poserait par inadvertance le pied ou la
main sur eux!
Les poissons-pierres, proches parents de la rascasse
et du grondin, sont tous venimeux. Trois espèces sont
considérées comme mortelles : Synanceia verrucosa,
Synanceia trachynis et Synanceia horrida. D’autant plus
dangereux que leur camouflage est parfait, ces poissons inoculent leur venin au moyen de leurs treize
épines dorsales acérées qui agissent comme autant de
seringues et sont capables de transpercer même les
chaussures de plongée les plus résistantes.
La douleur est immédiate et irradie dans tout le
corps, augmentant pendant une dizaine de minutes
jusqu’à atteindre un seuil intolérable. Elle peut provoquer délires ou syncopes et donc entraîner la noyade.
Les accidents cardio-vasculaires ne sont pas rares.
On connaît quelque 300 espèces de poissons-scorpions et autres poissons-diables, dont certaines, très
dangereuses, sont répandues dans toutes les régions
tropicales, subtropicales et tempérées. Tout comme
leurs cousins, les poissons-pierres, ils se défendent au
moyen de leurs épines dorsales venimeuses, mais leur
apparence est plus diversifiée. Les uns sont des créatures quasi féeriques qui agitent gracieusement leurs
nageoires semblables à des plumes ou à des ailes de
papillon, tels les poissons-diables. Confiants dans leurs
redoutables armes défensives, ils évoluent en faisant
parade de couleurs spectaculaires. D’autres, que l’on
pourrait prendre à première vue pour des minéraux,
se tiennent en embuscade sur le fond, misant sur leur
camouflage pour tromper leurs proies.
Premiers soins
1. Faites étendre le blessé. Retirez les épines et nettoyez la plaie. La partie atteinte doit être soulevée
aussi haut que possible.
2. Le venin des scorpénidés étant neutralisé par la chaleur (on dit qu’il est « thermolabile »), baignez longuement la blessure à l’eau très chaude (au moins 50 ou
60 °C) ou appliquez des compresses brûlantes renouvelées régulièrement. Faute de mieux, vous pouvez
approcher de la plaie (sans bien sûr la toucher) le bout
incandescent d’une cigarette. Lavez constamment la
zone blessée.
3. Si la victime est évanouie, procédez à un massage
cardiaque externe et pratiquez le bouche-à-bouche
jusqu’à ce qu’elle reprenne conscience.
4. Appelez les services d’urgence le plus vite possible.
En Australie, on peut se procurer presque partout un
sérum contre les piqûres de poisson-pierre. On peut
également injecter du butylbromide d’hyoscine ou du
chlorhydrate d’émétine dans la plaie, mais ces traitements ne sont efficaces que si on les applique sans
délai. Avant votre départ, prenez les conseils d’un
médecin spécialisé.
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