Fascinants récifs
de danger, produisent les féeriques phosphorescences
de la haute mer. Principale nourriture de nombreux
organismes filtrants, les copcpodes vivent souvent en
association avec des anémones de mer, des éponges,
des holothuries ou des coraux, et contribuent donc à
la vie des récifs. Lorsque les conditions se dégradent
(pollution, destruction des coraux par des prédateurs,
modification des courants marins, etc.), les copépodes
montrent d’étonnantes capacités de survie : ils
s’enfoncent dans les sédiments et ralentissent leurs
fonctions vitales en attendant des temps meilleurs, et
parfois même ils s’enkystent.
Les langoustes
Dans les brèches des coraux sont tapies les langoustes
tropicales aux livrées brillamment bigarrées, telle
Panulirus versicolor. Tout comme les langoustes de
nos côtes, ces grands crustacés nocturnes sont des
nécrophages qui sortent la nuit de leurs cachettes
pour débarrasser le fond marin de tous les cadavres
(plus la décomposition est avancée, plus elles en sont
friandes) qu’elles détectent infailliblement grâce aux
soies olfactives garnissant leurs antennes.
De temps à autre, une carapace vide et flasque
trahit leur présence. En effet, si les crustacés passent
par divers stades de croissance, leur carapace, elle,
ne grandit pas, et il leur faut périodiquement s’en
extirper. Le moment venu, la carapace se fend généralement d’elle-mêmc au niveau du thorax. La nouvelle enveloppe est déjà là, mais elle est encore
molle et fragile, et il lui faudra quelques jours pour
durcir. Pendant cette mue. l'animal est particulière- 1
ment vulnérable et il reste alors bien caché, cessant
généralement de se nourrir.
Les souilles,
OU MANTES DE MER
Les cavités des récifs
coralliens servent très fréquemment de repaire aux
squilles, qui sont parmi les
crustacés les plus agressifs
et qui défendent toujours
vigoureusement leur territoire contre les espèces
rivales. Les squilles sont
dotées d’une paire de
pattes thoraciques très
longues et robustes avec
lesquelles elles saisissent
leur proie (on les appelle
les pattes ravisseuses) et
qu’elles tiennent levées,
dans une posture rappelant un peu celle des
mantes religieuses. De ces
insectes, elles ont aussi
l’abdomen très développé
et la férocité, c’est pourquoi on les a surnommées « mantes de mer ».
Ces crustacés se signalent également par leur
mode de reproduction :
les femelles des mantes
de mer prennent un soin particulier de leurs œufs,
rassemblés en grosses pelotes qu’elles retournent
régulièrement avec leurs pattes jusqu’à l’éclosion.
Les crevettes nettoyeuses
Les récifs servent souvent de « boutique » aux crevettes nettoyeuses qui offrent l’un des plus curieux
exemples d’association : ces crevettes proposent en
effet leurs services à différentes espèces qu’elles
débarrassent des parasites et détritus alimentaires au
moyen des pinces garnissant une de leurs paires de
pattes : n'hésitant pas à pénétrer dans les cavités buccales des plus redoutables prédateurs pour nettoyer
leurs dents, elles y trouvent en échange un repas. Il
arrive même que les poissons fassent la queue devant
le madrépore où elles officient. Les couleurs vives de
ces crevettes (l'espèce Stenopus hispidus présente des
rayures rouges et blanches) leur servent de « publicité » et les font repérer de loin par leurs « clients ».
▲ Crevettes nettoyeuses en
plein travail sur un mérou.
< a Le homard à taches
violettes est lui aussi
un hôte des récifs.
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