La plongée
Gastéropode
a. ► Ce cône toxiglosse, qui
s’en est pris à une gorgone,
laisse derrière lui un sillage
de tissus morts.
▼ On distingue ici fort bien les
yeux pédonculés de
ce casque laiteux.
reproduction sans accouplement (les gamètes sont
libérés dans l’eau) et un régime alimentaire non diversifié proche de celui des chitons.
Les mésogastropodes (type bigorneau) montrent
une très grande adaptabilité au milieu. Brouteurs
d’algues, carnivores, filtreurs, ou même parasites
d’échinodermes, d’anémones de mer ou de poissons,
ils ont recours à l’accouplement. Sur les récifs tropicaux, ils sont représentés par de très nombreuses
espèces de porcelaines chez qui la structure hélicoïdale de la coquille est entièrement masquée par le
dernier tour de la spirale, qui se superpose à tous les
autres. Le bel aspect vernissé de cette coquille est dû
au manteau, qui recouvre toute la surface externe.
Chez certains peuples de l’Afrique orientale et de
l’océan Indien, les porcelaines étaient traditionnellement utilisées comme monnaie.
Presque tous marins et carnivores, les néogastropodes (type cône) sont de loin les plus évolués des
gastéropodes, et ils ont développé de remarquables
adaptations de la radula (souvent fixée sur une
trompe rétractile) en fonction de leur régime alimentaire. Certains, comme Conus striatus, particulièrement abondant dans les lagons tropicaux, possèdent
un siphon doté d’un détecteur chimique qui leur permet d’analyser la composition de l’eau et de détecter
ainsi leurs proies à distance.
Parfois, l’action mécanique de la radula est complétée par celle de la salive, contenant un solvant qui
perce la coquille des bivalves et des autres minuscules
gastéropodes dont les cônes se nourrissent. Enfin,
chez les cônes tropicaux toxiglosses (« langue empoisonnée »), la radula est munie d’un véritable crochet à
venin, dont la piqûre peut être mortelle (cf. p. 142).
La sous-classe des opisthobranches se distingue par
la disparition de la coquille. Très réduite, elle est
cachée par les replis du manteau chez les aplysies ou
lièvres de mer, qui doivent leur nom à leurs gros tentacules évoquant une paire de longues oreilles. La
coquille est totalement absente chez les limaces de
mer, qui n’en sont pas moins de redoutables prédateurs des eaux tropicales (elles se nourrissent essentiellement d’éponges et de cnidaires) et qui ont mis au
point des stratégies défensives sophistiquées. Pour se
protéger, elles sécrètent des substances corrosives
(acide sulfurique, par exemple) ou répulsives.
Certaines limaces de mer réutilisent les cellules urticantes prélevées sur des anémones de mer et stockées
dans de petites vésicules cutanées appelées « cérates ».
Leurs couleurs très vives sont destinées à signaler aux
ennemis éventuels qu’elles sont toxiques ou que leur
goût est désagréable.
Enfin, à la différence des autres mollusques, les
opisthobranches sont hermaphrodites, mais rarement
capables de s’autoféconder, et l’on voit souvent des
couples se fertiliser mutuellement. Les œufs sont pondus en longs rubans enrobés d’un gel. Chez la danseuse espagnole (Hexabranchus sanguineus), ils ressemblent à une féerique fleur de tulle rose.
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