Les termes du choix entre les deux sont habituellement en défaveur de
l’ozone, à cause des coûts d’investissement et de maintenance. Mais il
faut se souvenir que si l’eau conserve encore de notables quantités
d’ammoniac, cela est sans influence sur la quantité d'ozone nécessaire,
alors que la demande en chlore d’une telle eau est très élevée (à cause
de la formation de chlorammines stables). D'autre part, le chlore a
l’inconvénient de produire des dérivés organo-chlorés (haloformes) considérés comme très toxiques (à moins d'utiliser le bioxyde de chlorure,
ce qui a d’autres inconvénients).
Les expériences actuelles de désinfection à l'ozone sur des eaux bien
filtrées montrent que des doses d'environ 10 mg/1 sont efficaces. La
destruction des bactéries par l'ozone n'est pas affectée par la teneur
en suspensoïdes ; celle des virus l’est, car ceux-ci peuvent y trouver
refuge pendant la durée assez brève (15 min) du contact entre l'ozone
et l’eau. Le chlore n’a pas cet inconvénient, à cause de sa permanence
dans l'eau.
Si la désinfection trouve sa place dans une chaîne complète de traitement, on peut espérer obtenir une eau désinfectée contenant moins de
cent germes totaux par litre.
4.4.
Osmose inverse
Employée d'abord pour déminéraliser les eaux salées et saumâtres, l'osmose inverse (dont on ne rappelle pas ici le principe) voit son champ
d’action s'étendre à l'affinage des eaux résiduaires ; en effet, on
s'est aperçu que moyennant des prétraitements convenables, les membranes d'osmose inverse avaient une durée de fonctionnement acceptable
(plusieurs années) avec des eaux usées suffisamment épurées, et qu’en
plus des sels dissous, elles permettaient d'arrêter quasi totalement :
- toute particule en suspension ;
- tous les agents pathogènes (microbes, virus) encore présents dans
l'eau ;
- tous les composés de masse moléculaire suffisante, c'est-à-dire en
pratique au moins égale à 100 (d'où une réduction des corps réfractaires à l'action biologique supérieure à 90 % : détergents, complexes
organométalliques et donc DCD en général).
En affinage des eaux usées, on peut donc dire que l'osmose inverse :
- permet une déminéralisation de l’eau qui la rend apte à la plupart des
usages industriels (salinité initiale divisée par dix et donc normalement très inférieure à celle d’une eau potable ; ceux pour qui cela ne
suffit pas ont besoin d’une déminéralisation sur résines échangeuses
d'ions) ;
- complète l'action des stérilisants et du charbon actif et rend l'eau
apte aux usages municipaux, voire domestiques.
Bien entendu, pour éviter le colmatage rapide des membranes, toute la
chaîne d'affinage doit intervenir avant que l'eau usée soit admissible
dans les modules d'osmose inverse. Par exemple pour l'Orange Country
Water District, l'eau entrant dans les modules doit :
être exempte de solides en suspension de taille égale ou supérieure
à 25 microns (préfiltration avec cartouches filtrantes de polypropylene) j
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