1.4.
Intérêt d'une double alimentation
Pour la sidérurgie et le refroidissement industriel, le choix de l'eau
usée réutilisée procède souvent d’un manque d'eau "de première main”
ou de son coût trop élevé, étant donnés les débits nécessaires. De la
sorte, on ne saurait parler pour ces secteurs d'un "intérêt" à une double alimentation, impraticable ou économiquement infaisable. Cela vaut
sans doute aussi pour les usines de fabrication de pulpe de papier qui
ont opté pour la réutilisation d’eau usée.
Par "usages municipaux”, on entend la distribution de l'eau usée affinée dans une ville, au moyen d’un réseau qui double le réseau d'eau potable. Le réseau d’eau réutilisée est réservé à des emplois précis comme
le lavage des rues, la lutte contre l'incendie ou l’arrosage des jardins ; les habitants peuvent s'y brancher (Las Virgenes, Californie,
U.S.A.), ou bien n'ont pas ce droit (Taïf, Arabie Saoudite). Au contraire de ce qui précède, dans ce secteur l'eau usée vient en appoint pour
diminuer la consommation d'eau potable.
L’utilisation de l’eau usée épurée et affinée pour l’alimentation en
eau potable est encore très peu pratiquée. Il semble pourtant que la
tendance soit de faire en sorte qu'il s'agisse seulement d'un appoint
d’eau potable complétant les ressources "de première main" devenues insuffisantes : le souci des autorités paraît être de limiter autant que
possible l'appel à l’eau réutilisée, de façon à bénéficier d'une "dilution" aussi grande que possible des composés indésirables qui pourraient
subsister dans cette eau, ou pour lesquels on peut redouter à long terme
un effet de concentration. Dans ce cas précis, on peut parler d'une nécessité d'ordre sanitaire à la conservation d’une ressource en eau de
première main : ne serait-ce aussi que pour ne pas être totalement privé
d'eau en cas d'avarie sur la station d'épuration et d'affinage de l'eau
usée.
2.
Caractéristiques moyennes de l'eau usée avant affinage
Le fonctionnement des lits bactériens et des bassins de boues activées
est maintenant suffisamment au point pour qu'on puisse affirmer :
qu'il est économiquement non rentable de demander au traitement primaire et secondaire un rendement d'épuration de plus de 95 % en termes
de DBO5, ou de descendre en dessous de 20 mg/1 de DBO5 ;
qu'en pratique, les eaux usées issues des stations existantes sont au
mieux épurées à 90 % ;
que sauf dans des cas particuliers, elles contiennent encore la majeure partie de l’azote et du phosphore qu’elles avaient en entrant.
Pour éclairer la suite, on admettra pour les effluents issus des stations d'épuration la composition moyenne suivante :
Matières en suspension
30 mg/1
DB0 5 .................................. 20 -30 mg/1
Dco .................................... 50-120 mg/1
Azote total Kjedhal
(NTK) ................................... 40-70 mg/1
Phosphore total ............
6-8 mg/1
(soit 18-24 mg/1 de phosphate)
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