Un autre motif qui apparaît de plus en plus avec la dégradation de la
qualité des rivières par la pollution, surtout dans les pays développés
qui subissent le plus ce problème, est qu'en supprimant les rejets directs dans les rivières et les lacs, la réutilisation des eaux usées
diminue la pollution (à condition bien sûr que les techniques de réutilisation soient bien maîtrisées]. En ce sens, la réutilisation des eaux
usées est l'un des moyens à la disposition du gestionnaire de l’eau pour
combattre la pollution. On emploie notamment aux U.S.A, l'irrigation ou
l'épandage des eaux usées pour limiter 1'eutrophisation des lacs, le
sol mobilisant l'azote et le phosphore.
Un double bénéfice peut donc apparaître, pour ces techniques : disposer
d’une eau pour certains usages et lutter contre la pollution grâce aux
moyens mis en oeuvre pour réutiliser les eaux usées.
Parfois, c’est même le deuxième motif qui prend le plus d'importance,
par exemple lorsqu’on utilise le sol et les plantes pour l’épuration
des eaux usées. L'épandage des eaux vannes qui a été historiquement la
première phase des^stations d'épuration (champ d'épandage d’Achères, par
exemple), devrait ainsi connaître un net regain d'intérêt.
Les avantages "externes" à l'utilisateur ne lui profitent que si on a
mis en place un système lui en redonnant sa part, "internalisant" ces
avantages. Là aussi un système d'affectation d’une part des redevances
de pollution, comme précédemment des redevances de prélèvement, permet
de régler le problème et d’arriver à un optimum pour la collectivité).
En pratique, le coût d’épuration des eaux usées offertes à la R.E.U.
devrait être supporté par le produit des redevances pollution.
6,
Marche et avenir de la réutilisation
Ainsi qu’on l'a montré (cf. supra. Chapitre 2), le développement de la
réutilisation des eaux usées, c'est-à-dire d'un "marché des eaux de
deuxième main” est d’abord directement lié à la progression des pénuries
d’eau "neuve” à bon marché, c'est-à-dire des inadéquations dans un champ
spatial approprié à la confrontation entre :
- la ressource "primaire" offerte encore disponible et assez facilement
exploitable ;
- les demandes en eau en quantité et en qualité voulues à un coût jugé
acceptable par les utilisateurs des différents secteurs, d'activité
économique.
Pour faire face à ces pénuries, la réutilisation n'est cependant pas la
seule solution : elle se trouve en concurrence avec d’autres techniques
de production d'eau accroissant l'offre et avec des modes de gestion
économe des utilisations de l'eau diminuant la demande. Le développement
de la réutilisation est donc lié aussi à sa compétitivité par rapport à
ces techniques et pratiques, ce qui n'exclut pas des complémentarités.
La prospective du marché de la réutilisation doit donc se baser à la
fois :
- sur l’analyse et la prévision d'évolution des facteurs de pénurie ;
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