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Toxicologie nucléaire environnementale et humaine
Conclusion et perspectives
Au cours des dernières années, la préoccupation croissante du public à l’égard
de la qualité de l’environnement et des risques pour la santé a été alimentée par
des crises associées aux accidents industriels et aux pollutions chroniques qui
affectent à long terme l’environnement. En cas de contamination interne par des
métaux stables ou radioactifs, une gestion clinique efficace passe obligatoirement
par un diagnostic et un pronostic fiable de cette exposition guidant les cliniciens
dans leur approche thérapeutique. Dans ce cadre, la stratégie actuelle est fondée
sur la mise en place d’un ensemble de biomarqueurs permettant à la fois de déterminer la quantité de toxique introduite dans l’organisme mais aussi de diagnostiquer l’atteinte des principaux organes vitaux. Le dosage des toxiques dans le
sang et/ou les excréta sert de base à une estimation fiable du niveau de contamination des individus exposés. Les marqueurs biochimiques classiques permettent
aujourd’hui en routine d’estimer l’atteinte des tissus cibles de ces toxiques. Cependant ils sont bien souvent peu prédictifs et peu spécifiques de la réponse physiologique à un toxique donné. Dans le domaine de la toxicologie nucléaire, cette
constatation a conduit à rechercher de nouveaux biomarqueurs d’atteinte tissulaire
à l’aide de stratégies de recherche classiques ou utilisant des approches globales
dites « omiques ». Les études menées jusqu’à présent convergent vers un même
constat. Compte tenu de l’extrême complexité des mécanismes biologiques mis en
jeu en réponse à un toxique et de la multiplicité des toxiques présents en milieu
professionnel ou dans l’environnement, il semble dorénavant utopique d’estimer
les effets sur l’organisme d’un toxique donné à l’aide d’un unique biomarqueur. Il
faut s’orienter vers une utilisation croisée de plusieurs paramètres biologiques, que
ce soit le dosage de molécules simples (biochimie clinique classique, oxystérols,
Flt3-ligand), ou l’utilisation de profils génétiques (génotoxicité, transcriptome)
ou moléculaires (protéome, métabolome). Les nouveaux biomarqueurs potentiels
ainsi identifiés devront toutefois être étudiés à grande échelle, par des groupes de
recherche indépendants, avant d’être validés en contamination interne et utilisés
dans la pratique clinique courante au même titre que les biomarqueurs classiques.
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