148
Toxicologie nucléaire environnementale et humaine
La barrière sang-LCR, formée par les plexus choroïdes, empêche l’entrée de
cadmium dans le cerveau (Takeda et al., 1999). En effet, les plexus choroïdes
peuvent accumuler le cadmium et le sequestiei dans le but de piotéger le cerveau
(Ma et al., 2002). Un système énergie-dépendant apparaît être impliqué dans la
séquestration du cadmium par les plexus choroïdes (Zheng et al., 1991). Lorsque
les concentrations de cadmium atteignent un ceitain niveau, 1 action séquestrante
des plexus choroïdes disparaît et des dommages structuraux peuvent apparaître.
Les plexus choroïdes sont donc une cible pour le cadmium après une exposition
chronique. En effet, chez des souris exposées durant vingt-deux semaines à
100 ppm de Cd2+, les plexus choroïdes montrent de sévères changements dégénératifs caractérisés par une rupture de la surface apicale, une augmentation de la
vacuolation cytoplasmique et la présence de débris cellulaires (Valois et Webster,
1989). L’analyse du LCR révèle une augmentation des protéines. Les changements
dégénératifs sont moins sévères pour une dose inférieure (10 ppm de Cd2+). Le
cadmium ne peut pas facilement atteindre le cerveau, non seulement grâce à la
barrière sang-LCR, mais également grâce à la barrière sang-cerveau.
3.3.4. Impact des radionucléides sur cette barrière
À notre connaissance, aucune étude ne s’est intéressée à l’impact des radionucléides, que cela soit des actinides (uranium, plutonium ou américium) ou le
césium 137 sur la barrière sang-LCR.
Conclusion et perspectives
L’analyse des données sur le transfert de radionucléides et de métaux stables
(e.g. cadmium) à travers les différentes barrières digestives, cutanées et cérébrales
montre clairement que le niveau de connaissances est extrêmement différent
en fonction du type de barrière auquel on s’adresse. En particulier, très peu de
données sont disponibles dans la littérature sur le passage de radionucléides dans
le cerveau, malgré les effets délétères que ceux-ci peuvent engendrer. Il semble
indispensable de mener des expérimentations in vivo et in vitro sur le transfert de
radionucléides à travers les barrières cérébrales, et de préciser leur taux de transfert ainsi que les mécanismes d’entrée associés. Il est de plus difficile d’émettre I
des hypothèses quant à d’éventuels effets de certains radionucléides comme l’ura- =
nium et des métaux tels que le plomb ou le cadmium. La connaissance des méca- î
nismes de pénétration et de protection des radionucléides au niveau des diffé- =
rentes barrières et surtout au niveau cérébral, permettra d’élaborer des stratégies «
pharmacologiques préventives ou curatives permettant de limiter leur biodisponi- ‘
bilité au niveau du système nerveux central. L’étude de l’altération des différentes g
barrières cérébrales qui découle de l’intoxication de ces composés est donc un °
piérequis indispensable à l’élaboration des stratégies pharmacologiques.
0
'3
Ô
B
0
Précédent

- 200/813

Suivant