point de vue morphologique; de même,
l’espèce multidimensionnelle n’apparaît
pas telle si on l’étudie en un lieu donné et
à une époque déterminée. Cette réalité
s’exprime souvent par des différences de
conception et d’appellation ; ainsi, il arrive
que des zoologistes travaillant à l’échelon
local (et étudiant par exemple les Mollusques marins qui vivent en un lieu précis
ou sur une certaine longueur de côte) qualifient de vraies espèces ou de vrais genres
des unités taxonomiques qui, considérées
dans une optique plus vaste - donc multidimensionnelle - devraient être reléguées
au rang de sous-espèces et de sous-genres
(d’après E. Mayr, Animal Species and Evolution, Cambridge, 1963).
Les synonymes
Si une espèce a été décrite sous différents
noms, le plus ancien est le seul valable et
les autres doivent être considérés comme
synonymes (synonyme : nom ayant la
même signification qu’un autre). On distingue les synonymes «objectifs» (quand
deux descriptions d’espèces reposent sur
le même type) et les synonymes «subjectifs» (quand deux types décrits différemment à l’origine sont ensuite réunis sous
la même dénomination, par exemple dans
le cas d’une espèce polytypique). Les
causes les plus fréquentes de synonymie
sont l’existence de deux ou plusieurs descriptions «nouvelles» ou de noms «nouveaux» d’une seule et même espèce. Ces
anomalies proviennent généralement :
d’une méconnaissance de la littérature
existante, de l’inexpérience, d’une erreur,
d’une confusion, etc. Il arrive aussi qu’une
espèce primitivement tenue pour monotypique se révèle polytypique, c’est-à-dire
divisible en deux ou plusieurs «espèces».
La stricte application de la règle de priorité pour toutes les espèces décrites depuis
1758 a fait revivre des noms que l’on
connaissait à peine dans la pratique courante. On est arrivé au point où ces vieux
noms sont reconnus par certains spécialistes alors que d’autres les rejettent et
préfèrent les remplacer par des nouveaux.
Souvent aussi, certaines espèces ont été
étudiées par différents savants sans que
ceux-ci fussent au courant des travaux de
leurs confrères. Quelle que soit la situation, c’est en principe le nom le plus
ancien qui est seul valable (règle de priorité). Mais pour le connaître il faut trouver les deux noms donnés à la même unité
biologique. Cela se produit par exemple
quand on examine un coquillage que l’on
vient d’acheter. Supposons qu’il s’agisse
de Polinices pyriformis (RéCLUZ 1844); en
consultant un ouvrage illustré on constatera qu’il y est désigné sous le nom de
Polinices tumidus (Swainson 1840). La
connaissance de la règle de priorité et la
comparaison des dates (à condition
quelles soient mentionnées, ce qui, malheureusement, n’est pas toujours le cas)
permettront alors de penser que le
coquillage a deux noms synonymes.
Inversement, il arrive qu’après avoir
acquis un coquillage correctement appelé
on s’aperçoive qu’il est désigné par un
synonyme dans les ouvrages d’identification (l’année de leur parution ne signifie
généralement rien).
La transmission d’erreurs anciennes
jusque dans la littérature actuelle s’explique aussi par l’attachement des auteurs
aux noms couramment employés. Il arrive
que certains se réfèrent à l’ouvrage fondamental de Thiele (v. bibliographie) (qui
aurait bien besoin d’une mise à jour), mais
souvent aussi ils ne le font pas et ceci peut
faire croire au néophyte que l’une ou
l’autre appellation a été réhabilitée à la
suite de révisions dont il n’a pas eu
connaissance.
«Les auteurs» (lat. auctor, «auct.» :
auteur, - aussi « auctt. », quand il s’agit de
plusieurs auteurs) signale des noms spécifiques synonymes qui ont été mis en circulation, par erreur, par des chercheurs ultérieurs. En 1824, par exemple, Swainson
décrivit une espèce de l’océan Indien
21
l’espèce multidimensionnelle n’apparaît
pas telle si on l’étudie en un lieu donné et
à une époque déterminée. Cette réalité
s’exprime souvent par des différences de
conception et d’appellation ; ainsi, il arrive
que des zoologistes travaillant à l’échelon
local (et étudiant par exemple les Mollusques marins qui vivent en un lieu précis
ou sur une certaine longueur de côte) qualifient de vraies espèces ou de vrais genres
des unités taxonomiques qui, considérées
dans une optique plus vaste - donc multidimensionnelle - devraient être reléguées
au rang de sous-espèces et de sous-genres
(d’après E. Mayr, Animal Species and Evolution, Cambridge, 1963).
Les synonymes
Si une espèce a été décrite sous différents
noms, le plus ancien est le seul valable et
les autres doivent être considérés comme
synonymes (synonyme : nom ayant la
même signification qu’un autre). On distingue les synonymes «objectifs» (quand
deux descriptions d’espèces reposent sur
le même type) et les synonymes «subjectifs» (quand deux types décrits différemment à l’origine sont ensuite réunis sous
la même dénomination, par exemple dans
le cas d’une espèce polytypique). Les
causes les plus fréquentes de synonymie
sont l’existence de deux ou plusieurs descriptions «nouvelles» ou de noms «nouveaux» d’une seule et même espèce. Ces
anomalies proviennent généralement :
d’une méconnaissance de la littérature
existante, de l’inexpérience, d’une erreur,
d’une confusion, etc. Il arrive aussi qu’une
espèce primitivement tenue pour monotypique se révèle polytypique, c’est-à-dire
divisible en deux ou plusieurs «espèces».
La stricte application de la règle de priorité pour toutes les espèces décrites depuis
1758 a fait revivre des noms que l’on
connaissait à peine dans la pratique courante. On est arrivé au point où ces vieux
noms sont reconnus par certains spécialistes alors que d’autres les rejettent et
préfèrent les remplacer par des nouveaux.
Souvent aussi, certaines espèces ont été
étudiées par différents savants sans que
ceux-ci fussent au courant des travaux de
leurs confrères. Quelle que soit la situation, c’est en principe le nom le plus
ancien qui est seul valable (règle de priorité). Mais pour le connaître il faut trouver les deux noms donnés à la même unité
biologique. Cela se produit par exemple
quand on examine un coquillage que l’on
vient d’acheter. Supposons qu’il s’agisse
de Polinices pyriformis (RéCLUZ 1844); en
consultant un ouvrage illustré on constatera qu’il y est désigné sous le nom de
Polinices tumidus (Swainson 1840). La
connaissance de la règle de priorité et la
comparaison des dates (à condition
quelles soient mentionnées, ce qui, malheureusement, n’est pas toujours le cas)
permettront alors de penser que le
coquillage a deux noms synonymes.
Inversement, il arrive qu’après avoir
acquis un coquillage correctement appelé
on s’aperçoive qu’il est désigné par un
synonyme dans les ouvrages d’identification (l’année de leur parution ne signifie
généralement rien).
La transmission d’erreurs anciennes
jusque dans la littérature actuelle s’explique aussi par l’attachement des auteurs
aux noms couramment employés. Il arrive
que certains se réfèrent à l’ouvrage fondamental de Thiele (v. bibliographie) (qui
aurait bien besoin d’une mise à jour), mais
souvent aussi ils ne le font pas et ceci peut
faire croire au néophyte que l’une ou
l’autre appellation a été réhabilitée à la
suite de révisions dont il n’a pas eu
connaissance.
«Les auteurs» (lat. auctor, «auct.» :
auteur, - aussi « auctt. », quand il s’agit de
plusieurs auteurs) signale des noms spécifiques synonymes qui ont été mis en circulation, par erreur, par des chercheurs ultérieurs. En 1824, par exemple, Swainson
décrivit une espèce de l’océan Indien
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