La systématique scientifique s’efforce de
classer les êtres vivants les uns par rapport
aux autres en tenant compte de leur degré
de parenté. Pour cela, elle les place dans
une série de catégories d’ordre hiérarchique décroissant. L’unité fondamentale
de ce système de classification est l’espèce
(en latin : species). Une espèce réunit tous
les individus qui
a) dans des conditions analogues (milieu
environnant) et à des stades de développement équivalents (en ce qui concerne
la structure et l’activité) présentent les
mêmes caractères généraux (et non pas
des caractères accidentels) et
b) qui, en outre, se reproduisent entre eux
de façon naturelle pendant de nombreuses générations. En se reproduisant, les membres d’une même espèce
donnent naissance à une descendance
qui leur ressemble et qui est elle-même
féconde. Il n’y a pas d’accouplement
avec les individus d’une autre espèce et,
quand cela arrive (ce qui est rare), les
descendants sont généralement stériles.
Les espèces qui se ressemblent extérieurement et dont la structure interne est voisine sont réunies dans un même genre; les
genres voisins sont eux-mêmes groupés à
l’intérieur d’une famille, etc. De cette
façon, on obtient quelque 18 catégories
(tableau p. 15) qui permettent d’exprimer
la diversité des rapports mutuels.
Règles de nomenclature
Contrairement aux noms vulgaires
(locaux), les noms scientifiques des animaux et des plantes (vivants et fossiles)
sont soumis à des règles de nomenclature
(la nomenclature est l’ensemble des noms
utilisés dans une science particulière) établies par des accords internationaux. Ils
sont donc unifiés et à l’abri de toutes
modifications arbitraires.
Une commission créée dans ce but précis en 1901 au cours du cinquième congrès
international de zoologie (tenu à Berlin)
- la Commission internationale de
nomenclature zoologique (CINZ) - se
réunit périodiquement pour résoudre les
cas litigieux et proposer des compléments
et des amendements à la nomenclature
établie. Les résultats de ses travaux sont
publiés sous forme d’«Opinions».
La nomenclature binaire (c’est-à-dire
utilisant deux noms) établie par Linné est
le fondement du système de classification
employé actuellement. Toutes les espèces
ont donc un nom formé de deux mots. Le
premier est le nom de genre et le second
celui de l’espèce. La première lettre du
nom de genre est toujours écrite en majuscule et celle du nom d’espèce en minuscule. Exemple : Charonia tritonis.
À la différence des noms vulgaires, les
noms scientifiques sont tous tirés du latin
ou du grec ancien. Les noms qui ne sont
pas d’origine gréco-latine sont latinisés.
Après la famille, le genre est le niveau
taxonomique qui comprend une ou plusieurs espèces très proches par leurs rapports phylogénétiques et séparées des
groupes voisins par des caractères plus ou
moins différents. On s’est accordé pour
écrire les noms de genre et d’espèce en italique, contrairement aux noms des catégories supérieures, noms de famille par
exemple.
Le nom générique est toujours un substantif latin, grec latinisé ou d’une autre
langue transcrite en caractères latins
(Patella, Clanculus, Cittarium). On peut
rechercher le genre (masculin, féminin ou
neutre) dans le dictionnaire, quand il
s’agit d’un mot simple ou d’une composition équivalente. Il est facile de se mémoriser les désinences latines : -us pour le
masculin (Trochus), -a pour le féminin
(Lucinella) et -um pour le neutre (Cerithium). Dans certains cas, l’auteur a l’habitude d’indiquer le genre du nom générique lorsqu’il crée un nouveau genre. Les
noms génériques peuvent aussi dériver de
patronymes ou de toponymes (Archimediella, Schilderia, Babylonia).
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