L’EAU DE MER : BIEN PLUS QUE DE L’EAU SALÉE
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propriétaire du sol et ainsi, il pouvait contrôler les matières premières et en même temps les
eaux salées. Avec les impôts, le roi de France voulait se donner le monopole sur la vente du sel.
La vente du sel fut donc contrôlée par un corps d’officiers royaux dits « les grenetiers », mais les
contribuables étaient tenus également de consommer annuellement le « sel du devoir », c’està-dire une certaine quantité de sel. Les règles devenant très sévères et inégalitaires, la gabelle
devint de plus en plus impopulaire et un marché parallèle se développa. Qui peut imaginer
aujourd’hui que de la contrebande s’est développée autour d’une denrée si commune ?
2.2. Notion de traceurs conservatifs et non conservatifs
Qu’en est-il des autres éléments chimiques ? Les éléments majeurs ne sont qu’une dizaine,
alors que la table de Mendeleïev comporte plus de 92 éléments. Certains composés mineurs
sont chimiquement inertes et leur faible abondance dans l’océan reflète simplement leur
faible abondance sur Terre. D’autres éléments (comme l’aluminium, le fer ou le phosphore)
sont des constituants majeurs des roches terrestres, mais on ne les trouve qu’à l’état de traces
dans l’océan. Leur temps de résidence est très court, car ils sont activement éliminés de
l’océan par des réactions chimiques ou biologiques. Leur comportement pourra donc être
plus ou moins découplé de celui des masses d’eau.
Ce découplage s’observe sur des sections hydrographiques (Figures 2.2 et 2.3). A première vue, les principales masses d’eau (NADW, AABW, AAIW et CDW) identifiées sur les
sections 9 et S sont également reconnaissables sur les sections d’O, (oxygène dissous) ou de
PO3- (phosphate dissous). La répartition de O, et PO3- est donc en partie déterminée par le
mélange des masses d’eau. Cependant, on observe des différences :
- dans le Pacifique Nord, les eaux profondes sont très homogènes en température et salinité, car la seule source d’eau profonde se trouve au sud. Vers 1 000 m de profondeur,
on trouve des eaux très pauvres en O, et très riches en PO^ qui ne correspondent pas
au cœur d’une masse d’eau identifiable par des valeurs extrêmes de température ou de
salinité. Malgré leur faible température, les eaux profondes sont pauvres en oxygène, ce
qui témoigne du fait qu’elles ont quitté la surface depuis longtemps ;
- dans les eaux superficielles de l’Atlantique et du Pacifique, les teneurs en PO3 sont
faibles, quelles que soient la température et la salinité. Les teneurs en O, et en PO3 ne
sont donc pas uniquement déterminées par des mélanges de masses d’eau : l’activité
biologique joue un rôle important.
On dit que les éléments nutritifs, dont les concentrations sont modifiées sans que la
masse d’eau soit au contact avec l’atmosphère, sont des traceurs non conservatifs. Leur
répartition dépend à la fois de phénomènes d’addition ou de soustraction liés à la biologie,
mais aussi de la circulation et du mélange des masses d’eau. La comparaison entre les
traceurs conservatifs et non conservatifs est utilisée pour quantifier l’influence des processus
biologiques dans les cycles biogéochimiques des éléments.
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propriétaire du sol et ainsi, il pouvait contrôler les matières premières et en même temps les
eaux salées. Avec les impôts, le roi de France voulait se donner le monopole sur la vente du sel.
La vente du sel fut donc contrôlée par un corps d’officiers royaux dits « les grenetiers », mais les
contribuables étaient tenus également de consommer annuellement le « sel du devoir », c’està-dire une certaine quantité de sel. Les règles devenant très sévères et inégalitaires, la gabelle
devint de plus en plus impopulaire et un marché parallèle se développa. Qui peut imaginer
aujourd’hui que de la contrebande s’est développée autour d’une denrée si commune ?
2.2. Notion de traceurs conservatifs et non conservatifs
Qu’en est-il des autres éléments chimiques ? Les éléments majeurs ne sont qu’une dizaine,
alors que la table de Mendeleïev comporte plus de 92 éléments. Certains composés mineurs
sont chimiquement inertes et leur faible abondance dans l’océan reflète simplement leur
faible abondance sur Terre. D’autres éléments (comme l’aluminium, le fer ou le phosphore)
sont des constituants majeurs des roches terrestres, mais on ne les trouve qu’à l’état de traces
dans l’océan. Leur temps de résidence est très court, car ils sont activement éliminés de
l’océan par des réactions chimiques ou biologiques. Leur comportement pourra donc être
plus ou moins découplé de celui des masses d’eau.
Ce découplage s’observe sur des sections hydrographiques (Figures 2.2 et 2.3). A première vue, les principales masses d’eau (NADW, AABW, AAIW et CDW) identifiées sur les
sections 9 et S sont également reconnaissables sur les sections d’O, (oxygène dissous) ou de
PO3- (phosphate dissous). La répartition de O, et PO3- est donc en partie déterminée par le
mélange des masses d’eau. Cependant, on observe des différences :
- dans le Pacifique Nord, les eaux profondes sont très homogènes en température et salinité, car la seule source d’eau profonde se trouve au sud. Vers 1 000 m de profondeur,
on trouve des eaux très pauvres en O, et très riches en PO^ qui ne correspondent pas
au cœur d’une masse d’eau identifiable par des valeurs extrêmes de température ou de
salinité. Malgré leur faible température, les eaux profondes sont pauvres en oxygène, ce
qui témoigne du fait qu’elles ont quitté la surface depuis longtemps ;
- dans les eaux superficielles de l’Atlantique et du Pacifique, les teneurs en PO3 sont
faibles, quelles que soient la température et la salinité. Les teneurs en O, et en PO3 ne
sont donc pas uniquement déterminées par des mélanges de masses d’eau : l’activité
biologique joue un rôle important.
On dit que les éléments nutritifs, dont les concentrations sont modifiées sans que la
masse d’eau soit au contact avec l’atmosphère, sont des traceurs non conservatifs. Leur
répartition dépend à la fois de phénomènes d’addition ou de soustraction liés à la biologie,
mais aussi de la circulation et du mélange des masses d’eau. La comparaison entre les
traceurs conservatifs et non conservatifs est utilisée pour quantifier l’influence des processus
biologiques dans les cycles biogéochimiques des éléments.
