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GÉOCHIMIE MARINE
seulement 50 % du 231Pa produit localement (voir chapitre 4). Le reste du 231Pa est advecté
jusqu’au front polaire antarctique où il est efficacement éliminé par les forts flux de tests de
diatomées qui chutent à travers la colonne d’eau dans cette zone. Durant, le dernier maximum glaciaire, le rapport 231Pa/230Th de sédiments prélevés à 4 000 m de fond sur la ride
des Bermudes (Atlantique Nord) augmente légèrement tout en restant inférieur au taux de
production, ce qui suggère un ralentissement (de 30 % au plus) de la NADW (Figure 11.12).
Ce résultat est cohérent avec l’estimation faite à partir du 14C. En revanche, une très forte
augmentation du rapport 231Pa/230Th est enregistrée durant l’évènement « H1 » (pour Heindrich 1). L’événement H1 est dû à une forte débâcle d’icebergs apportant un excès d’eau
douce succeptible de perturber la formation des eaux profondes. Interpréter le fait que,
durant Hl, le rapport 231Pa/23OTh des sédiments devient égal au taux de production suggérant un arrêt total de la production de NADW est tentant mais prématuré, compte tenu des
incertitudes actuelles sur l’impact de la composition des particules sur la fixation de Pa-Th
et de celles sur l’évolution de la circulation dans les eaux moins profondes.
Dans tous les cas, un ralentissement de la circulation thermohaline n’explique pas en soi
une augmentation du stockage de CO, par l’océan s’il ne s’accompagne pas d’un changement de composition chimique de l’océan. La capacité d’absorbtion de l’océan vis-à-vis du
CO, est liée à sa teneur en ions carbonates (qui neutralisent CO2) et donc à son pH. Le pH
de l’océan peut être déterminé grâce au Ô"B des tests de foraminifères (Chapitre 3). Ainsi
le Ô"B des foraminifères benthiques du dernier maximum glaciaire est supérieur à celui
de foraminifères benthiques actuels, suggérant qu’au dernier maximum glaciaire le pH de
l’océan était supérieur à ce qu’il est aujourd’hui (Sanyal et al., 1995). La raison de ce changement n’est pas clairement établie. Aujourd’hui, de vastes régions de l’océan ont une activité
biologique limitée par la faiblesse des apports en fer (voir chapitre 7). Il est possible qu’au
dernier maximum glaciaire, elles aient été fertilisées par les apports éoliens de poussières
favorisés par un climat plus aride qu’aujourd’hui, comme le montrent les forts dépôts de
poussières analysés dans la carotte du Dôme C à cette époque (Figure 11.10). Une fertilisation en fer favoriserait également une meilleure utilisation des éléments nutritifs (Si et N)
dans l’export de carbone organique particulaire (voir exercice d’approfondissement 6 du
chapitre 7). Il n’en demeure pas moins que l’augmentation de la pompe biologique entraînée
par une fertilisation en fer de l’océan austral n’explique pas plus de 50 % de la baisse du CO2
atmosphérique observée entre les périodes interglaciaires et glaciaires (voir exercice d’approfondissement 5). Notre compréhension du cycle du carbone glaciaire reste donc incomplète.
Le menu des vikings (Arneborg et al., 1999)
A la fin du X* siècle, Eric le Rouge établit des colonies de viking au Groenland (le pays vert) qu’il
nomme ainsi pour attirer ses compatriotes avec de la publicité déjà mensongère. Néanmoins,
le climat relativement clément de l’époque (on parle d’optimum médiéval à l’échelle de
1 Europe) permet à des populations d’éleveurs partis avec leurs troupeaux de s’installer au
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