LES ISOTOPES RADIOACTIFS ET LES ISOTOPES RADIOGÉNIQUES
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atmosphérique a été incorporé depuis moins de 50 ans. Le A14C est donc un outil puissant
pour tracer l’absorption du carbone atmosphérique par l’océan. Il n’est pas toujours facile de
faire la part entre la contribution anthropique et la contribution naturelle (cosmogénique),
car très peu de mesures de 14C océaniques ont été faites avant le début des essais nucléaires.
Cette difficulté n’existe pratiquement pas pour 3H car sa demi-vie (12,4 ans) est courte
par rapport au temps de résidence dans l’océan si bien que le 3H cosmogénique est pratiquement négligeable devant le 3H anthropique dont le maximum d’émission se trouve en 1963
(Figure 4.20). Il est donc possible de suivre grâce à 3H la formation des eaux profondes et
leur déplacement dans l’océan (voir chapitre 10). La concentration en tritium est donnée en
« Tritium Unit » (ou TU) : 1 TU correspond à 1 atome de 3H pour 1018 atomes de 'H. On
peut utiliser le chronomètre 3H -3He pour dater le dernier contact d’une masse d’eau avec
l’atmosphère (Exercice d’approfondissement 6).
L’industrie nucléaire civile a généré des rejets moins importants et plus localisés que les
essais nucléaires aériens. On peut citer comme exemples européens les rejets intentionnels des
usines de retraitement de combustibles de Sellafield et de La Hague, ou les rejets accidentels
dus à l’explosion du réacteur de Tchernobyl en 1986. Ces sources ponctuelles permettent
des études à l’échelle locale et régionale. Par exemple, l’isotope soluble l25Sb (T;, 2 = 2,7 ans)
émis par l’usine de retraitement de déchets radioactifs de la Hague permet d’étudier les courants dans la Manche (Figure 4.21). 129I est également émis par la Hague, mais sa demi-vie
longue (T//2= 17,3 Ma) permet de le suivre jusque dans l’océan profond (voir chapitre 10).
Enfin, différentes sources ponctuelles d’isotopes radioactifs anthropiques sont dues aux
rejets à la mer de déchets radioactifs « préconditionnés » par différents pays, aux naufrages
de sous-marins à propulsion nucléaires et à l’élimination de réacteurs nucléaires et de leur
combustible dans les eaux côtières (mer de Kara et mer de Barents) bordant l’Arctique par
l’ex-URSS. Jusqu’à présent, elles n’ont produit que des contaminations très localisées et peu
importantes (Exercice d’approfondissement 7).
Figure 4.20. Évolution de la concentration
en tritium dans l’Atlantique tropical.
Courbe grise : précipitations. Courbe
tiretée : eaux de surface (modèle). Points
noirs : eaux de surface (mesures). Modifié
d’après Doney et al., 1993.
Année
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atmosphérique a été incorporé depuis moins de 50 ans. Le A14C est donc un outil puissant
pour tracer l’absorption du carbone atmosphérique par l’océan. Il n’est pas toujours facile de
faire la part entre la contribution anthropique et la contribution naturelle (cosmogénique),
car très peu de mesures de 14C océaniques ont été faites avant le début des essais nucléaires.
Cette difficulté n’existe pratiquement pas pour 3H car sa demi-vie (12,4 ans) est courte
par rapport au temps de résidence dans l’océan si bien que le 3H cosmogénique est pratiquement négligeable devant le 3H anthropique dont le maximum d’émission se trouve en 1963
(Figure 4.20). Il est donc possible de suivre grâce à 3H la formation des eaux profondes et
leur déplacement dans l’océan (voir chapitre 10). La concentration en tritium est donnée en
« Tritium Unit » (ou TU) : 1 TU correspond à 1 atome de 3H pour 1018 atomes de 'H. On
peut utiliser le chronomètre 3H -3He pour dater le dernier contact d’une masse d’eau avec
l’atmosphère (Exercice d’approfondissement 6).
L’industrie nucléaire civile a généré des rejets moins importants et plus localisés que les
essais nucléaires aériens. On peut citer comme exemples européens les rejets intentionnels des
usines de retraitement de combustibles de Sellafield et de La Hague, ou les rejets accidentels
dus à l’explosion du réacteur de Tchernobyl en 1986. Ces sources ponctuelles permettent
des études à l’échelle locale et régionale. Par exemple, l’isotope soluble l25Sb (T;, 2 = 2,7 ans)
émis par l’usine de retraitement de déchets radioactifs de la Hague permet d’étudier les courants dans la Manche (Figure 4.21). 129I est également émis par la Hague, mais sa demi-vie
longue (T//2= 17,3 Ma) permet de le suivre jusque dans l’océan profond (voir chapitre 10).
Enfin, différentes sources ponctuelles d’isotopes radioactifs anthropiques sont dues aux
rejets à la mer de déchets radioactifs « préconditionnés » par différents pays, aux naufrages
de sous-marins à propulsion nucléaires et à l’élimination de réacteurs nucléaires et de leur
combustible dans les eaux côtières (mer de Kara et mer de Barents) bordant l’Arctique par
l’ex-URSS. Jusqu’à présent, elles n’ont produit que des contaminations très localisées et peu
importantes (Exercice d’approfondissement 7).
Figure 4.20. Évolution de la concentration
en tritium dans l’Atlantique tropical.
Courbe grise : précipitations. Courbe
tiretée : eaux de surface (modèle). Points
noirs : eaux de surface (mesures). Modifié
d’après Doney et al., 1993.
Année
