Les points d'eau du Sahara
La faune aquatique saharienne est actuellement localisée à des points
d'eau résiduels, témoins de l'ancien milieu saharien qui existait à
l'Atérien, il y a environ dix mille ans. A cette époque, le Sahara connut
le maximum d'extension de ses milieux aquatiques.
Le cloisonnement, déterminé par le relief, divise le réseau fluvial en
plusieurs bassins. Certains de ces bassins débouchent dans la mer, comme
celui de la Seguiet el Hamra, d'autres sont des bassins continentaux
occupés par des lacs. Selon H. J. Hugot (1974), à l'Atérien, le lac Tchad
occupait une immense cuvette plus orientale que le lac actuel et
correspondant au Borkou. Le Tamesna situé entre les massifs de l'Aïr et de
l'Adrar des Ifoghas, ainsi que l'Aouker en Mauritanie étaient occupés par
des lacs. La dépression d'Ouargla était occupée par un lac collectant les
eaux du bassin de l'Igharghar. Depuis cette époque, ces lacs continentaux
ont progressivement régressé : d'une part en raison de l'accumulation
continue des alluvions transportées dans ces zones d'épandage, d’autre
part en raison de la modification progressive du climat, qui, depuis
l'Atérien a tendance à devenir plus aride. Une autre modification
écologique, liée à l'accumulation des sédiments dans les bassins fermés est
la concentration progressive des sels minéraux en solution dans l'eau et qui
aboutit à constituer des "sebkhas" rapidement impropre à toute vie
animale et végétale.
Ces deux facteurs, assèchement des lacs et climat plus aride,
provoquent une désertisation progressive du milieu. A l'Atérien, le
climat tropical et l'abondance de l'eau ont permis à une végétation de
savane de se développer, complétée par des forêts galeries le long des
cours d'eau et par des forêts d'altitude (cèdres, oliviers, chênes-lièges).
Cette végétation assurait les besoins d'une importante faune associée
(girafes, éléphants, hippopotames, rhinocéros, crocodiles, etc...), comparable à celle existant de nos jours dans la zone des savanes intertropicales.
Tout ceci constituait un milieu favorable au peuplement humain, comme
en témoignent les nombreux restes d'industrie lithique et les nombreuses
représentations rupestres. Le changement de faune et de flore se situe
vers les années - 4.000. Les lacs régressent et s'assèchent, le réseau
hydrographique devient temporaire, puis se morcelle et est
progressivement encombré par le sable comme l'explique E.F. Gautier
(1950).
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