Les limites de la zone saharienne
Aussi curieusement que celà puisse paraître, limiter le domaine de la
zone aride saharienne n'est pas une chose simple. On peut, en effet,
définir le domaine saharien en se référant à des critères géographiques
(océans, montagnes,..) ou géologiques (accident sud-atlasique, R. Furon), à
la rareté des pluies (Emberger, Zolotarewsky et Murat) ou à des
associations végétales (Capot-Rey, Chevalier). Mais chacun de ces
critères admet un nombre d'exceptions important et n'est pas satisfaisant
en soi. C'est pourquoi, parmi celles proposées, la définition de Capot-Rey
nous a paru être la plus intéressante. Ne s'appuyant pas sur un critère
unique, elle est la résultante d'un ensemble de facteurs de nature très
diverse. Sa conception du Sahara tient compte de l'interaction des
facteurs élémentaires cités par les auteurs précédents, les réunissant pour
former un ensemble original qui revient à considérer le Sahara comme une
entité éco-éthologique à l'originalité de laquelle contribuent tant les
éléments floristiques et faunistiques que les éléments culturels et humains.
Ainsi considéré, le Sahara est la résultante de l'exploitation d'un cadre
physique (géographique, géologique, climatique) par une communauté
d'être vivants (végétaux, animaux, humains) adaptés sur le plan
biologique, physiologique, éthologique, constituant un ensemble original,
ayant une dynamique propre.
Les limites de la zone étudiée seront les suivantes :
Au nord : le versant sud de l'Atlas saharien et de l'Anti-Atlas.
C'est-à-dire, d'ouest en est, une ligne passant par l'embouchure du Draa,
Foum el Hassan, Agdz, Ksar es Souk, Bou Denib, Figuig, Brizina,
Laghouat, El Kantara, Négrine, Tamerza, Gafsa, Gabès. Nous y
incorporons le Nord de la Tripolitaine et la Cyrénaïque, qu'il serait
dommage d'exclure de ce domaine, malgré leur caractère plus
méditerranéen que désertique.
A l'ouest : la côte atlantique, de l'embouchure de l'oued Assaka,
au nord, jusqu'à la hauteur de Nouakchott, au sud.
Au sud : la ligne passant par Nouakchott,Tidjikda, Tichit,
Oualata, Kidal, In Tallak, Agadez, Termit, Koro Toro, Oum Chalouba,
Port Sudan.
A l'est : Port Saïd, le canal de Suez et la côte de la mer Rouge,
jusqu'à Port Sudan.
Dans ce cadre où la pluviosité est bornée au nord et au sud par les
isohyètes de 150 mm, d'énormes surfaces sont privées de chutes d'eau
pendant des périodes de plusieurs mois, voire de plusieurs années.
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