TOUT UN MONDE À L’ENVERS - LA VIE SOUS LES PIERRES
Une pierre qui ne bouge pas pendant
un temps suffisamment long montre
clairement deux faces différentes : une
face supérieure et une face inférieure.
Celui qui sort une telle pierre de l’eau
découvrira sans peine les différences
qui séparent ces deux mondes. Il est
préférable cependant de se munir d’un
masque de plongée afin de retourner
les pierres dans l’eau.
□eux mondes
La face supérieure de la pierre reçoit
la lumière du jour, ce qui permet à une
multitude d'algues qui ont pu s’y fixer
F\
de se développer. C’est la raison pour laquelle le dessus de la pierre est
recouvert d'une couche algale à l'aspect feutré ou laineux, d'où émergent
parfois des algues de dimensions plus importantes. Parmi celles-ci, les espèces
les plus communes sont les acétabulaires (Acetabularia acetabuluni) qui
ressemblent à de petits champignons dressés sur une tige filiforme ; la padine
(Padina pavonica) qui se présente sous forme de cornets blanchâtres, les
algues rouges encroûtantes de la famille des mélobésiées et l’halimède
(Halimeda tuncï), une algue verte dont le thalle est constitué de disques
associés à la façon des cactus.
Dans la mer, de petites particules tombent en permanence de la surface
vers le fond : grains de sable, particules de vase, squelettes d’algues et
d'animaux planctoniques morts. Ce sédiment reste accroché entre les algues,
où les mouvements d'eau sont moins violents qu'ailleurs. C'est cette couche
sédimentaire qui empêche les larves de la plupart des animaux d’y trouver
le substrat solide de la pierre. En outre, les animaux qui s’étaient déjà fixés
sur la surface de la pierre risquent d’être étouffés par la progression des
algues et du sédiment. C’est pourquoi la face supérieure de la pierre est le
domaine quasi exclusif des algues.
Mais en l'espace de quelques centimètres seulement, les conditions
changent complètement ! La face inférieure de la même pierre se trouve
toujours plongée dans l’obscurité, et mise à part l’algue calcaire encroûtante
(Lithophyllum incrustons) de couleur mauve, presque aucune plante ne peut
s'y maintenir en vie.
A cela vient s’ajouter le fait que cette face est dépourvue de sédiment :
conditions idéales pour la plupart des animaux sessiles ! Nombre de spongiaires
encroûtants forment des couches minces contribuant à la palette multicolore
Ophiothrix fragilis
est une ophiure
rapide, qui se
cachera aussitôt
sous la pierre
que l’on vient
de retourner.
Les vers tubicoles
Spirobranchus
triqueter
par contre,
fixés sur la pierre,
ne pourront
pas s’enfuir.
55
Une pierre qui ne bouge pas pendant
un temps suffisamment long montre
clairement deux faces différentes : une
face supérieure et une face inférieure.
Celui qui sort une telle pierre de l’eau
découvrira sans peine les différences
qui séparent ces deux mondes. Il est
préférable cependant de se munir d’un
masque de plongée afin de retourner
les pierres dans l’eau.
□eux mondes
La face supérieure de la pierre reçoit
la lumière du jour, ce qui permet à une
multitude d'algues qui ont pu s’y fixer
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de se développer. C’est la raison pour laquelle le dessus de la pierre est
recouvert d'une couche algale à l'aspect feutré ou laineux, d'où émergent
parfois des algues de dimensions plus importantes. Parmi celles-ci, les espèces
les plus communes sont les acétabulaires (Acetabularia acetabuluni) qui
ressemblent à de petits champignons dressés sur une tige filiforme ; la padine
(Padina pavonica) qui se présente sous forme de cornets blanchâtres, les
algues rouges encroûtantes de la famille des mélobésiées et l’halimède
(Halimeda tuncï), une algue verte dont le thalle est constitué de disques
associés à la façon des cactus.
Dans la mer, de petites particules tombent en permanence de la surface
vers le fond : grains de sable, particules de vase, squelettes d’algues et
d'animaux planctoniques morts. Ce sédiment reste accroché entre les algues,
où les mouvements d'eau sont moins violents qu'ailleurs. C'est cette couche
sédimentaire qui empêche les larves de la plupart des animaux d’y trouver
le substrat solide de la pierre. En outre, les animaux qui s’étaient déjà fixés
sur la surface de la pierre risquent d’être étouffés par la progression des
algues et du sédiment. C’est pourquoi la face supérieure de la pierre est le
domaine quasi exclusif des algues.
Mais en l'espace de quelques centimètres seulement, les conditions
changent complètement ! La face inférieure de la même pierre se trouve
toujours plongée dans l’obscurité, et mise à part l’algue calcaire encroûtante
(Lithophyllum incrustons) de couleur mauve, presque aucune plante ne peut
s'y maintenir en vie.
A cela vient s’ajouter le fait que cette face est dépourvue de sédiment :
conditions idéales pour la plupart des animaux sessiles ! Nombre de spongiaires
encroûtants forment des couches minces contribuant à la palette multicolore
Ophiothrix fragilis
est une ophiure
rapide, qui se
cachera aussitôt
sous la pierre
que l’on vient
de retourner.
Les vers tubicoles
Spirobranchus
triqueter
par contre,
fixés sur la pierre,
ne pourront
pas s’enfuir.
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