LE PREMIER MÈTRE
...Et des poissons qui nagent
Rassurez-vous : il y a encore des poissons qui savent nager ! Les algues
attirent les saupes (Sarpa salpa), qui vivent en bancs serrés et viennent
brouter. On dirait un troupeau de chèvres ! Voilà enfin un poisson tel qu’on
l’imagine depuis notre enfance : un corps argenté, parcouru de lignes
longitudinales jaunes. Il est aplati, ce qui lui permet, grâce à des mouvements
latéraux, de « prendre appui » sur l'eau afin de s’avancer, alors que son profil
hydrodynamique lui confère une bonne glisse.
Il existe d’autres brouteurs qui ne craignent pas les déferlantes : les muges
(genre Mugil) dont on connaît sept espèces différentes en Méditerranée.
La plupart supportent une importante
dessalure, d’où leur présence dans les étangs
et dans les embouchures des fleuves. Ce ne
sont pas vraiment des herbivores : ils vivent
surtout des petits animaux qui peuplent les
frondes algales.
Le loup de mer (Dicentrarchus labrax),
dont les vieux exemplaires peuvent atteindre
I mètre de longueur, est un vrai carnivore.
Ce chasseur est également chassé : c’est un
poisson dont la chair est très appréciée.
Un loup
/Dicentrarchus
labraxj chassant
juste sous
la surface.
En Atlantique,
on appelle « bar »
le même poisson.
Un partage équitable
Cette première prise de contact vous a montré l’extrême diversité des
habitants de la mer qui est le résultat d'une longue évolution.
En effet, il existe, face aux ressources limitées, une forte concurrence que
Darwin a appelée la lutte pour la survie et dans laquelle survivent les plus forts
(souvenez-vous toujours : « Vivre, c’est survivre » I). Or, ce ne sont pas
forcément les plus forts qui survivent, mais les mieux adaptés. Au lieu de
lutter, on cherche le plus souvent à éviter le conflit. C’est ce qui a mené
à des tas de spécialisations et une répartition des places, des tâches et de
la nourriture. Telle espèce vit près de la surface, telle autre en profondeur.
Il y en a qui vivent sur la pierre, d’autres dessous. Il y a des herbivores et
des carnivores. Des mangeurs de vers et des mangeurs de mollusques.
Chaque espèce occupe ainsi sa propre niche écologique, bien définie.
Voilà pourquoi l’oursin et la blennie peuvent vivre en bons voisins : pendant
que l'un broute les algues, l'autre attrape des vers et des crustacés. Il y a
partage équitable des ressources disponibles.
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...Et des poissons qui nagent
Rassurez-vous : il y a encore des poissons qui savent nager ! Les algues
attirent les saupes (Sarpa salpa), qui vivent en bancs serrés et viennent
brouter. On dirait un troupeau de chèvres ! Voilà enfin un poisson tel qu’on
l’imagine depuis notre enfance : un corps argenté, parcouru de lignes
longitudinales jaunes. Il est aplati, ce qui lui permet, grâce à des mouvements
latéraux, de « prendre appui » sur l'eau afin de s’avancer, alors que son profil
hydrodynamique lui confère une bonne glisse.
Il existe d’autres brouteurs qui ne craignent pas les déferlantes : les muges
(genre Mugil) dont on connaît sept espèces différentes en Méditerranée.
La plupart supportent une importante
dessalure, d’où leur présence dans les étangs
et dans les embouchures des fleuves. Ce ne
sont pas vraiment des herbivores : ils vivent
surtout des petits animaux qui peuplent les
frondes algales.
Le loup de mer (Dicentrarchus labrax),
dont les vieux exemplaires peuvent atteindre
I mètre de longueur, est un vrai carnivore.
Ce chasseur est également chassé : c’est un
poisson dont la chair est très appréciée.
Un loup
/Dicentrarchus
labraxj chassant
juste sous
la surface.
En Atlantique,
on appelle « bar »
le même poisson.
Un partage équitable
Cette première prise de contact vous a montré l’extrême diversité des
habitants de la mer qui est le résultat d'une longue évolution.
En effet, il existe, face aux ressources limitées, une forte concurrence que
Darwin a appelée la lutte pour la survie et dans laquelle survivent les plus forts
(souvenez-vous toujours : « Vivre, c’est survivre » I). Or, ce ne sont pas
forcément les plus forts qui survivent, mais les mieux adaptés. Au lieu de
lutter, on cherche le plus souvent à éviter le conflit. C’est ce qui a mené
à des tas de spécialisations et une répartition des places, des tâches et de
la nourriture. Telle espèce vit près de la surface, telle autre en profondeur.
Il y en a qui vivent sur la pierre, d’autres dessous. Il y a des herbivores et
des carnivores. Des mangeurs de vers et des mangeurs de mollusques.
Chaque espèce occupe ainsi sa propre niche écologique, bien définie.
Voilà pourquoi l’oursin et la blennie peuvent vivre en bons voisins : pendant
que l'un broute les algues, l'autre attrape des vers et des crustacés. Il y a
partage équitable des ressources disponibles.
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