PLAGES ET CUVETTES
Quelle tactique :
souplesse ou rigidité ?
Dans les cuvettes situées un peu plus bas, là où l'eau est renouvelée
suffisamment souvent pour que les conditions y soient plus stables, on
rencontrera des organismes un peu moins tolérants, qui appartiennent déjà
à l’eulittoral. Il y a là l’actinie rouge (Actinia schmidti), bien protégée contre
le dessèchement par sa haute teneur en mucus. De jour, les tentacules sont
souvent rétractés, et on ne voit que des sphères ressemblant à de grosses
cerises.
Une autre anémone de mer, obligatoirement submergée celle-là, est
l’anémone verte (Anemonia viridis), dont les tentacules ne sont pas rétractiles.
Grâce à leur souplesse, ils suivent les mouvements de l’eau sans offrir la
moindre résistance. Cette tactique pour survivre dans les vagues est très
différente de celle que mettent en oeuvre les balanes et les arapèdes que
nous rencontrerons également dans l’eulittoral et dans les cuvettes. Les
arapèdes ou patelles (genre Patelle) sont des gastéropodes de quelques
centimètres qui broutent la couche algale recouvrant les rochers. Elles
retournent toujours vers leur lieu de départ, où leur coquille a usé une
rainure circulaire dans la roche. Lorsqu’elles se fixent au rocher à l’aide de
leur pied musclé, la coquille s'encastre dans cette rainure, ce qui leur évitera
de se dessécher. Par ailleurs, aucune vague n’arrivera à les déloger. On trouve
dans cette zone d’autres gastéropodes, les troques (genres Gibbula et
Monodonta).
Les bouquets (Palaemon serratus) sont aussi des habitants des cuvettes.
Ces grandes crevettes sont assez difficiles à observer, car elles sont
transparentes, mis à part quelques taches et quelques lignes bleues et jaunes.
La roche toujours submergée (le fond des cuvettes, la zone des marées)
constitue la ceinture suivante. Elle est entièrement couverte par une couche
calcaire mauve, épaisse de I millimètre environ. C’est l'algue calcaire
encroûtante (Lithophyllum incrustons) qui précipite tant de calcaire dans ses
tissus quelle prend un aspect pierreux.
Le « trottoir »
de Lithophyllum
byssoides dans
la calanque
d’En Vau,
près de Cassis.
1Z
On fait le trottoir ?
Lithophyllum byssoides est une autre algue
rouge calcaire dont chaque thalle (c’est le
nom qu’on donne à l’appareil végétatif des
plantes inférieures) est hémisphérique et
hérissé de crêtes. Le long des côtes exposées,
ces plantes forment une excroissance minérale
à fleur d’eau, qu’on appelle «trottoir». Cette
concrétion peut atteindre un demi-mètre de
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