PLAGES ET CUVETTES
La taille de ces animaux varie du dixième de millimètre, pour les plus
petits, à 4 millimètres, pour les « géants ». La plupart mesurent I millimètre
environ, et peuvent être étudiés à l’aide d'une loupe. Celui qui met une
cuillerée à soupe de sable mouillé dans une assiette peut en découvrir une
multitude !
La première chose qui nous frappe, c’est que la plupart de ces animaux
sont allongés. Lexplication est simple : plus on est mince, plus il est aisé de
se frayer un chemin parmi les grains de sable. Malgré les apparences, il ne
s’agit pas uniquement de vers... On assiste ici à un phénomène appelé
convergence : pour faire face aux mêmes contraintes, des organismes
appartenant à des groupes très différents montrent une même adaptation.
Parmi ces animaux interstitiels on trouvera des protozoaires, des hydres,
des nématodes, des vers annélides, des crustacés et même des limaces.
Certains de ces animaux ont un corps aplati et sont dépourvus de pigment,
ce qui les rend quasiment transparents et difficilement visibles. Ces caractères
s’accompagnent en général d’une cécité totale : la plupart d’entre eux n’ont
pas d’yeux. D'ailleurs cela ne leur servirait pas à grand-chose : quelques
centimètres à peine sous la surface du sable, et c’est déjà l’obscurité totale.
Certains d’entre eux ont compensé cette perte par le développement de
poils sensoriels. Ceux qui vivent dans la zone du ressac présentent une
dernière adaptation : des organes de fixation avec lesquels ils adhèrent
aux grains de sable. Ils s'y cramponnent à l’aide de ventouses miniatures, de
disques minuscules, de filaments et même de la colle qu’ils sécrètent.
Leur nourriture est la matière organique en
provenance des restes que la mer rejette sur la
plage et qui s’y décomposent ou les myriades de
bactéries, de levures et de moisissures qui s’y
développent. Par ailleurs, dans le premier
centimètre (là où la lumière pénètre) se
développent des algues unicellulaires, dont la
concentration peut atteindre 20 000 cellules par
centimètre cube de sable ! Voilà donc le début
d'une chaîne alimentaire. Et dans l’obscur
labyrinthe de trous et de tunnels entre les grains
de sable, c'est tout un monde de science-fiction
où des monstres ancrés à l’aide de ventouses
sont à l'affût de leurs proies avec des palpeurs et
des pinces.
71
Alors que peu d’organismes arrivent à survivre
dans les conditions difficiles qui régnent
dans le supralittoral, sous la surface,
la roche est entièrement recouverte de toute
une flore et de la faune associée.
37
La taille de ces animaux varie du dixième de millimètre, pour les plus
petits, à 4 millimètres, pour les « géants ». La plupart mesurent I millimètre
environ, et peuvent être étudiés à l’aide d'une loupe. Celui qui met une
cuillerée à soupe de sable mouillé dans une assiette peut en découvrir une
multitude !
La première chose qui nous frappe, c’est que la plupart de ces animaux
sont allongés. Lexplication est simple : plus on est mince, plus il est aisé de
se frayer un chemin parmi les grains de sable. Malgré les apparences, il ne
s’agit pas uniquement de vers... On assiste ici à un phénomène appelé
convergence : pour faire face aux mêmes contraintes, des organismes
appartenant à des groupes très différents montrent une même adaptation.
Parmi ces animaux interstitiels on trouvera des protozoaires, des hydres,
des nématodes, des vers annélides, des crustacés et même des limaces.
Certains de ces animaux ont un corps aplati et sont dépourvus de pigment,
ce qui les rend quasiment transparents et difficilement visibles. Ces caractères
s’accompagnent en général d’une cécité totale : la plupart d’entre eux n’ont
pas d’yeux. D'ailleurs cela ne leur servirait pas à grand-chose : quelques
centimètres à peine sous la surface du sable, et c’est déjà l’obscurité totale.
Certains d’entre eux ont compensé cette perte par le développement de
poils sensoriels. Ceux qui vivent dans la zone du ressac présentent une
dernière adaptation : des organes de fixation avec lesquels ils adhèrent
aux grains de sable. Ils s'y cramponnent à l’aide de ventouses miniatures, de
disques minuscules, de filaments et même de la colle qu’ils sécrètent.
Leur nourriture est la matière organique en
provenance des restes que la mer rejette sur la
plage et qui s’y décomposent ou les myriades de
bactéries, de levures et de moisissures qui s’y
développent. Par ailleurs, dans le premier
centimètre (là où la lumière pénètre) se
développent des algues unicellulaires, dont la
concentration peut atteindre 20 000 cellules par
centimètre cube de sable ! Voilà donc le début
d'une chaîne alimentaire. Et dans l’obscur
labyrinthe de trous et de tunnels entre les grains
de sable, c'est tout un monde de science-fiction
où des monstres ancrés à l’aide de ventouses
sont à l'affût de leurs proies avec des palpeurs et
des pinces.
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Alors que peu d’organismes arrivent à survivre
dans les conditions difficiles qui régnent
dans le supralittoral, sous la surface,
la roche est entièrement recouverte de toute
une flore et de la faune associée.
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