Vous ne serez peut-être pas tenté de crier continuellement
dans votre embout : « Allez les vers ! ». Et pourtant, ce ne sont
pas les vers qui manquent, même si vous ne voyez pas la plupart
d’entre eux. Ils grouillent dans le sable, fourmillent dans les
trous, construisent des tubes souples et rigides, parasitent
oursins, crabes, poissons...
Pour l’homme de la rue, un ver est un animal mou et allongé. Si seulement
cela pouvait être si simple que cela... Sous la dénomination « ver » se
cachent, en effet, pour le zoologiste, une multitude d'animaux appartenant
à des groupes très différents. Essayons d'y voir clair ! Les « vers » se répartissent
dans plusieurs embranchements (ou phylums) différents : les plathe/minthes,
les némertiens, les priapuliens, les aschelminthes, les nématodes, les
nématomorphes, les sipunculiens, les échiuriens, les pogonophores, les annélides
et les hémichordés. Dans ce guide, seuls quelques groupes seront abordés.
On a déjà vu les plathelminthes (platyhelminthes) ou vers plats dans le
chapitre précédent. Les némertiens sont des animaux mous à section
arrondie ou aplatie et de forme très allongée. Ce sont donc de véritables
« vers ». Ils possèdent une trompe, un intestin qui parcourt tout le corps et
qui se termine par un anus. Leur corps est couvert de cils vibratiles. La taille
des quelque 60 espèces méditerranéennes peut varier de I à 80 cm ! Ils
se cachent surtout dans les trous du trottoir ou du coralligène, dans les
sédiments grossiers, sous les pierres, ou bien entre les algues et parmi les
rhizomes ou les mattes des posidonies. Et ils se cachent bien ! Vous devrez
vraiment chercher pour en trouver... Et ils sont extrêmement cassants.
Chaque morceau peut régénérer un ver entier. Les priapuliens sont des
animaux robustes et musclés pouvant atteindre 20 cm de longueur. Ils
vivent dans les fonds de vase, où ils ne sont pas abondants. Les sipunculiens
sont des animaux robustes également ( I à 40 cm), qui se cachent dans les
anfractuosités de la roche ou des algues calcaires, ou bien dans le sable.
Les échiuriens, dont la remarquable bonellie, sont représentés par quelques
espèces seulement en Méditerranée. Les annélides sont des vers dont le
corps est composé de plusieurs segments en forme d’anneau. Le ver de
terre ou la sangsue en font partie. Ce sont les vers que nous rencontrerons
le plus souvent, surtout ceux qui appartiennent à la classe des polychètes.
Ce sont des vers qui portent des poils très durs, les soies, sur chaque
segment. Il faut distinguer les polychètes errants, qui bougent activement,
comme par exemple les néréis, et les polychètes sédentaires qui vivent dans
des tubes, comme le spirographe. Ce sont surtout les vers polychètes qui
sont illustrés dans ce livre. Les hémichordés, enfin, comprennent les
balanoglosses et d'autres vers semblables, avec un organe en forme de
gland avec lequel ils creusent dans le sédiment. Et c’est là que vous devrez
creuser à votre tour si vous voulez vraiment en voir! Un autre groupe
d’hémichordés, les pogonophores, ne se rencontre en général qu'à grande
profondeur, en particulier près des résurgences chaudes des rifts océaniques.
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