Les argiles qui s'expriment essentiellement sous forme de smectite, constituent 70 à 80 %
pondéral de la fraction 0/10 pm, soit environ 35 à 40 % de ces sédiments. L'illite, la kaolinite et
la chlorite sont présentes également, en trace. Par ailleurs, cette caractérisation de la fraction
phylliteuse montre aussi sa présence en trace sur les particules grenues. Ce résultat traduit
vraisemblablement un enrobage de ces dernières par une pellicule argileuse. Globalement, ces
analyses minérales conduisent à des résultats très proches de ceux obtenus sur le sédiment Cl.
IV.2.3.2 Sédiments d’estuaire PI et P2
Conformément à l'analyse chimique, les carbonates sont les principaux constituants des
sédiments d'estuaire (50 %). Ils s'expriment essentiellement sous forme de calcite. On note
toutefois la présence de dolomite (plus faible). Contrairement aux sédiments de canaux, le
quartz est ici peu important (5 à 10 %). Enfin, la présence d'environ 5 % d'Halite (NaCl) sur
ces deux sédiments, rappelle leur origine estuarienne.
Sur le sédiment PI, on distingue nettement la présence de sulfure de fer (pyrite), traduisant un
milieu typiquement réducteur. Ce minéral n'a pas été observé dans le sédiment P2. Par contre,
de même que pour les sédiments de canaux, ce dernier matériau contient près de 10 % de
gibbsite et 5 % de feldspath potassique (microcline).
Enfin, la fraction phylliteuse des sédiments d'estuaires est assez faible. Elle représente de 20 à
25 % pondéral, et se traduit par la présence de mica/illite (40 %), de kaolinite (30 %), de
chlorite (15 %) et de smectite (10 %). Ce dernier minéral est cette fois-ci peu important par
rapport aux sédiments de canaux étudiés dans le cadre de cette étude.
IV.2.3.3 Conclusion
Ces critères minéralogiques permettent de distinguer deux types de sédiments. Les sédiments
de canaux sont constitués d'une forte proportion de quartz, tandis que les sédiments d'estuaires
se différencient par une matrice essentiellement carbonatée. Les origines géographiques bien
distinctes de ces matériaux expliquent à elles seules ces différences de constitution. Elles
permettent également d'expliquer la densité élevée mesurée sur le sédiment portuaire PI, riche
en carbonate de densité supérieure à 2.9. Cet argument n'est pas suffisant toutefois pour P2,
car la présence de ces minéraux est compensée par une teneur en matière organique plus forte.
Par ailleurs, cette étape de caractérisation apporte deux indices importants, qui permettent de
privilégier quelques présomptions concernant les porteurs métalliques. D'une part, la présence
d argile dans les tranches granulométriques silteuses et sableuses des sédiments de canaux étaye
1 hypothèse d une contamination des fractions grenues par un enrobage de fines polluées.
1) autre part, la détermination de la pyrite dans le sédiment d'estuaire PI par diffractométrie des
rayons X, implique la présente importante de ce minéral (quelques pour-cent). Or, ce sulfure
de fer est souvent associé à d autres sulfures, bien exprimés et souvent riches en métaux (milieu
réducteur) Pour les mettre en évidence (s'ils existent) et déterminer leur rôle vis-à-vis des
métaux, d'autres outils analytiques sont nécessaires. Ce travail fait l'objet de la suite de l'étude.
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