ÜI.3.3.2 Résultats
IIL3.3.2.1 Eau de percolation
Les eaux de percolation de chacune des deux colonnes ont des pH compris entre 8.1 et 8.2
Leur analyse est effectuée selon la même méthode que les effluents de lixiviation dynamique
(cf. in.3.1.2). Les teneurs des principaux métaux (annexe 18) sont comparées aux critères
d'appréciation globale de la qualité de l'eau des rivières (DEGREMONT, 1989). Les teneurs
prises pour référence (classe 3) correspondent au seuil théorique qui distingue une eau de
qualité "médiocre", juste apte à l'irrigation, au refroidissement et à la navigation, et une eau
inapte à la plupart des usages et pouvant constituer une menace pour la santé publique et
l'environnement. Par ailleurs, les concentrations métalliques mesurées ont permis de déterminer
pour chaque élément et pour chaque colonne, un facteur d'enrichissement de l'eau, rapport
entre les teneurs en début et en fin d'essai. Il traduit la mobilité des éléments dans le temps.
Une première observation montre que pour la majorité des éléments, les facteurs
d'enrichissement calculés sur les deux colonnes sont très proches. Cela montre la cohérence des
résultats obtenus, à l'exception du fer dont le comportement est très variable. Les éléments les
plus mobiles sont le manganèse, le zinc et le cadmium. Ce résultat est redondant avec les essais
de lixiviation dynamique. Le passage en solution de ces trois éléments est particulièrement
marqué, avec des teneurs dissoutes au cours des 10 derniers mois, supérieures de 30 à 50 fois
aux teneurs initiales. D'autres éléments sont relargués dans des proportions plus faibles. C'est le
cas du plomb, du cobalt et du calcium. Les facteurs d'enrichissement de ces éléments atteignent
en moyenne des coefficients de 3 à 4 unités. Les teneurs des autres métaux évoluent peu.
Par ailleurs, pour les éléments les plus mobiles (Mn, Cd et Zn), l'eau de percolation de la
grande colonne est deux à trois fois plus riche en métaux que l'eau de la petite colonne. La
distance de percolation, c'est à dire l'épaisseur de sédiment traversé, influe donc nettement sur
les concentrations en métaux du lixiviat.
En comparant les teneurs en métaux des eaux de percolation aux critères d'appréciation globale
de la qualité de l'eau des rivières, on constate que la contamination métallique est excessive
pour le cadmium (100 fois la référence). Pour les autres métaux dissous, la référence est
généralement dépassée, dans des proportions plus faibles toutefois. L eau de lixiviation de ces
sédiments représente donc une menace pour la santé publique et 1 environnement. Ainsi, si une
mise en régalage de ce produit est peu envisageable, une mise en dépôt nécessite des
précautions vis-à-vis de la diffusion des polluants.
III.3.3.2.2 Matrice solide
Pour compléter ces résultats et déterminer une éventuelle migration des polluants dans la
matrice, des échantillons de boue ont été prélevés en fin d essai à différents niveaux de la
colonne puis analysés par fluorescence X. Les valeurs obtenues sont présentées dans 1 annexe
19. Les teneurs métalliques des différentes sections ne montrent pas de gradation nette. En fait,
les variations restent trop faibles pour qu'il soit possible de les confirmer, notamment en raison
de la précision des mesures. Par ailleurs, ces éventuelles variations de teneurs peuvent avoir
pour origine des déplacements de particules plus ou moins grenues et riches en métaux. Cette
hypothèse est largement étayée par des teneurs métalliques en haut de colonne supérieure aux
teneurs initiales, qui ne peuvent s'expliquer autrement que par des migrations de particules peu
ou pas polluées.
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