Globalement, les fractions densimétriques lourdes et légères représentent des proportions
massiques faibles (quelques grammes tout au plus). Leur caractérisation est donc délicate.
Pourtant, l'intérêt qu'elles représentent dans la suite de 1 étude, justifie amplement leur
caractérisation. La fraction 20/40 pm trop petite et parmi les moins contaminées n'a pas pu être
analysée. Les autres fractions ont été regroupées deux par deux par tranches granulométriques,
en conservant les trois fractions densimétriques. Les analyses qui suivent portent donc sur les
fractions lourdes, intermédiaires et légères des fractions granulométriques 40/125 et
125/500 pm. Elles représentent 40 % de la boue brute.
Analyses chimiques :
Compte tenu des faibles masses de certaines fractions, les analyses chimiques ont été réalisées
par ICP. Un quartage préalable a permis de conserver une souche de chaque échantillon.
Celles-ci ont été utilisées par la suite pour mener d'autres travaux de caractérisation. Les bilans
des analyses des fractions 40/125 et 125/500 pm sont présentés dans l'annexe 11.
De la même façon que pour les bilans des analyses granulochimiques, la teneur reconstituée de
chaque élément a été calculée et comparée à la teneur de la tranche entière. A l'exception de
quelques éléments, les écarts entre les teneurs analysées et reconstituées sont faibles. Ainsi, il
est possible de déterminer la localisation densimétrique des métaux.
L'analyse de la tranche 125/500 pm montre qu'une forte proportion de métaux est présente sur
la fraction dense. Cette dernière qui représente moins de 5 % de la masse, contient en effet
86 % du plomb. Les distributions du cadmium et du zinc sont plus nuancées, avec
respectivement 52 % et 37 % de ces métaux sur cette tranche. Les teneurs des fractions
intermédiaires et légères sont nettement réduites. Elles sont par ailleurs très proches entre elles.
L'analyse de la tranche 40/125 pm conduit à des résultats qui présentent les mêmes tendances,
mais moins marquées. Ainsi, la fraction dense qui représente moins de 2 % de la masse,
contient 77 % du plomb, 29 % du cadmium et 25 % du zinc. On note aussi une accentuation
des teneurs métalliques sur la fraction légère par rapport à la fraction intermédiaire, notamment
pour le zinc. Cette tendance est moins évidente sur la fraction 125/500 pm.
A partir de ces deux bilans, l'étude de la répartition métallique en fonction des fractions
densimétriques montre que d'autres métaux présentent des distributions très proches de celles
rencontrées pour les trois principaux polluants. Trois familles métalliques peuvent ainsi être
dénombrées. La première, représentée par le plomb et l'argent, se distingue par des
concentrations métalliques très fortes sur la fraction dense (75 à 85 %). La seconde concerne
une majorité de métaux. Elle caractérise la distribution du zinc, du cadmium, du cuivre, de
l'étain et de l'antimoine, avec des concentrations métalliques variant de 25 à 50 % sur la
fraction dense. Le chrome, le nickel et le fer appartiennent à la dernière famille. Leur
concentration sur la fraction dense est peu marquée.
Ces analogies de distribution entre éléments traduisent de réelles affinités. Ainsi, on peut
supposer que les porteurs métalliques sont identiques pour chacune de ces familles. P^
ailleurs, ces travaux montrent que des essais de séparation gravimétrique peuvent s'avérer
efficaces, notamment pour le plomb. Néanmoins, on constate que malgré des diminutions
significatives, les teneurs des fractions légères et intermédiaires restent encore assez fortes. La
presence d autres porteurs métalliques sur ces fractions n'est donc pas négligeable. Ainsi, on
peut déduire de ces résultats que les porteurs métalliques sont probablement nombreux. La
suite de l'étude va consister à déterminer sous quelles formes ils s'expriment.
100
Précédent

- 101/342

Suivant