(
VARIABILITÉ DE LA
CROISSANCE DE L'OURSIN
PARACENTROTUS LIVIDUS
(LMK)
DE LA RÉGION D'ALGER
(ALGÉRIE)
des Sciences Exactes, de la Nature e
Université Abelhamid Ibn Badis-Mostage
rue Hocine Hamadou, 27000, Mostagane
(2) Laboratoire de Biologie et d'
Phytobenthos, 54-Staoueli-Wilaya de Tip
(3) Laboratoire des Sciences de l'Er
Marin, IUEM, Plouzané 29280 France.
*Auteur correspondant : soualilid@yahoi
Résumé
L’estimation de la qualité des eaux côtières marines
algéroises à travers le bioindicateur : l’oursin livide
Paracentrotus lividus (LmK) semble probant dans sa
phase larvaire et post- métamorphique. Ce qui n’est pas
toujours le cas dans sa phase juvénile et adulte. Dans
ce présent travail, on a donc recherché, en analysant
les traits de vie de trois populations d’oursins (issues de
trois localités différentes de la côte algéroise), les effets
directs de la contamination métallique. Les résultats ont
montré que seule la longueur et la finesse des piquants
des individus de Paracentrotus lividus, vivant dans la
station la moins polluée (Sidi Fredj), isole cette dernière
par rapport aux deux autres stations localisées dans la
baie d’Alger (Alger Plage et Tamentfoust). Cependant,
ces différences de traits de vie entre les populations de
Paracentrotus lividus, semblent être liées à la variabilité
des facteurs environnementaux. Dans le site de Sidi
Fredj, la richesse trophique du milieu et la meilleure santé
des oursins se traduisent par des piquants plus longs et
fins. L’hydrodynamisme et le substrat meuble entraînent
un aplatissement du test permettant une meilleure
adhérence. La station d’Alger Plage apparaît plus riche
en matière organique (taux relativement élevée de la
fraction fine du sédiment). L’absorption de cette richesse
organique pourrait profiter à la croissance somatique, où
les oursins de ce site présentent une taille plus importante
pour un même nombre d’hivers observés.
Mots clés: Paracentrotuslividus, métaux lourds, sédiment,
population naturelle, croissance, allométrie.
Introduction
En Algérie, l’espace littoral, connaît une forte occupation
par rapport au reste du territoire. Il fait partie des 34 points
chauds de la biodiversité mondiale (Nateche, 2005). Cette
présente étude se propose de contribuer, à travers l’oursin
Paracentrotus lividus, l’évaluation de la qualité des eaux de
la baie d’Alger où les sources de pollution sont variées et
proviennent des activités urbaines (eaux usées), agricoles
(pesticides), industrielles [hydrocarbures aromatiques
(HPAs) et composés organochlorés (PCBs)], militaires et
de loisir (métaux lourds, peintures antifouling...) (Rapport
d’Aménagement Côtier, PAC, 2006).
L’oursin Paracentrotus lividus nous est apparu comme
un bon outil pour évaluer la qualité des eaux côtières
algéroises pour différentes raisons:
l’oursin est reconnu mondialement comme un
bon indicateur de la santé du milieu marin et un
bioaccumulateur (EPA, 1988; Chapman étal., 1992) ;
le bioessai et le développement embryonnaire chez
l’oursin est bien quantifié (Kobayashi, 1991 ; Pagano
étal., 1988) ;
Paracentrotus lividus
tient un rôle clé dans
l’écosystème méditerranéen (herbier de Posidonies
notamment) (Boudouresque et Verlaque, 2001) et
dans la baie d’Alger en particulier (Semroud, 1993) ;
et enfin son rôle dans l’évaluation de la pollution
métallique a été mis en évidence (Warnau et al., 1996;
Quiniou et al., 1999; Guillou étal., 2000; Bayed étal.,
2005).
L’analyse est basée sur l’utilisation de l’oursin
Paracentrotus lividus en tant que bioaccumulateur de
métaux lourds et des traits biologiques et écologiques des
populations naturelles de cet oursin. Ceci doit permettre
de définir d’une part les différences entre les populations
et d’autres part de déterminer de possibles adaptations
ou modifications de comportements de cette espèce en
fonction des variations de l’environnement et enfin de
conforter l’utilisation de l’oursin Paracentrotus lividus
comme outil d’évaluation de la qualité des eaux de la
région d’Alger. Dans la baie d’Alger, deux populations
d’oursins ont été choisies dans les sites d’Alger Plage et
de Tamentfoust, qui sont potentiellement soumis à des
rejets non traités d’origine anthropique et industrielle.
Une troisième population est suivie hors de la baie plus
exactement à Sidi Fredj (Baie d’EI Djemila).
1. Matériefet méthodes
1.1. Les stations étudiées
Trois sites ont été choisis à proximité de la capitale
algérienne : les stations d’Alger Plage et de Tamentfoust
sont situées dans la baie d’Alger, soumises à une pollution
industrielle chronique (cimenterie, usines chimiques)
et à des pollutions pétrolières. Le site de Sidi Fredj, est
situé à l’extérieur de la baie d’Alger dans la baie d’EI
Djamila moins soumise aux rejets anthropiques. Le choix
de ces sites tient compte de différences de localisation
géographique, d’urbanisation du littoral et de conditions
hydrodynamiques. Les prélèvements ont été effectués
par plongée en scaphandre autonome en zone subtidale
a une de profondeur de 3 m (Figure 1).
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