EVALUATION DU NIVEAU
D'EXPLOITATION DU STOCK
de SPICARA MAENA (POISSON,
CENTRACANTHIDAE) DANS LA
RÉGION CENTRE DE L'ALGÉRIE
Résumé
Le présent travail constitue une première tentative de
l’application d’un modèle analytique sur le stock des
Spicara en particulier Spicara maena (Linné, 1758)
capturée au chalut, le long des côtes de la région centre
de l’Algérie et débarquée à la poissonnerie d’Alger. Il est
basé sur une analyse du rendement par recrue (Y/R) en
appliquant, sur les données de capture de l’espèce le
logiciel “FISAT II” pour Windows. Quelques paramètres
d’exploitation tels que les mortalités, les tailles
de
recrutement et de sélection sont calculés et intégrés à
d’autres paramètres notamment ceux de la croissance
dans un modèle prévisionnel d’évaluation. Si le rendement
relatif actuel (Y7R) est de 0.07g, la biomasse relative
actuelle (B7R) est de 0.309g par recrue. La production
de l’espèce augmente lorsque l’effort de pêche croît et
que l’âge à la première capture augmente, mais cette
augmentation est atteinte dès le point de coordonnées
(E = 0.6, Le/ L°° = 0.65) environ, et il est inutile d’aller
au-delà de ces valeurs puisque la prise par unité d’effort
reste constante puis diminue à nouveau. La production
maximale (MSY), en terme de rendement par recrue, peut
être atteinte en multipliant respectivement E et Le/ L°° par
les coefficients 1.28 et 1.47.
Mots clés: Poisson, Centracanthidae, Croissance,
Exploitation, Algérie
Introduction
Si la majeure partie du littoral national contribue à
l’alimentation de la pêcherie d’Alger, approximativement
la moitié des mises à terre provient de la région algéroise,
l’autre partie provient du reste de la côte en particulier
celle de l’Ouest du pays. Parmi les familles de poissons
qui ont fait le moins l’objet d’études, on peut citer les
Centracanthidés. Les données relatives à la biologie
et à l’écologie de ce groupe d’animaux sont souvent
incomplètes et ne portent que sur de faibles effectifs.
Les travaux s’y rapportant restent fragmentaires et
anciens ; on peut citer par exemple, ceux de Zei (1941)
sur la biologie de Spicara maena en Adriatique. Au niveau
du bassin méditerranéen, quelques informations sont
fournies en Espagne par Lozano Cabo en 1951 et par
Lamas (1979), en Tunisie par Sellami et Bruslé (1979) et
par Hattour et al. en 1985. Mytilineou en 1988 contribue
à la connaissance de la sexualité de Spicara flexuosa sur
les côtes grecques. Ces poissons sont pourtant largement
pêchés, malgré leur peu d’intérêt économique.
Il faut signaler cependant que leur chair est peu appréciée
par le consommateur mais elle peut, comme dans certains
pays, faire l’objet de transformation en farine. Spicara
maena est un perciforme appelé communément “Mendole”
en France et “Tchoucla” en Algérie, est de petite taille, à
fréquence de pêche généralement commune et formant
des bancs importants au moment du frai printanier selon
Miniconi (1994), dans son catalogue sur les poissons et
la pêche en Méditerranée. Les pêches effectuées par le
navire océanographique “Thalassa” en 1982, le signale
tout le long du littoral algérien.
Après une détermination des paramètres de croissance
selon une analyse des structures de taille, les indices
d’exploitation (mortalités, taux d’exploitation, taille de
recrutement et de sélection) sont estimés. A l’aide du
logiciel “FISAT II” (version 1.1.2, Gayanilo et al., 2002)
une approche analytique de l’exploitation est entreprise.
1. Matériel et méthodes
L’analyse des structures de taille est particulièrement
utilisée, elle est rapide et permet d’obtenir une estimation
des paramètres de l’équation de croissance de Von
Bertalanffy, L¥, K et t0 uniquement à partir des distributions
de fréquence de taille des captures, les échantillons traités
proviennent des captures chalutières. Pour la mortalité
total (Z), il ressort de notre recherche bibliographique de
nombreuses méthodes pour apprécier ce coefficient; nous
en avons utilisé cinq: méthode de Powell-Wetherall (1984,
in CGPM, 1985), Jones (1983), Pauly (1984 a in Hémida,
1987), Beverton et Holt (1956, in FISAT II, Gayanilo et al.,
2002), Ault et Ehrahrdt (1991, in FISAT II, Gayanilo et al.,
2002).
Dans les études de stocks de poisson, la mortalité
naturelle (M) est le paramètre le plus difficile à évaluer
(Gayanilo et al., 2002). Pour son estimation, différentes
méthodes basées sur des équations empiriques existent :
Taylor (1959), Rikhter et Efanov (1976), Algaraja (1984),
Pauly (1980), Longhurst et Pauly (1987, in Stergiou et
Papaconstantinou, 1993) et Djabali et al., (1993). Nous
avons utilisé la première approximation et les trois dernières
qui tiennent compte des paramètres de croissance de
l’espèce étudiée et de la température moyenne des eaux
fréquentées par le poisson au moment de sa capture.
Connaissant les valeurs de Z et M, la détermination du
coefficient de mortalité par pêche (F) s’effectue à partir de
la relation :
F = Z - M. Le taux d’exploitation est définit par Pauly
(1984) comme étant la quantité : E = F / Z. Le graphique du
recrutement présente un point particulier, l’ordonnée 50%
(pourcentage de capture calculé à partir de la distribution
de fréquence de taille des plus jeunes individus),
correspondant à l’abscisse Lr pour laquelle la moitié des
individus est recrutée. L’âge moyen de recrutement (tr)
est déduit de nos résultats sur la croissance à partir de
l’équation de Von Bertalanffy.
De même, la courbe de sélection revêt l’allure d’une
courbe sigmoïde du pourcentage de poissons retenus
en fonction des centres de classe. Le graphique de la
sélection présente un point particulier (ordonnée 50%),
D'EXPLOITATION DU STOCK
de SPICARA MAENA (POISSON,
CENTRACANTHIDAE) DANS LA
RÉGION CENTRE DE L'ALGÉRIE
Résumé
Le présent travail constitue une première tentative de
l’application d’un modèle analytique sur le stock des
Spicara en particulier Spicara maena (Linné, 1758)
capturée au chalut, le long des côtes de la région centre
de l’Algérie et débarquée à la poissonnerie d’Alger. Il est
basé sur une analyse du rendement par recrue (Y/R) en
appliquant, sur les données de capture de l’espèce le
logiciel “FISAT II” pour Windows. Quelques paramètres
d’exploitation tels que les mortalités, les tailles
de
recrutement et de sélection sont calculés et intégrés à
d’autres paramètres notamment ceux de la croissance
dans un modèle prévisionnel d’évaluation. Si le rendement
relatif actuel (Y7R) est de 0.07g, la biomasse relative
actuelle (B7R) est de 0.309g par recrue. La production
de l’espèce augmente lorsque l’effort de pêche croît et
que l’âge à la première capture augmente, mais cette
augmentation est atteinte dès le point de coordonnées
(E = 0.6, Le/ L°° = 0.65) environ, et il est inutile d’aller
au-delà de ces valeurs puisque la prise par unité d’effort
reste constante puis diminue à nouveau. La production
maximale (MSY), en terme de rendement par recrue, peut
être atteinte en multipliant respectivement E et Le/ L°° par
les coefficients 1.28 et 1.47.
Mots clés: Poisson, Centracanthidae, Croissance,
Exploitation, Algérie
Introduction
Si la majeure partie du littoral national contribue à
l’alimentation de la pêcherie d’Alger, approximativement
la moitié des mises à terre provient de la région algéroise,
l’autre partie provient du reste de la côte en particulier
celle de l’Ouest du pays. Parmi les familles de poissons
qui ont fait le moins l’objet d’études, on peut citer les
Centracanthidés. Les données relatives à la biologie
et à l’écologie de ce groupe d’animaux sont souvent
incomplètes et ne portent que sur de faibles effectifs.
Les travaux s’y rapportant restent fragmentaires et
anciens ; on peut citer par exemple, ceux de Zei (1941)
sur la biologie de Spicara maena en Adriatique. Au niveau
du bassin méditerranéen, quelques informations sont
fournies en Espagne par Lozano Cabo en 1951 et par
Lamas (1979), en Tunisie par Sellami et Bruslé (1979) et
par Hattour et al. en 1985. Mytilineou en 1988 contribue
à la connaissance de la sexualité de Spicara flexuosa sur
les côtes grecques. Ces poissons sont pourtant largement
pêchés, malgré leur peu d’intérêt économique.
Il faut signaler cependant que leur chair est peu appréciée
par le consommateur mais elle peut, comme dans certains
pays, faire l’objet de transformation en farine. Spicara
maena est un perciforme appelé communément “Mendole”
en France et “Tchoucla” en Algérie, est de petite taille, à
fréquence de pêche généralement commune et formant
des bancs importants au moment du frai printanier selon
Miniconi (1994), dans son catalogue sur les poissons et
la pêche en Méditerranée. Les pêches effectuées par le
navire océanographique “Thalassa” en 1982, le signale
tout le long du littoral algérien.
Après une détermination des paramètres de croissance
selon une analyse des structures de taille, les indices
d’exploitation (mortalités, taux d’exploitation, taille de
recrutement et de sélection) sont estimés. A l’aide du
logiciel “FISAT II” (version 1.1.2, Gayanilo et al., 2002)
une approche analytique de l’exploitation est entreprise.
1. Matériel et méthodes
L’analyse des structures de taille est particulièrement
utilisée, elle est rapide et permet d’obtenir une estimation
des paramètres de l’équation de croissance de Von
Bertalanffy, L¥, K et t0 uniquement à partir des distributions
de fréquence de taille des captures, les échantillons traités
proviennent des captures chalutières. Pour la mortalité
total (Z), il ressort de notre recherche bibliographique de
nombreuses méthodes pour apprécier ce coefficient; nous
en avons utilisé cinq: méthode de Powell-Wetherall (1984,
in CGPM, 1985), Jones (1983), Pauly (1984 a in Hémida,
1987), Beverton et Holt (1956, in FISAT II, Gayanilo et al.,
2002), Ault et Ehrahrdt (1991, in FISAT II, Gayanilo et al.,
2002).
Dans les études de stocks de poisson, la mortalité
naturelle (M) est le paramètre le plus difficile à évaluer
(Gayanilo et al., 2002). Pour son estimation, différentes
méthodes basées sur des équations empiriques existent :
Taylor (1959), Rikhter et Efanov (1976), Algaraja (1984),
Pauly (1980), Longhurst et Pauly (1987, in Stergiou et
Papaconstantinou, 1993) et Djabali et al., (1993). Nous
avons utilisé la première approximation et les trois dernières
qui tiennent compte des paramètres de croissance de
l’espèce étudiée et de la température moyenne des eaux
fréquentées par le poisson au moment de sa capture.
Connaissant les valeurs de Z et M, la détermination du
coefficient de mortalité par pêche (F) s’effectue à partir de
la relation :
F = Z - M. Le taux d’exploitation est définit par Pauly
(1984) comme étant la quantité : E = F / Z. Le graphique du
recrutement présente un point particulier, l’ordonnée 50%
(pourcentage de capture calculé à partir de la distribution
de fréquence de taille des plus jeunes individus),
correspondant à l’abscisse Lr pour laquelle la moitié des
individus est recrutée. L’âge moyen de recrutement (tr)
est déduit de nos résultats sur la croissance à partir de
l’équation de Von Bertalanffy.
De même, la courbe de sélection revêt l’allure d’une
courbe sigmoïde du pourcentage de poissons retenus
en fonction des centres de classe. Le graphique de la
sélection présente un point particulier (ordonnée 50%),
