LES POISSONS DES FONDS
CHALUTABLES DU SECTEUR
ORIENTAL DE LA CÔTE
ALGÉRIENNE
(BÉJAÏA - JIJEL - SKIKDA -
ANNABA - EL KALA)
Résumé
Cet inventaire est une synthèse des travaux antérieurs
et des observations originales réalisées sur la faune
ichtyologique du secteur oriental de la côte algérienne,
il a permis de recenser 302 espèces soit 1 Agnatha, 52
Chondrichthyes et 249 d’Osteichthyes.
Mots clés
Poissons - Fonds chalutables - secteur
oriental - Algérie.
Introduction
L’impact sur la biodiversité marine des phénomènes
naturels et de l’activité humaine se fait et se fera ressentir
vivement dans les océans et les mers régionales, où le
changement climatique, les catastrophes naturelles, le
trafic maritime, la pollution marine et l’urbanisation de la
frange côtière portent des coups sévères à la plupart des
écosystèmes côtiers par la disparition de certains gènes,
espèces et écosystèmes (Sax et Gaines, 2003).
Ces grands problèmes de la diversité biologique peuvent
s’aggraver rapidement et considérablement sous l’effet
cumulatif de phénomènes naturels et anthropiques dans
les écosystèmes marins. Or il est presque impossible
d’évaluer l’ampleur et les effets de ces modifications tant
qu’on ne connaît pas les mécanismes et les processus
régissant la biodiversité marine (Angel, 1993). A l’inverse,
la connaissance de la biodiversité marine par l’étude de
l’assemblage des gènes, des individus, des espèces, des
populations, des peuplements, des communautés ou des
écosystèmes marins, qui sont présents dans des régions
géographiques déterminées, permettra de comprendre la
structure et le fonctionnement des écosystèmes marins
(Martin et McKay, 2004).
Dans ce cadre, l’étude des peuplements ichtyologiques
Peut être considérée comme une approche importante
pour proposer un modèle de gestion d’une zone marine
(Whitfield et Elliott, 2002). Ce présent article s’intégre dans
cette thématique en réalisant : « un inventaire faunistique
des peuplements ichtyologiques fréquentant les fonds
chalutables du secteur oriental de la côte algérienne ».
1. Matériel et méthodes
Le secteur oriental de la côte algérienne s’étend de
Cap Segleb (36°56’45”N - 8°36’57”E) à Cap Carbon
(36°46’36”N - 5°06’27”E), il regroupe la région d’EI Kala,
le golfe d’Annaba, le golfe de Skikda, la baie de Jijel et
le golfe de Béjaïa. Les résultats présentés sont des
observations réalisées régulièrement entre 2005 et 2007
lors de campagnes de pêche réalisées à bord de chalutiers
professionnels par le recensement des poissons.
2. Résultats et discussion
Les inventaires ichtyologiques réalisés, à partir des
campagnes de pêche réalisées sur des chalutiers
professionnels et de l’exploitation des résultats des
campagnes des navires océanographiques de la Tanche
(Le Danois, 1924), du Président Théodore Tessier (Maurin,
1968), de la Thalassa (ISTPM, 1982) et du Vizconde de
Eza (Massuti et al., 2003 et 2004), ont permis de recenser
233 espèces soit 37 Chondrichthyes et 196 Osteichthyes.
Refes et al. (2010) ont recensé, en plus des espèces
inventoriées sur les fonds chalutables du secteur oriental,
en prenant en compte l’ensemble des espèces récoltées
par différents engins de pêche ou observées sur les fonds
rocheux et accidentés : 1 Agnatha, 52 Chondrichthyes et
249 Osteichthyes soit un total de 302 espèces.
Cette diversité ichtyologique du secteur oriental de la
côte algérienne est importante comparée aux travaux
d’inventaires ichtyologiques méditerranéens (Kallianiotis
et al., 2000 ; Ungaro et Marano, 2001 ; Biagi et al., 2002 ;
Mercader et al., 2003 ; Bradaï et al., 2004).
578 espèces ont été reconnues pour la Méditerranée
occidentale, l’ichtyofaune de la côte algérienne ne
comprend que 422 espèces et celle du secteur oriental
de la côte algérienne que 302 espèces, il est permis de
penser que cette différence ne traduit pas exactement
la réalité. Des investigations systématiques permettront
d’identifier de nouvelles espèces pour la côte algérienne
et particulièrement pour le secteur oriental.
La faune ichtyologique des fonds chalutables du secteur
oriental de la côte algérienne est caractérisée par une
dominance des espèces appartenant à la faune à affinité
chaude de la région atlanto-méditerranéennes, qui
est liée au réchauffement des eaux en Méditerranée
(Francour et al., 1994). Par contre, les espèces à
affinité froide sont faiblement représentées. A l’avenir,
quel sera l’impact de ces changements sur la diversité
spécifique ? Est ce qu’ils seront suffisamment fort pour
que les peuplements ichtyologiques soient modifiés ? En
effet, schématiquement, plus la réduction d’un habitat est
importante et plus les espèces spécifiques à cet habitat
sont menacées (Attrill et Power, 2002). On assistera à
l’avenir à une réorganisation prononcée des écosystèmes
avec des rencontres entre espèces qui n’étaient pas
auparavant en contact, qui entraînera des compétitions
pour l’utilisation des ressources disponibles entre espèces
actuellement interdépendantes (Klingler, 2007).
La classification ascendante hiérarchique (CAH) a permis
de mettre en évidence l’évolution spatio-temporelle des
CHALUTABLES DU SECTEUR
ORIENTAL DE LA CÔTE
ALGÉRIENNE
(BÉJAÏA - JIJEL - SKIKDA -
ANNABA - EL KALA)
Résumé
Cet inventaire est une synthèse des travaux antérieurs
et des observations originales réalisées sur la faune
ichtyologique du secteur oriental de la côte algérienne,
il a permis de recenser 302 espèces soit 1 Agnatha, 52
Chondrichthyes et 249 d’Osteichthyes.
Mots clés
Poissons - Fonds chalutables - secteur
oriental - Algérie.
Introduction
L’impact sur la biodiversité marine des phénomènes
naturels et de l’activité humaine se fait et se fera ressentir
vivement dans les océans et les mers régionales, où le
changement climatique, les catastrophes naturelles, le
trafic maritime, la pollution marine et l’urbanisation de la
frange côtière portent des coups sévères à la plupart des
écosystèmes côtiers par la disparition de certains gènes,
espèces et écosystèmes (Sax et Gaines, 2003).
Ces grands problèmes de la diversité biologique peuvent
s’aggraver rapidement et considérablement sous l’effet
cumulatif de phénomènes naturels et anthropiques dans
les écosystèmes marins. Or il est presque impossible
d’évaluer l’ampleur et les effets de ces modifications tant
qu’on ne connaît pas les mécanismes et les processus
régissant la biodiversité marine (Angel, 1993). A l’inverse,
la connaissance de la biodiversité marine par l’étude de
l’assemblage des gènes, des individus, des espèces, des
populations, des peuplements, des communautés ou des
écosystèmes marins, qui sont présents dans des régions
géographiques déterminées, permettra de comprendre la
structure et le fonctionnement des écosystèmes marins
(Martin et McKay, 2004).
Dans ce cadre, l’étude des peuplements ichtyologiques
Peut être considérée comme une approche importante
pour proposer un modèle de gestion d’une zone marine
(Whitfield et Elliott, 2002). Ce présent article s’intégre dans
cette thématique en réalisant : « un inventaire faunistique
des peuplements ichtyologiques fréquentant les fonds
chalutables du secteur oriental de la côte algérienne ».
1. Matériel et méthodes
Le secteur oriental de la côte algérienne s’étend de
Cap Segleb (36°56’45”N - 8°36’57”E) à Cap Carbon
(36°46’36”N - 5°06’27”E), il regroupe la région d’EI Kala,
le golfe d’Annaba, le golfe de Skikda, la baie de Jijel et
le golfe de Béjaïa. Les résultats présentés sont des
observations réalisées régulièrement entre 2005 et 2007
lors de campagnes de pêche réalisées à bord de chalutiers
professionnels par le recensement des poissons.
2. Résultats et discussion
Les inventaires ichtyologiques réalisés, à partir des
campagnes de pêche réalisées sur des chalutiers
professionnels et de l’exploitation des résultats des
campagnes des navires océanographiques de la Tanche
(Le Danois, 1924), du Président Théodore Tessier (Maurin,
1968), de la Thalassa (ISTPM, 1982) et du Vizconde de
Eza (Massuti et al., 2003 et 2004), ont permis de recenser
233 espèces soit 37 Chondrichthyes et 196 Osteichthyes.
Refes et al. (2010) ont recensé, en plus des espèces
inventoriées sur les fonds chalutables du secteur oriental,
en prenant en compte l’ensemble des espèces récoltées
par différents engins de pêche ou observées sur les fonds
rocheux et accidentés : 1 Agnatha, 52 Chondrichthyes et
249 Osteichthyes soit un total de 302 espèces.
Cette diversité ichtyologique du secteur oriental de la
côte algérienne est importante comparée aux travaux
d’inventaires ichtyologiques méditerranéens (Kallianiotis
et al., 2000 ; Ungaro et Marano, 2001 ; Biagi et al., 2002 ;
Mercader et al., 2003 ; Bradaï et al., 2004).
578 espèces ont été reconnues pour la Méditerranée
occidentale, l’ichtyofaune de la côte algérienne ne
comprend que 422 espèces et celle du secteur oriental
de la côte algérienne que 302 espèces, il est permis de
penser que cette différence ne traduit pas exactement
la réalité. Des investigations systématiques permettront
d’identifier de nouvelles espèces pour la côte algérienne
et particulièrement pour le secteur oriental.
La faune ichtyologique des fonds chalutables du secteur
oriental de la côte algérienne est caractérisée par une
dominance des espèces appartenant à la faune à affinité
chaude de la région atlanto-méditerranéennes, qui
est liée au réchauffement des eaux en Méditerranée
(Francour et al., 1994). Par contre, les espèces à
affinité froide sont faiblement représentées. A l’avenir,
quel sera l’impact de ces changements sur la diversité
spécifique ? Est ce qu’ils seront suffisamment fort pour
que les peuplements ichtyologiques soient modifiés ? En
effet, schématiquement, plus la réduction d’un habitat est
importante et plus les espèces spécifiques à cet habitat
sont menacées (Attrill et Power, 2002). On assistera à
l’avenir à une réorganisation prononcée des écosystèmes
avec des rencontres entre espèces qui n’étaient pas
auparavant en contact, qui entraînera des compétitions
pour l’utilisation des ressources disponibles entre espèces
actuellement interdépendantes (Klingler, 2007).
La classification ascendante hiérarchique (CAH) a permis
de mettre en évidence l’évolution spatio-temporelle des
