dans le bassin de l’Agha et les zones immédiates qui lui
sont contiguës, ces communautés sont globalement les
plus oligo-spécifiques avec une richesse spécifique <13
espèces et dans la majorité des cas <9 espèces.
État
de référence (EQE)
Station
normale (BQE)
Station
modérément polluée (QET)
Station
polluée (MQE)
Station
très polluée 2 (TMQE)
Station
8 très polluée 1 (TMQE)
Station azoïque (QEE)
Figure 2. Zoning du port d’ Alger à partir des indices biotiques. (BQI,
BOPA, ITI).
Cette configuration des peuplements suggère un axe de
pollution privilégié allant dans le sens décroissant à partir
du fond du bassin de l’Agha vers deux directions, l’une
vers la passe sud en passant par les fonds du bassin de
Mustapha et l’autre allant vers la passe nord en passant
par le bassin du vieux port. Dans les deux cas le gradient
de pollution décroît. Cette situation est liée à deux raisons
majeures : (i) la première est relative à la concentration de
l’essentiel des rejets portuaires dans ce compartiment du
port (fonds de darses du bassin de l’Agha).
(ii) La seconde a trait au brassage avec les eaux de la
baie moins chargées en polluants par les deux passes qui
réduit l’effet de la pollution générée par le bassin de l’Agha
sur les deux autres compartiments du port.
2. Indicateurs benthiques et ratio de la qualité
écologique commenter plus la figure 3
Les valeurs d’EQR (Ecological Quality Ratio, rapport entre
la qualité écologique mesurée en une station par rapport à
une situation de référence) calculées pour les huit indices
biotiques (scores moyens d’EQR et les mauvais scores
d’EQR) pour chacun des 21 sites étudiés sont rapportées
dans la figure 3 (Grimes et al., 2010).
Deux sous-groupes de port peuvent être distingués:
les nouveaux ports construits au milieu des années 70
(Bethioua, Djendjen et Skikda) et les vieux ports construits
pendant le 19ème siècle (Alger, Annaba, Ghazaouet et
Oran). Les ports plus anciens semblent avoir un statut
écologique plus dégradé que les ports plus récents ainsi
que les golfes, correspondant à une zone plus polluée
de la côte. Cet aspect a déjà fait l’objet de plusieurs
signalisations (Grimes et Bakalem, 1993 ; Grimes et
Boudjakdji, 1996 ; Grimes, 1998a, b ; Grimes et Arkam,
1998 ; Grimes et al., 1998a, b ; Grimes et Gueraini, 2001a,
b ; Rebzani-Zahaf, 2003; Bakalem, 2008). Ces ports
anciens ne sont pas seulement touchés par l’accumulation
de la vase dans les bassins portuaires et les fonds de
darses du fait du faible hydrodynamisme, mais également
par l’azote, le phosphore et la matière organique liés aux
activités humaines, y compris le déversement des eaux
usées domestiques et industrielles non traitées (Boudjellal
et al., 1993 ; METAP, 1994). Dans ce contexte, il y a lieu
de citer le port d’EI Kala qui est l’un des plus confinés de
la côte algérienne avec une forte accumulation de vases
chargées de matières organiques et celui de Ghazaouet
qui est exposé à la pollution métallique de l’usine Alzinc.
Les golfes semblent avoir un meilleur statut écologique
que les ports ; les golfes d’Oran et de Bou Ismail sont dans
un meilleur état écologique que les autres. En fait, le golfe
d’Oran est le seul golfe en Algérie où il n’y a pas d’apports
en matière organique et de vases véhiculées par les eaux
douces polluées des oueds. En outre, les oueds algériens
sont connus pour être l’une des principales causes de
dégradation de la côte algérienne (Bakalem et al., 2009).
De même, le golfe de Bou Ismail reste une zone peu
industrialisée à faible urbanisation mais avec une forte
fréquentation estivale.
Discussion et propositions pour le futur
Cette analyse démontre l’intérêt et la pertinence de
l’utilisation des indices biotiques pour la qualification
de l’état écologique des zones côtières. Elle démontre
également qu’en milieux portuaires, l’AMBI, le BENTIX
et H’ semblent très adaptés, contrairement au BOPA dont
l’utilisation est plus pertinente en milieux ouverts (Grimes,
2010). L’étude montre que l’indice de Shannon qui explique
la diversité spécifique d’une communauté en fonction du
nombre d’espèces récoltées et du nombre d’individus de
chaque espèce (Frontier et Pichod-Viale, 1991) ne peut
être utilisé tout seul pour qualifier le statut écologique d’un
site. Son utilisation doit être accompagnée de l’emploi
de l’un ou de quelques uns des indices traités dans cette
étude, en particulier l’AMBI, le BOPA, le BENTIX, l’ITI ou
le BQI. L’utilisation de l’ITI pour la caractérisation de la
qualité écologique du milieu est très délicate. Cet indice
basé sur la signification trophique pose le problème de la
capacité à affecter chaque espèce identifiée dans groupe
trophique, d’autant qu’il est avéré que certaines espèces
présentent un régime trophique mixte en fonction des
conditions dominantes dans le milieu. Ce type d’indice
utilisé à lui tout seul serait il en mesure de qualifier
objectivement la qualité du milieu ?
À l’avenir, nous préconisons de mettre en application un
programme côtier national visant à examiner régulièrement
la qualité de l’eau en Algérie, comme la D.C.E. l’exige
des pays européens ; nos résultats indiquent, comme
pour la D.C.E., que le macrobenthos serait un excellent
indicateur pour déterminer le statut écologique de la
qualité des eaux côtières. Pour cette approche à partir
de la macrofaune benthique quelques recommandations
35
sont contiguës, ces communautés sont globalement les
plus oligo-spécifiques avec une richesse spécifique <13
espèces et dans la majorité des cas <9 espèces.
État
de référence (EQE)
Station
normale (BQE)
Station
modérément polluée (QET)
Station
polluée (MQE)
Station
très polluée 2 (TMQE)
Station
8 très polluée 1 (TMQE)
Station azoïque (QEE)
Figure 2. Zoning du port d’ Alger à partir des indices biotiques. (BQI,
BOPA, ITI).
Cette configuration des peuplements suggère un axe de
pollution privilégié allant dans le sens décroissant à partir
du fond du bassin de l’Agha vers deux directions, l’une
vers la passe sud en passant par les fonds du bassin de
Mustapha et l’autre allant vers la passe nord en passant
par le bassin du vieux port. Dans les deux cas le gradient
de pollution décroît. Cette situation est liée à deux raisons
majeures : (i) la première est relative à la concentration de
l’essentiel des rejets portuaires dans ce compartiment du
port (fonds de darses du bassin de l’Agha).
(ii) La seconde a trait au brassage avec les eaux de la
baie moins chargées en polluants par les deux passes qui
réduit l’effet de la pollution générée par le bassin de l’Agha
sur les deux autres compartiments du port.
2. Indicateurs benthiques et ratio de la qualité
écologique commenter plus la figure 3
Les valeurs d’EQR (Ecological Quality Ratio, rapport entre
la qualité écologique mesurée en une station par rapport à
une situation de référence) calculées pour les huit indices
biotiques (scores moyens d’EQR et les mauvais scores
d’EQR) pour chacun des 21 sites étudiés sont rapportées
dans la figure 3 (Grimes et al., 2010).
Deux sous-groupes de port peuvent être distingués:
les nouveaux ports construits au milieu des années 70
(Bethioua, Djendjen et Skikda) et les vieux ports construits
pendant le 19ème siècle (Alger, Annaba, Ghazaouet et
Oran). Les ports plus anciens semblent avoir un statut
écologique plus dégradé que les ports plus récents ainsi
que les golfes, correspondant à une zone plus polluée
de la côte. Cet aspect a déjà fait l’objet de plusieurs
signalisations (Grimes et Bakalem, 1993 ; Grimes et
Boudjakdji, 1996 ; Grimes, 1998a, b ; Grimes et Arkam,
1998 ; Grimes et al., 1998a, b ; Grimes et Gueraini, 2001a,
b ; Rebzani-Zahaf, 2003; Bakalem, 2008). Ces ports
anciens ne sont pas seulement touchés par l’accumulation
de la vase dans les bassins portuaires et les fonds de
darses du fait du faible hydrodynamisme, mais également
par l’azote, le phosphore et la matière organique liés aux
activités humaines, y compris le déversement des eaux
usées domestiques et industrielles non traitées (Boudjellal
et al., 1993 ; METAP, 1994). Dans ce contexte, il y a lieu
de citer le port d’EI Kala qui est l’un des plus confinés de
la côte algérienne avec une forte accumulation de vases
chargées de matières organiques et celui de Ghazaouet
qui est exposé à la pollution métallique de l’usine Alzinc.
Les golfes semblent avoir un meilleur statut écologique
que les ports ; les golfes d’Oran et de Bou Ismail sont dans
un meilleur état écologique que les autres. En fait, le golfe
d’Oran est le seul golfe en Algérie où il n’y a pas d’apports
en matière organique et de vases véhiculées par les eaux
douces polluées des oueds. En outre, les oueds algériens
sont connus pour être l’une des principales causes de
dégradation de la côte algérienne (Bakalem et al., 2009).
De même, le golfe de Bou Ismail reste une zone peu
industrialisée à faible urbanisation mais avec une forte
fréquentation estivale.
Discussion et propositions pour le futur
Cette analyse démontre l’intérêt et la pertinence de
l’utilisation des indices biotiques pour la qualification
de l’état écologique des zones côtières. Elle démontre
également qu’en milieux portuaires, l’AMBI, le BENTIX
et H’ semblent très adaptés, contrairement au BOPA dont
l’utilisation est plus pertinente en milieux ouverts (Grimes,
2010). L’étude montre que l’indice de Shannon qui explique
la diversité spécifique d’une communauté en fonction du
nombre d’espèces récoltées et du nombre d’individus de
chaque espèce (Frontier et Pichod-Viale, 1991) ne peut
être utilisé tout seul pour qualifier le statut écologique d’un
site. Son utilisation doit être accompagnée de l’emploi
de l’un ou de quelques uns des indices traités dans cette
étude, en particulier l’AMBI, le BOPA, le BENTIX, l’ITI ou
le BQI. L’utilisation de l’ITI pour la caractérisation de la
qualité écologique du milieu est très délicate. Cet indice
basé sur la signification trophique pose le problème de la
capacité à affecter chaque espèce identifiée dans groupe
trophique, d’autant qu’il est avéré que certaines espèces
présentent un régime trophique mixte en fonction des
conditions dominantes dans le milieu. Ce type d’indice
utilisé à lui tout seul serait il en mesure de qualifier
objectivement la qualité du milieu ?
À l’avenir, nous préconisons de mettre en application un
programme côtier national visant à examiner régulièrement
la qualité de l’eau en Algérie, comme la D.C.E. l’exige
des pays européens ; nos résultats indiquent, comme
pour la D.C.E., que le macrobenthos serait un excellent
indicateur pour déterminer le statut écologique de la
qualité des eaux côtières. Pour cette approche à partir
de la macrofaune benthique quelques recommandations
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