LES ESPÈCES
MACROZOOBENTHIQUES
COMME INDICATEURS DE
L'ÉTAT ÉCOLOGIQUE DE LA
ZONE CÔTIÈRE :
ILLUSTRATION DU PORT
D'ALGER
Résumé
Les indices biotiques ont favorisé l’identification des
espèces résistantes et celles tolérantes à la perturbation
anthropique (Dauvin et al., 2010). Ces auteurs encouragent
à l’avenir l’utilisation des méthodes pragmatiques et
simples qui sont pour la plupart du temps responsables
d’évaluer la qualité benthique dans de nombreuses
études d’impact. Ces auteurs suggèrent, que classer
l’EcoQS d’une communauté benthique n’a pas pour
finalité d’identifier la biodiversité de cette communauté,
ni de fournir des éléments sur le fonctionnement de
l’écosystème benthique. Par contre, le meilleur jugement
professionnel et la suffisance taxonomique devraient être
encouragés dans de telles approches diagnostiques.
L’évaluation de la qualité écologique des fonds meubles du
port d’Alger montre que l’utilisation des indices biotiques
ne donne pas systématiquement la même qualification
écologique. Certains indices comme l’AMBI, le BENTIX,
H’ semblent être très adaptés aux fonds portuaires
alors que les autres indices, notamment le BOPA et J’ITI
montrent des limites d’utilisation dans ce type de milieux.
Les groupements (associations d’espèces) benthiques
sont reconnus comme un bon descripteur des conditions
écologiques marines.
Ces groupements permettent, ainsi, de qualifier le milieu.
Cela est directement lié au rôle important et essentiel que
jouent les peuplements benthiques dans l’écosystème
côtier en général. Ce rôle s’explique dans une large mesure
par les contacts étroits qui existent entre la macrofaune
benthique et le substrat, lieu d’accumulation de la matière
organique mais aussi des différentes contaminations
chimiques. L’étude montre également la nécessité de
mettre en oeuvre plan de formation en spécialistes et de
la taxonomie marine en perspective du plan de monitoring
des peuplements benthiques des substrats meubles de la
côte algérienne
Mots clés : Indices biotiques, pollution, ports, Algérie,
fonds meubles Etat écologique
Introduction
Diverses méthodes permettent d’évaluer la « santé »
du milieu marin ; les plus utilisées sont les analyses
physico-chimiques et bactériologiques. L’utilisation des
bio-indicateurs comme outil de cette évaluation est de
plus en plus fréquente et de nombreuses organisations
internationales dont la CDB1 le CIEM2, HELCOM3 et
l’OSPAR4 encouragent ce type d’approche.
1 Convention de la Diversité Biologique
2 Conseil International pour l’Exploration de la Mer
3 Helsinki Commission (La Commission Baltique de la Protection de
l’Environnement Marin) « Baltic Marine Environment Protection Commission »
4 Commissions d’Oslo et de Paris « Oslo and Paris Commissions »
5 AZTI Indice Biotique Marin (AMBI) “AZTI Marine Biotic Index”, l’indice
BENTIX, les indices BOPA et BO2A, l’indice Trophique de la faune (ITI,
Infaunal Trophic Index), l’indice de Qualité Benthique (IQB) ou Benthic Quality
Index (BQI), l’indice ES50, l’indice d’ évaluation de l’ endofaune côtière I2EC, les
indices de Diversité et distinction taxonomique
Elles incitent à développer de nouveaux instruments
afin d’évaluer les impacts anthropiques sur les habitats
marins. L’utilisation de la macrofaune benthique en tant
qu’indicateur (descripteur) de l’état de l’environnement
marin s’est renforcée ces dernières années dans diverses
régions du monde aussi bien en milieu marin côtier,
estuarien que lacustre et lagunaire.
L’intérêt pour l’utilisation des indices s’est accentué
depuis les années 2000 notamment en Europe à la
suite de l’implémentation de la Directive Cadre sur l’Eau
DCE (Borja et al., 2000). Divers indices biotiques pour la
caractérisation de la qualité du milieu ont été proposés5 :
Borja et al. (2000, 2003, 2004), Borja et Dauer (2008),
Simboura etZenetos(2002), Dauvin et a/. (2007), Simboura
et al. (2005), Simboura et Argyrou (2006), Zenetos et
al. (2004), Diaz et al. (2004), Occhipinti-Ambrogi et al.
(2005), Quintino et al. (2006), Dauvin (2007). L’utilisation
des indices biotiques est d’ailleurs considérée aujourd’hui
comme partie intégrante du support à la prise de décision
dans le cadre de la gestion intégrée de la zone côtière.
Selon Quintino et al. (2006), il reste à ces indices biotiques
d’être validés par rapport à d’autres « stresseurs » comme
la perturbation physique et la pollution chimique. Ces
auteurs, pour conforter leurs propos, font le parallèle entre
deux genres de polychètes opportunistes des milieux
enrichis en matière organique Capitella et Malacoceros
alors que la prolifération de deux autres genres de
polychètes Chaetozone et Polydora serait plutôt associée
à une perturbation physique.
Magni et al. (2005) considèrent l’utilisation des indicateurs
écologiques (biologiques) comme un appoint important
aux
qualifications
chimiques,
biogéochimiques,
toxicologiques, physiques et hydrologiques. Parmi les
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MACROZOOBENTHIQUES
COMME INDICATEURS DE
L'ÉTAT ÉCOLOGIQUE DE LA
ZONE CÔTIÈRE :
ILLUSTRATION DU PORT
D'ALGER
Résumé
Les indices biotiques ont favorisé l’identification des
espèces résistantes et celles tolérantes à la perturbation
anthropique (Dauvin et al., 2010). Ces auteurs encouragent
à l’avenir l’utilisation des méthodes pragmatiques et
simples qui sont pour la plupart du temps responsables
d’évaluer la qualité benthique dans de nombreuses
études d’impact. Ces auteurs suggèrent, que classer
l’EcoQS d’une communauté benthique n’a pas pour
finalité d’identifier la biodiversité de cette communauté,
ni de fournir des éléments sur le fonctionnement de
l’écosystème benthique. Par contre, le meilleur jugement
professionnel et la suffisance taxonomique devraient être
encouragés dans de telles approches diagnostiques.
L’évaluation de la qualité écologique des fonds meubles du
port d’Alger montre que l’utilisation des indices biotiques
ne donne pas systématiquement la même qualification
écologique. Certains indices comme l’AMBI, le BENTIX,
H’ semblent être très adaptés aux fonds portuaires
alors que les autres indices, notamment le BOPA et J’ITI
montrent des limites d’utilisation dans ce type de milieux.
Les groupements (associations d’espèces) benthiques
sont reconnus comme un bon descripteur des conditions
écologiques marines.
Ces groupements permettent, ainsi, de qualifier le milieu.
Cela est directement lié au rôle important et essentiel que
jouent les peuplements benthiques dans l’écosystème
côtier en général. Ce rôle s’explique dans une large mesure
par les contacts étroits qui existent entre la macrofaune
benthique et le substrat, lieu d’accumulation de la matière
organique mais aussi des différentes contaminations
chimiques. L’étude montre également la nécessité de
mettre en oeuvre plan de formation en spécialistes et de
la taxonomie marine en perspective du plan de monitoring
des peuplements benthiques des substrats meubles de la
côte algérienne
Mots clés : Indices biotiques, pollution, ports, Algérie,
fonds meubles Etat écologique
Introduction
Diverses méthodes permettent d’évaluer la « santé »
du milieu marin ; les plus utilisées sont les analyses
physico-chimiques et bactériologiques. L’utilisation des
bio-indicateurs comme outil de cette évaluation est de
plus en plus fréquente et de nombreuses organisations
internationales dont la CDB1 le CIEM2, HELCOM3 et
l’OSPAR4 encouragent ce type d’approche.
1 Convention de la Diversité Biologique
2 Conseil International pour l’Exploration de la Mer
3 Helsinki Commission (La Commission Baltique de la Protection de
l’Environnement Marin) « Baltic Marine Environment Protection Commission »
4 Commissions d’Oslo et de Paris « Oslo and Paris Commissions »
5 AZTI Indice Biotique Marin (AMBI) “AZTI Marine Biotic Index”, l’indice
BENTIX, les indices BOPA et BO2A, l’indice Trophique de la faune (ITI,
Infaunal Trophic Index), l’indice de Qualité Benthique (IQB) ou Benthic Quality
Index (BQI), l’indice ES50, l’indice d’ évaluation de l’ endofaune côtière I2EC, les
indices de Diversité et distinction taxonomique
Elles incitent à développer de nouveaux instruments
afin d’évaluer les impacts anthropiques sur les habitats
marins. L’utilisation de la macrofaune benthique en tant
qu’indicateur (descripteur) de l’état de l’environnement
marin s’est renforcée ces dernières années dans diverses
régions du monde aussi bien en milieu marin côtier,
estuarien que lacustre et lagunaire.
L’intérêt pour l’utilisation des indices s’est accentué
depuis les années 2000 notamment en Europe à la
suite de l’implémentation de la Directive Cadre sur l’Eau
DCE (Borja et al., 2000). Divers indices biotiques pour la
caractérisation de la qualité du milieu ont été proposés5 :
Borja et al. (2000, 2003, 2004), Borja et Dauer (2008),
Simboura etZenetos(2002), Dauvin et a/. (2007), Simboura
et al. (2005), Simboura et Argyrou (2006), Zenetos et
al. (2004), Diaz et al. (2004), Occhipinti-Ambrogi et al.
(2005), Quintino et al. (2006), Dauvin (2007). L’utilisation
des indices biotiques est d’ailleurs considérée aujourd’hui
comme partie intégrante du support à la prise de décision
dans le cadre de la gestion intégrée de la zone côtière.
Selon Quintino et al. (2006), il reste à ces indices biotiques
d’être validés par rapport à d’autres « stresseurs » comme
la perturbation physique et la pollution chimique. Ces
auteurs, pour conforter leurs propos, font le parallèle entre
deux genres de polychètes opportunistes des milieux
enrichis en matière organique Capitella et Malacoceros
alors que la prolifération de deux autres genres de
polychètes Chaetozone et Polydora serait plutôt associée
à une perturbation physique.
Magni et al. (2005) considèrent l’utilisation des indicateurs
écologiques (biologiques) comme un appoint important
aux
qualifications
chimiques,
biogéochimiques,
toxicologiques, physiques et hydrologiques. Parmi les
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