Introduction
OBSERVATION ÉCOLOGIQUE
SUR L'ABONDANCE
ET LA DISTRIBUTION
DES HOLOTHURIES
ASPIDOCHIROTES
(ECHINODERMATA:
HOLOTHUROIDEA) AU SEIN
DE L'HERBIER À POSIDONIA
OCEANICA DE LA PRESQU'ÎLE
DE SIDI-FREDJ (ALGÉRIE)
Mezali K.
Faculté des Sciences Exactes et Sciences de la Nature
et de la Vie
BP. 300, Département des ressources halieutique,
Université Abdelhamid Ibn Badis de Mostaganem,
Algérie, mezalikarim@yahoo.fr
Résumé
Cette étude s’intéresse à cinq espèces d’holothuries
aspidochirotes : Holothuria (Holothuria) tubulosa (Gmelin,
1790) ; Holothuria (Lessonothuria) polii (Delle Chiaje,
1823) ; Holothuria (Holothuria) stellati (Delle Chiaje,
1823); Holothuria (Panningothuria) forskali (Delle Chiaje,
1823) et Holothuria (Platyperona) sanctori (Delle Chiaje,
1823), retrouvées dans une zone peu profonde de
l’herbier à Posidonia oceanica de la presqu’île de SidiFredj. Le recensement effectué a montré une très nette
dominance de Holothuria (H.) tubulosa et Holothuria (L.)
polii. La dispersion des espèces est aléatoire à légèrement
agrégative. Celle-ci est régie par le mode d’alimentation
«deposit-feeding» et par les facteurs écologiques
prépondérants, notamment la disponibilité de la nourriture,
l’hydrodynamisme, la luminosité et la prédation. La microrépartition est nettement différente d’une espèce à l’autre,
reflétant une préférence de Holothuria (H.) tubulosa pour
l’herbier sur matte et les mélanges de blocs. Par contre
Holothuria (L.) polii et Holothuria (H.) stellati préfèrent les
inter-mattes. Quant à Holothuria (P) forskali et Holothuria
(P.) sanctori; elles se dissimulent au niveau des tombants
de mattes.
Mots clefs : Holothuries aspidochirotes, Herbier de
Posidonies, densité, dispersion, micro-répartition, Sidi
Fredj.
Les holothuries aspidochirotes appelés communément
«concombres de mer» représentent la composante
majeure du compartiment benthique de l’écosystème à
Posidonia oceanica de la mer Méditerranée (Cherbonier,
1958; Harmelin et al., 1980; Francour, 1984; Coulon
et Jangoux, 1993). Elles jouent un rôle important dans
le recyclage de la matière organique par ingestion de
sédiment et/ ou de débris végétaux (Massin, 1982a;
1982b ; Zupo et Fresi, 1984; Mezali et al., 2003). Le
biotope particulier et le comportement sciaphile de ces
espèces font qu’elles sont particulièrement difficiles à
échantillonner, limitant ainsi les possibilités d’étude de leur
distribution et répartition. Peu d’études sur la dynamique
de leur population leur ont été consacrées (Massin et
Jangoux, 1976; Azzolina et Harmelin, 1989; Francour
1989b; 1990; Bulteel et al., 1992; Semroud, 1993; Mezali,
1998; Mezali et al., 2006). La littérature,comporte des
estimations ponctuelles de densité (Massin et Jangoux,
1976; Gustato et Villari, 1979a; Harmelin et al., 1980;
1981; Azzolina et Harmelin, 1989). Cependant, nous ne
savons que peu de choses sur les facteurs qui régissent
leur distribution (Wada, 1992).
La station choisie (Fig. 1) couvre une superficie d’environ
500m2. Son substrat est de consistance meuble et est
composé de mélanges de blocs de différentes dimensions.
Ce fond est occupé par un herbier de Posidonies
relativement homogène, d’un support d’algues photophiles
et d’une pelouse à Cymodocea nodosa (Mezali, 1998). Le
compartiment échinodermes de l’herbier de Posidonies
de la presqu’ile de Sidi Fredj est dominé par cinq
espèces d’holothuries aspidochirotes [H. (Holothuria)
tubulosa; H. (Roweothuria) polii ; H. (Holothuria) stellati ;
H. (Panningothuria) forskali et H. (Platyperona) sanctori
représenté par 2 morphotypes A & B] (Fig. 2).
Des dénombrements sont réalisés de jour, par plongée en
scaphandre autonome à une profondeur comprise entre
-0.5 et -5 m durant l’année 1996 (Mezali, 2004b). Le choix
de cette méthode non destructive se justifie par le fait que
les holothuries possèdent potentiellement la possibilité
d’effectuer des déplacements à grande échelle dans une
direction donnée en réponse à des stimuli (modification
de ressources trophiques par exemple) (Francour, 1989a ;
1990) et pour ne pas perturber les peuplements en place.
Parallèlement aux dénombrements, la densité de l’herbier
de Posidonies a été déterminée par comptage in-situ
(Mezali, 1998).
Des observations sur le comportement et l’emplacement
des différentes espèces ont été effectuées dans l’eau. Afin
de situer chaque espèce d’holothuries dans l’écosystème à
Posidonia oceanica, nous avons stratifié l’échantillonnage
en quatre biotopes : herbier sur matte, tombant de matte,
inter-matte et mélange de blocs (Fig. 3). La méthode de
quadrat est utilisée pour évaluer la densité de chaque
espèce d’holothurie (Azzolina et Harmelin, 1989). Vingt
(20) quadrats sont jetés aléatoirement dans chaque
biotope de l’herbier de Posidonies (Fig. 3).
Les holothuries présentes dans chaque quadrat sont
comptées. Les fissures des blocs et les interstices
des rhizomes de Posidonies sont soigneusement
examinés, les blocs sont renversés pour s’assurer de
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