Une nécessité absolue de conservation, une forte
volonté d’action :
Invasions
biologiques,
fréquentation
anarchique,
surexploitation des ressources sont les problématiques
les plus prégnantes sur les îles et îlots de Méditerranée
que l’on retrouve aussi sur l’archipel des Habibas. Pour y
faire face, le Ministère de l’Aménagement du Territoire et
de l’Environnement, par le biais du Commissariat National
du Littoral est en train de mettre en place une gestion
intégrée et concrète des espaces marins et terrestres de
l’archipel. Eco-gardes sur le site, création de structures
d’accueil écologiques, matériel de surveillance et de veille
de la biodiversité, rédaction d’un plan de gestion...telles
sont les piliers pour la préservation de ce territoire.
Le CNL s’appuie aussi sur l’expérience de l’initiative pour
les Petites îles de Méditerranée, programme international
coordonné par le Conservatoire du littoral, afin de former
ses eco-gardes aux dernières techniques de gestion et pour
faire appel à des experts et gestionnaires méditerranéens
qui ont déjà été confrontés aux spécificités insulaires.
Afin de pouvoir mieux mesurer l’impact des changements
globaux sur la biodiversité du littoral Algérien, le MATE
et le CNL ont décidé de s’associer à une démarche
Méditerranéenne en intégrant l’archipel dans le réseau des
îles sentinelles. Ceci permettra de suivre régulièrement
révolution de ces perturbations dangereuses pour la
biodiversité d’exception abritée par l’archipel et des
ressources naturelles qu’il prodigue. Le suivi ne sera pas
passif, des mesures sont d’ores et déjà envisagées pour
réduire ces impacts : campagne d’éradication des rats
noirs à terre et zonage et réglementation des eaux qui
baignent l’archipel en vue principalement de réduire la
pression de la pêche.
L’amélioration des connaissances sur le terrain, une
surveillance écologique permanente, des actions
d’ingénierie écologique, la mise en œuvre d’une politique
de sensibilisation des visiteurs sur le site par des ecogardes aussi présents pour veiller au respect de la
réglementation, l’intégration de l’archipel dans un vaste
réseau international, voici la stratégie mise en place pour
la sauvegarde de la biodiversité dont l’Algérie assume la
responsabilité sur les îles Habibas. Sûrement une stratégie
gagnante lancée pour cette année de la biodiversité!
Intérêt patrimonial des Habibas :
Milieu Marin :
Les premiers inventaires révèlent la présence d’une
richesse biologique importante : les eaux des îles Habibas
abritent au moins 745 espèces.
Biodiversité végétale
Végétation marine menacée
Rhodophytes (Algues rouges) : Lithophyllum lichenoides,
cette espèce rare, bio-indicatrice d’eaux pures est
localement rencontrée dans les îles Habibas, elle est
considérée menacée (PNUE/IUCN ; Annexe II du Protocole
concernant les Aires Spécialement Protégée et la Diversité
Biologique en Méditerranée / Espèces menacées), une
autre rhodophyte, très rare en Algérie (signalée à Tipaza)
est également rencontrée, il s’agit d'Hypnea cervicornis
(espèce protégée PNUE/UICN ; Annexe II du Protocole
ASP/DB), espèce des eaux tempérées et chaudes
apparue récemment en Méditerranée. Cette espèce
également bio-indicatrice d’eaux pures est rencontrée soit
à l’état d’épiphyte des Cystoseires soit dans les cuvettes
du médiolittoral.
Fucophyceae (Algues brunes) : Cystoseira stricta est
bien représentée, on la rencontre dans l’étage infralittoral.
Cette espèce bio-indicatrice d’eaux pures endémique
de la Méditerranée est rare, elle est considérée comme
vulnérable et menacée (Annexe II du Protocole ASP/DB).
Paysages marins menacés.
La présence sur les fonds des îles Habibas de bourrelets
à Corallina elongata et de la forêt à Dictyopteris
membranacea renforce les dispositions biologiques et
écologiques de ce site. Il s’agit en fait de paysages sous
marins d’une grande importance. Les premiers sont le
résultat d’une dynamique séculaire alors que la forêt à
Dictyopteris membranacea est vulnérable vis à vis de la
pollution. Ce sont par ailleurs des paysages très localisés
géographiquement et leur rareté justifie en partie leur
importance. Ces deux espèces sont protégées (Annexe II
du Protocole ASP/DB).
Biodiversité animale
Invertébrés
Le madréporaire colonial Astroides calycularis indicateur
bio-géographique de la Méditerranée méridionale, il
constitue le faciès dominant des fonds durs de 0 à 25 m
de profondeur, cette espèce est considérée en danger.
On remarquera également l’abondance du triton Charonia
nodifera, et de l’étoile de mer Ophidiaster ophidianus, la
présence de la gorgone rouge Paramucea clavata, de
la grande nacre Pinna nobilis, de la petite nacre Pinna
pernula. L’oursin diadème Centrostephanus longispinus
est plus rare. L’ensemble des espèces citées sont
classées dans l’Annexe II du Protocole ASP/DB. Le fait
le plus singulier est l’importante population de Patelle
ferruginea (patelle géante) qui s’est considérablement
raréfiée voire disparue de nombreux sites (éteinte à la
Galite - Tunisie). Cette espèce figure également dans
l’Annexe II du Protocole ASP/DB et inscrite dans l’annexe
IV de la directive « Habitat » de l’Union Européenne. Les
populations d’araignées Maia squinado et de langoustes
Palinurus elephas sont importantes, ces deux espèces
figurent dans l’Annexe III du Protocole ASP/DB / Espèces
dont l’exploitation doit être contrôlée. L’oursin comestible
Paracentrotus lividus figurant dans cette même annexe
est rencontré en abondance à faible profondeur.
Vertébrés
Trois espèces figurant dans l’Annexe III du Protocole ASP/
DB - sont présentes et abondantes : il s’agit du mérou noir
Epinephelus marginatus dont la pêche et la chasse sont
interdits dans plusieurs pays méditerranéens, du corb
Sciaena umbra et de l’ombrine Umbrina cirrosa et du thon
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