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monde antique, le singe était vénéré par les Indiens qui le représentaient en sculpture ; il y a
donc tout lieu de supposer que, dès l’âge du
bronze, des peuples d’Asie occidentale avaient
emprunté certains rites religieux à l’Inde.
D’ailleurs cette statuette pouvait avoir appartenu à un marchand protoindien établi en Mésopotamie, car, toujours selon Dikshit, les marchands des pays de l’ouest acceptaient probablement sans hésiter un contrat conclu sous les auspices de déités représentées sous forme d’un « protohanuman » ou d’autres animaux dont l’image
est gravée sur les sceaux trouvés dans les villes
de Mésopotamie.
Dans les ruines d’une ville sumérienne, on a
trouvé un vase décoré. Le style en est purement
sumérien, mais le thème du dessin est d’origine
indienne. Il représente en effet un zébu, animal
de l’Inde, debout devant une auge sacrée, un des
thèmes préférés des sceaux protoindiens. Suivant
Gordon Child, archéologue éminent du monde antique, il est donc claire que l’artisan sumérien
a été évidemment témoin de la célébration d’une
cérémonie de culte indien en Mésopotamie. Il n’y
a là rien d’étonnant, car des caravanes ou des flottilles entières de marchands indiens y venaient
commercer ; les marchands ont peut-être été obligés, au moins lors des grandes foires, de séjourner chez les Sumériens pendant des mois afin de
liquider leurs marchandises et de s’approvisionner
en nouvelles denrées pour le retour. Si nous admettons l’existence d’une colonie de marchands
indiens résidant en permanence dans une ville
sumérienne propre à cet effet, cela correspondrait
pleinement à ce qui est pratiqué de nos jours et à
ce que nous savons du commerce en Orient au cours
du IIe millénaire avant notre ère.
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