125
le célèbre savant anglais Alfred Wallace, un
des compagnons de Darwin, qui établit le premier la frontière entre la Sonde et le Sahoul.
Wallace n’était ni océanographe ni géologue, et
pourtant les spécialistes de ces deux sciences
durent se rendre à la justesse de ses raisons. En
reportant sur les cartes les aires d’expansion
des animaux appartenant à la faune typique de
l’Asie du Sud-Est, Wallace remarqua que la
limite orientale passe le long des îles Bali et
Lombok, puis traverse le détroit de Macassar
entre Bornéo et Célèbes et enfin contourne les
Philippines par l’ouest et le nord-ouest. Au-delà
de cette ligne, nommée à juste titre la ligne
Wallace, on ne rencontre plus d’animaux asiatiques, car les eaux leur barrent la route. C’est
cette ligne Wallace qui correspond à la frontière
entre la Sonde et le Sahoul.
L’obstacle des eaux était insurmontable pour
les animaux terrestres. En était-il de même
pour l’homme? De la réponse à cette question
dépend également la solution d’un autre problème, objet de discussions depuis plus d’un
siècle et demi, celui du peuplement du continent
australien. Quand les Européens découvrirent
le cinquième continent, les aborigènes de l’Australie ne possédaient aucune tradition maritime
et il en était de même, selon toute vraisemblance,
de toutes les générations qui les avaient précédés. De quelle façon avaient-ils pu se retrouver
dans une Australie sans lien avec le reste du
monde? Doit-on croire qu’ils y vivaient depuis
le début des temps, depuis l’apparition de
l'homo sapiens?
I. Simonov, membre de la grande expédition
russe dans l’Antarctique des années 1819-1821,
supposa que les aborigènes de l’Australie étaient
le célèbre savant anglais Alfred Wallace, un
des compagnons de Darwin, qui établit le premier la frontière entre la Sonde et le Sahoul.
Wallace n’était ni océanographe ni géologue, et
pourtant les spécialistes de ces deux sciences
durent se rendre à la justesse de ses raisons. En
reportant sur les cartes les aires d’expansion
des animaux appartenant à la faune typique de
l’Asie du Sud-Est, Wallace remarqua que la
limite orientale passe le long des îles Bali et
Lombok, puis traverse le détroit de Macassar
entre Bornéo et Célèbes et enfin contourne les
Philippines par l’ouest et le nord-ouest. Au-delà
de cette ligne, nommée à juste titre la ligne
Wallace, on ne rencontre plus d’animaux asiatiques, car les eaux leur barrent la route. C’est
cette ligne Wallace qui correspond à la frontière
entre la Sonde et le Sahoul.
L’obstacle des eaux était insurmontable pour
les animaux terrestres. En était-il de même
pour l’homme? De la réponse à cette question
dépend également la solution d’un autre problème, objet de discussions depuis plus d’un
siècle et demi, celui du peuplement du continent
australien. Quand les Européens découvrirent
le cinquième continent, les aborigènes de l’Australie ne possédaient aucune tradition maritime
et il en était de même, selon toute vraisemblance,
de toutes les générations qui les avaient précédés. De quelle façon avaient-ils pu se retrouver
dans une Australie sans lien avec le reste du
monde? Doit-on croire qu’ils y vivaient depuis
le début des temps, depuis l’apparition de
l'homo sapiens?
I. Simonov, membre de la grande expédition
russe dans l’Antarctique des années 1819-1821,
supposa que les aborigènes de l’Australie étaient
