sud de la Corse. Vous irez un jour vous recueillir
dans les deux cimetières que le sable ensevelit petit
à petit...
Actuellement les petites îles ne sont plus habitées.
Mais, par exemple, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, l'île de Trielen, située au sud-est de l'île de
Molène était occupée toute l'année. Ses habitants
profitaient des deux grandes marées d'été pour aller
se ravitailler à pied à Molène, du moins lorsque le
temps le permettait. C'était aussi l'occasion d'entrer
dans cette église qu'ils voyaient toute l'année depuis
leur maison. Depuis 1979,l'Amicale molénaise tente
de perpétuer le souvenir de cette marche en organisant en été, par coefficient de marée supérieur à
107, une semblable randonnée, si le temps est très
beau : 3,3 kilomètres de marche dans les algues et les
cailloux, en s'aidant d'un bâton, point de repère
pour le groupe. Le dernier passage se fait parfois
avec de l'eau à la ceinture.
C'est Odette de Puigaudeau qui raconte dans
son livre Grandeur des îles ces habitants farouches,
démunis et isolés qui résidaient toute l'année ou
qui venaient en été seulement occuper des cabanes
rudimentaires sur les îlots, dormant sur des paillasses
d'algues séchées et dont l'activité était d'arracher le
goémon pour le sécher et le brûler afin d'en récolter la soude. On les appelait les "pigouilles". Ils ont
déserté ces vies trop dures. Les oiseaux, les végétaux
et le minéral ont investi l'espace délaissé.
Sur les îles habitées comme Sein, Molène et Ouessant, on longe les champs délimités par des murs de
pierres sèches où moutons et chevaux paissent une
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